Présenté comme l’une des vitrines commerciales de la Cité internationale de la gastronomie et du vin, le Village de la Cité traverse aujourd’hui une procédure de redressement judiciaire. Mais les pièces judiciaires et actes que nous avons consultés retracent une histoire plus ancienne : un protocole transactionnel signé en 2022, seize saisies-attributions pratiquées en octobre 2024 — notamment auprès de locataires qui versent désormais leurs loyers entre les mains d’un commissaire de justice —, validées par un juge en juillet 2025 pour un montant de plus de 2,4 millions d’euros, puis une réorganisation de la gouvernance à l’été 2026. Ce qui soulève une question : que savait-on réellement de la fragilité du dossier, et depuis quand ?
Le redressement judiciaire du Village de la Cité pourrait apparaître comme le dernier épisode des difficultés rencontrées par un site commercial qui peine à trouver son équilibre. Les documents que nous avons consultés montrent toutefois que les tensions sont antérieures à l’ouverture de cette procédure collective. Ils font apparaître un contentieux financier de plusieurs millions d’euros l’opposant à Eiffage Immobilier Est ayant abouti à des des mesures de saisie attribution des loyers.
Le dossier est d’autant plus sensible que le Village de la Cité n’est pas installé dans une zone commerciale ordinaire. Il occupe une place centrale au sein de la Cité internationale de la gastronomie et du vin de Dijon, projet emblématique conçu pour contribuer au rayonnement touristique, culturel et économique de la ville. Le Village devait y apporter commerces, restauration, animation et attractivité. Derrière cette ambition, les actes judiciaires consultés décrivent aujourd’hui une réalité nettement plus fragile.
Plusieurs sources avec lesquelles nous avons échangé affirment que certains exploitants ne règlent plus depuis la fin 2024 leurs loyers directement à leur bailleur, mais entre les mains d’un commissaire de justice, dans le cadre des procédures en cours. Pour étayer leurs déclarations, elles nous ont présenté plusieurs documents qui, selon elles, confirment cette situation. À leur demande, et afin de protéger leur activité, nous ne publierons ni leur identité ni celle des établissements concernés.
Un protocole signé dès 2022
Dans un jugement rendu le 9 juillet 2025, le juge de l’exécution du tribunal judiciaire de Paris retrace les relations entre Eiffage Immobilier Est et Village Gastronomique Real Estate, désignée dans la décision par l’acronyme VGRE.
Le tribunal rappelle que les deux sociétés avaient conclu, les 14 et 27 février 2020, deux ventes en l’état futur d’achèvement portant sur plusieurs lots de la Cité internationale de la gastronomie et du vin. Le 5 avril 2022, elles avaient ensuite signé un protocole transactionnel relatif à l’exécution de leurs obligations respectives. Le 27 mars 2024, le président du tribunal judiciaire de Dijon a homologué ce protocole, lui conférant ainsi force exécutoire.
Deux précisions sont indispensables pour suivre la suite du dossier : tout d’abord, Eiffage Immobilier Est était non seulement chargé de construire la Cité de la gastronomie, mais il en a aussi assuré la commercialisation initiale. Ensuite VGRE et la SAS Le Village de la Cité sont deux personnes morales distinctes.
Le jugement parisien de 2025 porte sur le contentieux opposant Eiffage Immobilier Est à VGRE. Le procès-verbal de juillet 2026 évoqué plus loin concerne, lui, directement la gouvernance de la SAS Le Village de la Cité, aujourd’hui placée en redressement judiciaire. Les documents doivent donc être lus sans confondre ces deux sociétés, même si les mesures d’exécution visant VGRE ont touché des locataires présents au cœur du même ensemble commercial.
Cette distinction posée, la chronologie montre que l’environnement immobilier et commercial du Village était marqué depuis plusieurs années par des relations contractuelles difficiles et des procédures.
Seize saisies-attributions en octobre 2024
Le basculement intervient à l’automne 2024.
Le 15 octobre 2024, Eiffage Immobilier Est fait pratiquer plusieurs saisies-attributions sur le fondement des engagements financiers prévus par la transaction homologuée. Le jugement parisien en dénombre seize et précise qu’elles ont été mises en œuvre auprès de sociétés filiales, mais aussi auprès de locataires de VGRE.
Le montant alors poursuivi s’élève à 3 128 576,21 euros. Cette somme comprend notamment 766 701,35 euros d’intérêts échus et 26 905,80 euros d’intérêts à échoir.
Cet élément est essentiel pour comprendre la situation décrite aujourd’hui. En octobre 2024, les tensions financières ne se limitaient plus aux relations entre les directions des sociétés ou leurs avocats : les mesures d’exécution étaient susceptibles d’affecter directement les flux financiers provenant de certains locataires.
