Près de 1 500 personnes pourraient se retrouver mardi à Semur-en-Auxois pour rendre un dernier hommage à François Patriat. Aux côtés de sa famille, de ses proches et de nombreux anonymes, plusieurs des plus hauts responsables politiques français sont attendus. Une affluence à la hauteur du parcours de l’ancien sénateur de Côte-d’Or, mais qui rappelle aussi une réalité moins souvent évoquée : dans le monde politique, certaines cérémonies deviennent également des rendez-vous où il faut être vu.
Les obsèques de François Patriat s’annoncent comme l’un de ces moments où l’intime rencontre inévitablement le politique. Décédé le 19 août 2026 à l’âge de 83 ans, des suites d’un grave accident de vélo, l’ancien président du groupe RDPI au Sénat sera inhumé après une cérémonie célébrée mardi 25 août à 10 heures, à la collégiale Notre-Dame de Semur-en-Auxois.
Près de 1 500 personnes sont attendues, selon les estimations entourant l’organisation de la cérémonie. Et au regard du parcours politique de François Patriat, de ses décennies de vie publique et des liens qu’il avait noués jusqu’au sommet de l’État, les personnalités devraient être particulièrement nombreuses.
Le président de la République Emmanuel Macron, dont François Patriat fut l’un des premiers et des plus fidèles soutiens politiques, est annoncé parmi les participants.
Devraient également se retrouver à Semur-en-Auxois plusieurs figures majeures des institutions françaises et de la vie politique locale : Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, et Gérard Larcher, président du Sénat. Tous deux occupent toujours ces fonctions en août 2026.
La Bourgogne-Franche-Comté sera naturellement très largement représentée.
François Rebsamen, président de Dijon Métropole, devrait être présent, tout comme la maire de Dijon Nathalie Koenders. François Rebsamen a été réélu à la présidence de la métropole en avril 2026, tandis que Nathalie Koenders dirige actuellement la municipalité dijonnaise.
Le président du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, Jérôme Durain, devrait lui aussi faire le déplacement. Il préside la Région depuis septembre 2025.
Autre présence attendue, celle de François Sauvadet, président du Conseil départemental de la Côte-d’Or, territoire auquel François Patriat est resté profondément attaché durant l’ensemble de sa carrière.
Mais derrière les personnalités, une foule d’anonymes
Pourtant, réduire ces obsèques à la longue liste des élus et responsables politiques présents serait passer à côté de l’essentiel. Car derrière les barrières de sécurité, les voitures officielles et les représentants des institutions, il y aura d’abord une famille.
Celle de François Patriat.
Il y aura ses proches, ses amis, ceux qui l’ont accompagné pendant des décennies. Il y aura aussi des habitants de Semur-en-Auxois, de Dijon et de toute la Côte-d’Or.
Et puis il y aura tous les autres. Des femmes et des hommes sans mandat, sans fonction officielle et sans carton d’invitation prestigieux. Des personnes qui, un jour, ont croisé François Patriat dans une commune, sur un marché, lors d’une réunion, d’un déplacement ou simplement dans la vie quotidienne. Certaines ne l’auront rencontré que quelques fois. D’autres auront noué avec lui une véritable amitié.
Toutes auront leur raison d’être là. Et probablement leur propre François Patriat à venir saluer une dernière fois.
Et puis, il y aura ceux « qui doivent être là »
Il existe néanmoins une autre réalité, plus délicate à évoquer, mais qu’il serait naïf d’ignorer. Certaines cérémonies prennent une telle dimension qu’elles dépassent l’hommage rendu à la personne disparue et deviennent, presque malgré elles, de véritables rendez-vous politiques.
Et mardi, compte tenu du nombre et du rang des personnalités annoncées, être présent comptera aussi politiquement.
Il serait injuste et impossible d’attribuer des intentions particulières à tel ou tel participant. Personne ne peut mesurer la sincérité d’un hommage à partir d’une photographie, d’une poignée de main ou de quelques minutes passées dans une église.
Mais le monde politique possède ses codes.
Lorsqu’un président de la République, les présidents des deux chambres du Parlement, des responsables régionaux, départementaux et métropolitains ainsi qu’une multitude de parlementaires et d’élus se retrouvent au même endroit, l’absence comme la présence peuvent être remarquées.
Alors oui, parmi celles et ceux qui feront le déplacement, certains connaissaient intimement François Patriat.
D’autres l’appréciaient.
D’autres encore étaient des compagnons de route, des adversaires respectueux ou de simples connaissances.
Et il y aura probablement aussi quelques femmes et hommes politiques dont les relations avec lui étaient beaucoup plus lointaines. Ce n’est d’ailleurs pas propre aux obsèques de François Patriat. C’est une vieille mécanique de la vie publique : il existe des moments où, politiquement, il faut être là.
Parce que tout le monde sera là.
Parce que les photographes seront là.
Parce que les responsables nationaux seront là.
Parce qu’une absence pourrait être commentée et qu’une présence, elle, permettra au minimum de pouvoir dire : « J’y étais. »
Être vu pour rappeler que l’on existe
La formule peut sembler dure dans le contexte d’un deuil. Elle décrit pourtant une part très humaine — et parfois très politique — de ces grands rassemblements. Dans un univers où l’image, les réseaux et les rapports de pouvoir jouent un rôle permanent, être vu reste une manière d’exister.
On échange quelques mots. On salue un ministre. On retrouve un parlementaire. On serre une main. On apparaît quelques secondes derrière une personnalité nationale.
Et parfois, consciemment ou non, la politique reprend ses droits jusque dans les moments où elle devrait normalement s’effacer.
Cela ne signifie pas que l’émotion sera fausse.
Cela ne signifie pas davantage que ceux qui connaissaient moins François Patriat n’auraient aucune légitimité à lui rendre hommage. Un responsable politique ayant marqué plusieurs générations peut naturellement être salué bien au-delà de son cercle intime. Mais il serait tout aussi artificiel de prétendre que les arrière-pensées, les stratégies et les réflexes du monde politique disparaîtront totalement mardi matin.
Une seule personne au centre de la cérémonie
Pourtant, une fois les portes de la collégiale refermées, les titres devraient perdre momentanément de leur importance. Président de la République, présidente de l’Assemblée nationale, président du Sénat, présidents de collectivités, maires, parlementaires, anciens ministres ou simples citoyens seront réunis pour la même raison officielle : saluer un homme disparu.
François Patriat aura traversé plusieurs décennies de vie publique française, du Parti socialiste jusqu’à son engagement précoce auprès d’Emmanuel Macron, en passant par ses fonctions de député, ministre, président de Région et sénateur.
Mardi, il y aura donc les puissants, les élus et les inconnus.
Il y aura ceux qui pleureront un ami. Ceux qui salueront un ancien compagnon de route. Ceux qui souhaiteront simplement témoigner leur respect. Et, sans doute, quelques-uns venus aussi parce qu’ils auront estimé qu’il était politiquement impossible de ne pas être présents.
Mais au milieu de cette foule annoncée, des dispositifs de sécurité et des conversations politiques qui reprendront inévitablement après la cérémonie, il ne devrait rester, pendant quelques instants, qu’un seul nom.
Celui de François Patriat.
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