Quatre ans après l’inauguration de la Cité internationale de la gastronomie et du vin, le groupe municipal « Agir pour Dijon – droite, centre et indépendants » dresse un constat particulièrement sévère du fonctionnement du site. Dans un communiqué publié ce lundi 31 août, les élus d’opposition estiment que le modèle économique initial a « échoué » et demandent désormais de faire toute la lumière sur les comptes avant d’envisager une nouvelle stratégie.
Depuis son ouverture en mai 2022, la Cité internationale de la gastronomie et du vin devait constituer l’un des grands équipements d’attractivité de Dijon, à la croisée du tourisme, de la gastronomie, de la formation et du commerce. Mais pour les élus du groupe présidé par Emmanuel Bichot, les difficultés accumulées ces dernières années imposent désormais de revoir en profondeur les ambitions du projet.
Communiqué de presse du 31 août 2026 :
« Cité internationale de la gastronomie et du vin : l’heure des comptes pour définir enfin un modèle viable »
Depuis l’inauguration de la Cité internationale de la gastronomie et du vin, en mai 2022, les déconvenues se succèdent. Quatre ans plus tard, force est de constater que le modèle économique initial a échoué et qu’il n’est plus possible de le nier. Il est temps de faire les comptes et de revenir à la réalité pour pouvoir définir un projet viable.
Un modèle économique privé en échec
Les faits sont désormais nombreux et incontestables. Le groupe qui portait le projet d’hôtel a été placé en liquidation judiciaire en décembre 2024, sans qu’aucun repreneur ne se soit manifesté pour le site dijonnais. En septembre 2025, la prestigieuse école Ferrandi a quitté la Cité. En avril 2026, les trois établissements du groupe Épicure (La Cave de la Cité, La Table des Climats et Le Comptoir de la Cité) ont à leur tour cessé leur activité.
La semaine dernière, le Village de la Cité, anciennement Village gastronomique, a été placé en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Dijon. Entre mai 2022 et la fin de l’année 2024, la structure avait déjà accumulé 1,9 million d’euros de pertes, alors que ses comptes pour 2025 ne sont toujours pas disponibles.
Le constat est désormais sans appel : le modèle économique de la Cité de la gastronomie ne fonctionne pas.
Le projet de la Cité de la gastronomie apparaît ainsi avoir été largement surévalué, tant dans ses ambitions que dans ses perspectives économiques. Cela se traduit par des loyers trop élevés. Il est désormais indispensable d’apprécier avec lucidité la valeur réelle des actifs et d’en tirer toutes les conséquences afin d’assainir la situation.
Cette clarification aura nécessairement des conséquences pour les actionnaires privés qui ont investi dans le projet.
Un modèle public lui aussi à bout de souffle
La situation du pôle public est tout aussi préoccupante. Les recettes, qui devaient atteindre 3 millions d’euros par an pour contribuer à couvrir les coûts de fonctionnement, se sont effondrées. Elles ne représenteraient plus que 50 000 euros au premier semestre 2026. Dans le même temps, les expositions permanentes sont désormais accessibles gratuitement.
Le nombre total de visiteurs est inférieur de moitié aux prévisions. Et les visiteurs étrangers représentent moins de 10 % de la fréquentation, un comble pour une Cité « internationale ».
Cette évolution interroge directement la capacité du site à générer les recettes qui avaient été initialement anticipées.
Pas de fuite en avant avec l’argent public
Nous refusons que les collectivités publiques, au premier rang desquelles la Ville de Dijon et Dijon Métropole, injectent de nouveaux fonds dans un modèle à bout de souffle, dans le seul objectif de repousser de quelques mois des échéances devenues inéluctables. Il n’appartient pas aux contribuables de supporter indéfiniment les conséquences d’un modèle économique qui a démontré ses limites.
Une telle fuite en avant ne ferait qu’aggraver la situation financière et porterait un nouveau coup à l’image de Dijon.
Nous demandons également une transparence totale sur le bilan financier de l’aménagement du site de l’ancien hôpital général, dont la réalisation a été confiée à un grand groupe du BTP.
Une réponse précise doit notamment être apportée suite au constat que les voies et espaces publics réalisés par l’aménageur, pour un montant supérieur à 5 millions d’euros, ont été financés deux fois : une première fois par la ville et une seconde par la métropole,
Les Dijonnais ont le droit de savoir combien ce projet a réellement coûté aux finances publiques, quelles recettes ont effectivement été générées et quelles charges restent aujourd’hui à leur charge.
Remettre le projet à plat pour construire un avenir durable
L’heure n’est plus aux illusions. Il est désormais temps de regarder la réalité en face.
La Cité de la gastronomie doit être entièrement remise à plat. Il faut tirer toutes les conséquences financières, économiques et opérationnelles de l’échec du modèle initial, repartir sur des bases assainies et définir une nouvelle ambition, plus réaliste, plus sobre et surtout plus durable pour ce site emblématique de Dijon, en associant les acteurs économiques locaux.
Cette refondation devra également respecter un principe essentiel : préserver intégralement l’espace naturel de deux hectares situé le long de l’Ouche.
Il ne saurait être question de répondre à un échec économique par une nouvelle fuite en avant immobilière ou par une nouvelle opération de bétonisation.
L’heure n’est plus aux promesses ni aux rustines financières. Elle est à la transparence, à la responsabilité et à la remise à plat complète du projet.
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Groupe municipal « Agir pour Dijon – droite, centre et indépendants »
Emmanuel BICHOT (président), Laurence GERBET, Axel SIBERT, Sandra GAUDILLIÈRE, Henri-Bénigne de VREGILLE, Sabine BAILLOT, Franck AYACHE, Clémence HOUARD, Bruno DAVID.
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