VGRE conteste les saisies. Le 19 novembre 2024, la société assigne Eiffage Immobilier Est devant le juge de l’exécution. À l’audience de juin 2025, elle demande principalement la suspension de la procédure dans l’attente de l’issue d’une autre action engagée devant le tribunal judiciaire de Dijon. À titre subsidiaire, elle sollicite l’annulation des saisies ou, à défaut, leur limitation au seul principal.
Dans la procédure engagée à Dijon, VGRE demande notamment l’annulation de deux accords transactionnels et réclame 816 000 euros au titre de pénalités de retard.
Le tribunal parisien ne retient toutefois pas son argumentation sur l’essentiel.
Plus de 2,4 millions d’euros de saisies validées
Dans sa décision du 9 juillet 2025, le juge se montre particulièrement sévère à l’égard de la demande de suspension. Il relève que l’assignation devant le tribunal judiciaire de Dijon a été délivrée le 4 juin 2025, plusieurs mois après les saisies et seulement quelques jours avant l’audience parisienne du 11 juin. Il estime que cette initiative était « manifestement inspirée par une volonté dilatoire » visant à paralyser les mesures d’exécution forcée.
La même décision contient une autre formulation qui prend aujourd’hui un relief particulier.
Une partie du litige portait sur le changement de destination d’un cinéma d’art et d’essai initialement envisagé dans le programme immobilier. Sur ce point précis, le tribunal considère que l’absence de réalisation ne pouvait pas être spécialement imputée à Eiffage Immobilier Est. Il ajoute que VGRE ne disposait « manifestement pas des capacités financières permettant l’accomplissement des travaux » concernés.
La portée de cette phrase doit être strictement délimitée. Le juge ne constate ni une cessation des paiements ni l’état financier global de VGRE. Il se prononce sur la capacité de la société à financer des travaux déterminés. Le passage montre néanmoins qu’en juillet 2025, ses capacités financières étaient discutées jusque dans une décision judiciaire.
Le jugement tranche ensuite la question centrale des saisies.
Eiffage Immobilier Est n’obtient pas la totalité des quelque 3,1 millions d’euros initialement réclamés. Le juge écarte notamment les intérêts ajoutés au principal, considérant qu’ils ne pouvaient pas être recouvrés par cette voie en l’absence de titre exécutoire approprié.
Il valide en revanche les saisies-attributions du 15 octobre 2024 à hauteur de 2 416 273,21 euros, outre les frais, ordonne leur mainlevée pour le surplus et condamne VGRE aux dépens.
Autrement dit, plus de 2,4 millions d’euros de saisies ont été judiciairement validées dès l’été 2025.
Des procédures aux loyers des commerçants
Un acte de commissaire de justice que nous avons également consulté montre que la décision est ensuite entrée dans une phase concrète d’exécution.
Le document détaille les sommes dues au titre du principal ainsi que les frais générés par les procédures. Il mentionne plusieurs procès-verbaux de saisie-attribution datés du 15 octobre 2024. Après prise en compte de 82 511,73 euros de « versements directs », le tableau figurant en page 2 fait apparaître une « somme due » de 2 336 712 euros.
Cette pièce permet de rapprocher la décision judiciaire des témoignages recueillis aujourd’hui. Lorsqu’un locataire est destinataire d’une saisie-attribution, les sommes qu’il doit normalement au débiteur saisi peuvent, selon les modalités de la procédure, être immobilisées ou versées dans le cadre de son exécution. C’est la situation décrite par plusieurs de nos sources, qui affirment que des loyers sont désormais versés entre les mains d’un commissaire de justice.
Une réorganisation engagée à partir de juin 2025
L’histoire ne s’arrête pas au jugement de 2025.
Un autre document en notre possession, daté du 20 juillet 2026, concerne cette fois directement Le Village de la Cité, constitué sous la forme d’une SAS au capital de 3 millions d’euros. Le procès-verbal d’assemblée générale extraordinaire indique que ce capital est composé de 10 000 actions : 8 500 sont détenues par Groupe K Real Estate Investment et 1 500 par VG M.DS.
L’ordre du jour porte notamment sur un changement de présidence.
La justification donnée par l’assemblée mérite toutefois d’être relevée. Après avoir rappelé les « dernières évolutions de la Société », et notamment la « réorganisation et les choix opérés depuis le mois de juin 2025 », les associés considèrent que cette évolution implique un changement de gouvernance.
La société ACT AND FI GROUPE ACTEFI, représentée par Groupe K Real Estate Investment, est alors désignée comme nouvelle présidente. La décision est adoptée à l’unanimité.
Un changement de présidence ne constitue pas, à lui seul, la preuve de difficultés financières. Une entreprise peut modifier sa gouvernance pour de nombreuses raisons. Mais cette décision s’inscrit dans une chronologie plus large.
