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À l’approche des élections sénatoriales, les Écologistes de Côte-d’Or ont choisi de ne pas présenter leur propre liste. Réunis en assemblée générale à la fin du mois d’août, les militants du mouvement ont décidé de privilégier une stratégie de rassemblement des voix de gauche et écologistes, avec pour objectif affiché d’empêcher l’élection d’un sénateur issu de l’extrême droite ou d’une liste considérée comme proche de ses positions.

Dans un communiqué publié le 31 août 2026, la formation écologiste départementale explique avoir fait « le choix de la responsabilité ». Concrètement, aucun candidat ne sera investi par les Écologistes de Côte-d’Or et aucune liste autonome ne sera déposée sous leurs couleurs.

Le parti estime qu’une candidature écologiste supplémentaire risquerait d’éparpiller les suffrages des grands électeurs progressistes. Un risque jugé trop important dans un scrutin sénatorial où le nombre de voix peut s’avérer déterminant pour l’attribution des sièges.

Un appel aux grands électeurs écologistes et de gauche

Les Écologistes ne comptent toutefois pas rester à l’écart de la campagne. Ils appellent leurs adhérents, sympathisants et, plus largement, les élus locaux appartenant à la gauche et à la mouvance écologiste qui participeront au scrutin à soutenir la liste portée par le Parti socialiste.

Selon eux, il s’agit de « la seule liste progressiste capable d’élire un voire plusieurs sénateurs » en Côte-d’Or.

La formation écologiste appelle ainsi à une concentration des voix afin de maximiser les chances de représentation de la gauche au Sénat. Elle affiche notamment son souhait de voir Céline Gilardet-Aloïzos accéder à la Haute Assemblée.

Ce soutien n’efface cependant pas les divergences politiques. Les Écologistes reconnaissent ouvertement avoir des désaccords avec la tête de liste socialiste, notamment en raison de son parcours. Ils considèrent néanmoins que les circonstances politiques départementales doivent conduire les différentes composantes progressistes à dépasser leurs différends.

« Notre boussole républicaine, démocrate et écologiste nous porte pour la convergence des voix progressistes et écologistes », indiquent-ils dans leur communiqué.

La crainte d’un rapprochement entre droite et extrême droite

La décision est également justifiée par l’évolution du paysage politique en Côte-d’Or. Les responsables écologistes disent observer avec inquiétude un affaiblissement des frontières traditionnelles entre le centre, la droite et l’extrême droite.

Dans leur communiqué, ils estiment que « les digues entre le centre, la droite et l’extrême droite se fissurent ». Une situation qui, selon eux, impose la constitution d’un « barrage républicain » lors de cette élection.

Le parti met notamment en garde contre la possibilité de voir émerger des candidatures présentant une image modérée tout en étant, selon lui, politiquement proches de l’extrême droite.

Cette lecture du scrutin constitue l’argument central de la stratégie adoptée par les militants écologistes : éviter la multiplication des listes susceptibles de diviser les voix de gauche et favoriser, au contraire, le candidat ou la liste disposant des meilleures chances d’obtenir un siège.

Un soutien qui se veut exigeant

Les Écologistes soulignent cependant que leur décision ne constitue pas un ralliement sans conditions au Parti socialiste.

Ils entendent profiter de leur soutien pour continuer à défendre leurs priorités, notamment en matière de transition écologique, de justice sociale et d’aménagement du territoire.

Le mouvement promet ainsi un soutien « fort de notre exigence écologique, sociale et territoriale ».

Cette position traduit une stratégie désormais classique lors des scrutins indirects : préserver l’autonomie politique du mouvement tout en recherchant des accords permettant d’obtenir une représentation institutionnelle.

Les sénateurs étant élus par un collège composé principalement d’élus municipaux, départementaux et régionaux, les rapports de force entre formations politiques et les consignes données aux grands électeurs peuvent jouer un rôle décisif.

En Côte-d’Or, les Écologistes ont donc tranché : plutôt qu’une candidature destinée à affirmer leur propre identité politique, ils privilégient cette fois le rassemblement de la gauche et des écologistes.

Une décision qu’ils présentent à la fois comme un choix stratégique et comme une réponse au risque de progression de l’extrême droite dans le département.

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