Dès 2022, un protocole transactionnel organise les relations entre les acteurs immobiliers du projet. En 2024, ce protocole devient exécutoire. Quelques mois plus tard, seize saisies-attributions sont de 3 millions d’euros, notamment auprès de locataires. En juillet 2025, un tribunal les valide à hauteur de plus de 2,4 millions d’euros en principal. La même décision évoque, dans le contexte précis de travaux non réalisés, les capacités financières insuffisantes de VGRE. Selon le procès-verbal interne du Village de la Cité, une réorganisation est engagée à partir de juin 2025. En juillet 2026, la présidence change. La SAS Le Village de la Cité est aujourd’hui placée en redressement judiciaire.
Pris séparément, aucun de ces éléments ne suffit à expliquer la situation actuelle.
Pris ensemble, ils rendent en revanche difficile l’hypothèse d’une crise apparue soudainement.
« Qui savait quoi, et à quel moment ? »
Le dossier ne consiste donc plus seulement à constater le placement d’une société en redressement judiciaire. Il conduit à s’interroger sur la manière dont un ensemble présenté comme l’un des moteurs commerciaux d’un projet majeur pour Dijon a traversé, pendant plusieurs années, des contentieux, des saisies et des réorganisations sans que l’ampleur de ces difficultés soit nécessairement apparue à tous ceux qui faisaient vivre le site.
Derrière les sociétés et les montants figurant dans les décisions de justice, il y a des restaurateurs, des commerçants et des salariés.
Certains exploitants ont investi dans leurs locaux, recruté, constitué des stocks et bâti une activité sur la promesse d’une fréquentation portée par la Cité de la gastronomie. Pour eux, savoir à qui verser un loyer ou découvrir qu’une saisie interfère avec le fonctionnement normal du bail n’est pas une question juridique abstraite. C’est une question de trésorerie et, parfois, de survie commerciale.
Le décalage est saisissant. La Cité internationale de la gastronomie et du vin devait être une vitrine ; le Village, l’un de ses espaces de vie. Aujourd’hui, une partie de l’attention se déplace des assiettes et des boutiques vers les tribunaux, les actes de commissaires de justice et les procédures collectives.
Reste une question que les seuls documents consultés ne permettent pas de trancher : qui savait quoi, et à quel moment ?
Quand les commerçants ont-ils été informés de l’existence et de l’ampleur des saisies engagées en octobre 2024 ? Quelle information leur a été donnée après la décision de juillet 2025 validant plus de 2,4 millions d’euros de saisies en principal ? Que recouvraient précisément la « réorganisation » et les « choix » engagés depuis juin 2025, mentionnés dans le procès-verbal de juillet 2026 ? Quel était alors l’état réel de la situation financière du Village de la Cité ? Quelles explications ont été données aux exploitants lorsque certains d’entre eux ont commencé à verser leurs loyers entre les mains d’un commissaire de justice ?
À ce stade, les pièces dont nous disposons ne permettent pas de répondre complètement à ces questions.
Elles établissent néanmoins un point majeur : le redressement judiciaire n’est pas le premier signal d’alerte de cette histoire.
Bien avant l’ouverture de la procédure actuelle, des millions d’euros étaient déjà en jeu. Des saisies avaient été engagées. Des locataires avaient été concernés. Un contentieux majeur avait été porté devant les tribunaux. Une réorganisation de la gouvernance avait été amorcée.
Le redressement judiciaire ouvre donc peut-être un nouveau chapitre. Mais il ne constitue certainement pas le premier épisode de cette affaire. Alors que Dijon Métropole s’apprête à racheter le Grand Hall, il serait désormais grand temps que toute la lumière soit faite sur ce qui se passe réellement au sein de la Cité internationale de la gastronomie et du vin. Car disons les choses franchement : dans ce dossier à plusieurs dizaines de millions d’euros, le sentiment persiste que tout n’a pas encore été dit. Les révélations qui émergent aujourd’hui ne font que renforcer les interrogations. Qui savait quoi ? Depuis quand ? Quelles responsabilités ont été prises — ou évitées ? Les Dijonnais, eux, sont en droit d’exiger autre chose que des éléments de langage et des explications au compte-gouttes. Quand autant d’argent public, d’enjeux politiques et d’intérêts économiques sont en jeu, la transparence ne devrait pas être une option : elle devrait être une obligation.
Nous avons pris l’initiative de contacter William Krief. Celui-ci nous a demandé de contacter Nicolas Bohain, ce que nous avons fait. Ce dernier, occupé au moment de notre appel, devait nous rappeler. Nous avons finalement reçu un SMS nous indiquant : « J’ai bien reçu les informations concernant vos prochaines publications. Ne pouvant répondre sur ces sujets, qui relèvent de ma direction, j’ai demandé à ce que Pierre Guez puisse vous répondre. »
Nous avons donc eu Monsieur Pierre Guez au téléphone et, nous devons le dire, nous avons été extrêmement surpris par sa réponse. Voici le fil de notre discussion :
Monsieur Bauduin (Dijon Actualités) : « Oui, bonjour. Pourrais-je avoir M. Pierre Guez, s’il vous plaît ? »
Pierre Guez : « Oui, c’est moi. »
Dijon Actualités : « Bonjour, M. Guez. Fabien Bauduin, rédacteur en chef de Dijon Actualités. On vous avait prévenu que j’allais appeler, je pense, me semble-t-il. »
Pierre Guez : « Je suis en rendez-vous, alors. »
Dijon Actualités : « Ah, d’accord. »
Pierre Guez : « Il faudrait me rappeler plutôt dans trois quarts d’heure. »
Dijon Actualités : « D’accord. Je vous laisse me rappeler parce qu’en fait, on voulait diffuser… C’est pour ça, on voulait juste savoir… »
Pierre Guez : « Oui, mais attendez, il y en a pour deux minutes, si c’est ça ? »
Dijon Actualités : « Ah oui, oui, il y en a pour même pas deux minutes. Je pense que vous avez pris connaissance du jugement. »
Pierre Guez : « Oui, bien évidemment. Oui, vous voulez savoir quoi ? »
Dijon Actualités : « Je voulais que vous nous confirmiez le fait qu’aujourd’hui, certains… »
Pierre Guez nous coupe et dit : « Ce n’est pas compliqué, le dossier. Le 25 août, il y a eu un R.J. de quatre établissements et aujourd’hui, il y a un jugement de l’ensemble des boutiques. C’est simple. »
Dijon Actualités : « Oui, mais il faut m’expliquer. Moi, ce que j’ai, c’est… »
Puis il nous coupe à nouveau et dit : « Écoutez, M. Bauduin, je ne vous connais pas, vous ne me connaissez pas, mais je suis connu à Dijon. Donc, on ne va pas tourner autour du pot. Je n’aime pas vos communiqués parce que vous ne faites que de la polémique. Donc… »
Cette fois, c’est nous qui le coupons et lui disons : « Nos communiqués ? On ne fait pas de communiqués, M. Guez. »
Il nous répond : « Écoutez, la Cité, moi, je suis un défenseur de la Cité. »
Nous répondons : « Mais nous aussi ! »
Il poursuit : « Non, non, parce que vous n’avez fait que d’enfoncer la Cité par vos commentaires, etc. Donc, voilà. Donc, si vous voulez, je n’ai rien à dire, vous mettrez ce que vous voudrez. »
Nous lui disons alors : « D’accord ! Donc, je réponds : on n’a rien à dire, on est contre la Cité, et je reprends ce que vous avez dit, en fait. »
Il nous répond : « Si vous voulez, oui. Parce que vous n’avez pas défendu la Cité. Parce que la Cité, c’est un beau projet et vous êtes un certain nombre à l’avoir décriée depuis cinq ans. Parce qu’il y a quand même des investisseurs comme William Krief qui ont beaucoup investi. Bon, c’est une mauvaise image que vous donnez à la ville de Dijon. Parce qu’en fait, demain, pour aller chercher des investisseurs extérieurs et tout, pour venir à Dijon, il n’y en aura pas beaucoup. »
Nous lui disons : « M. Guez, excusez-moi, entre nous, on ne peut pas dire que c’est de la faute des médias. Nous ne faisons que relater des faits. M. Guez, l’article que je vais sortir, il y a bien un jugement. Aujourd’hui, on a bien des gens qui louent des locaux, qui payent le loyer non pas à M. Krief, mais directement à l’huissier. On est d’accord ? »
Il nous répondra, sur un ton que nous avons trouvé très désagréable, avant de nous raccrocher au nez : « Écoutez, ça ne m’intéresse pas. Mon rendez-vous commence. Donc, au revoir, Monsieur, vous mettrez ce que vous voudrez dans votre journal. Ciao. Ciao. »
Conclusion de ce contradictoire : selon M. Guez, nous publierions des « communiqués » qui alimenteraient la polémique, nous n’aurions pas défendu la Cité de la gastronomie et nous contribuerions même à donner une mauvaise image de Dijon. Nous rappellerons simplement une chose : Dijon Actualités n’est pas à la tête de la Cité internationale de la gastronomie et du vin. Notre rôle n’est ni de la diriger, ni d’en assurer la promotion. Nous ne publions d’ailleurs pas des « communiqués », mais des articles journalistiques fondés sur des faits vérifiés et, lorsque cela est nécessaire, sur des décisions de justice, comme c’est le cas dans cet article. Nous regrettons donc la manière dont Pierre Guez a choisi de répondre à nos questions. Un tel échange, loin d’apporter les éclaircissements attendus sur le fond du dossier, ne contribue malheureusement pas à rendre celui-ci plus lisible.
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