Partager

Le Centre hospitalier La Chartreuse et l’administration pénitentiaire ont officialisé, mercredi 9 septembre 2026, une convention visant à améliorer la continuité des soins en addictologie pour les personnes placées sous main de justice. Le dispositif associe plusieurs acteurs sanitaires et judiciaires afin de construire des parcours de soins individualisés, tout en préparant plus efficacement la réinsertion des personnes concernées.

À Dijon, les liens entre le monde de la santé et celui de la justice se renforcent. Le Centre hospitalier La Chartreuse, à travers son unité spécialisée EOLE et le CSAPA Le Belem, vient de formaliser une nouvelle coopération avec l’administration pénitentiaire. Signée le 9 septembre, cette convention doit permettre de mieux accompagner les personnes placées sous main de justice qui rencontrent des problématiques liées aux addictions.

Le partenariat réunit le CH La Chartreuse, le CSAPA Le Belem, le service pénitentiaire d’insertion et de probation de Côte-d’Or (SPIP) ainsi que la maison d’arrêt de Dijon. Cette convention ne part toutefois pas de zéro : elle vient formaliser une coopération déjà engagée entre les professionnels de santé et les acteurs chargés de l’insertion et de la probation. L’objectif est désormais de donner un cadre plus structuré à cette collaboration et d’éviter que les personnes concernées ne connaissent des ruptures dans leur prise en charge.

Des soins spécialisés adaptés à chaque situation

Au cœur du dispositif se trouve l’unité EOLE du Centre hospitalier La Chartreuse, qui assure des soins hospitaliers spécialisés en addictologie grâce à une équipe pluridisciplinaire. De son côté, le CSAPA Le Belem intervient auprès des personnes suivies à la maison d’arrêt de Dijon et présentant une problématique addictive. La nouvelle convention doit permettre de mieux articuler ces différentes étapes et, lorsque la situation médicale le nécessite, de préparer une poursuite des soins dans un cadre hospitalier adapté.

Il ne s’agit cependant pas d’un parcours automatique. Chaque situation doit faire l’objet d’une évaluation individuelle. Le projet de soins est élaboré conjointement par le CSAPA Le Belem, le SPIP et l’unité EOLE, et nécessite l’adhésion de la personne concernée. Une éventuelle admission en hospitalisation reste par ailleurs soumise à l’évaluation et à la décision des professionnels de l’unité EOLE.

Cette organisation entend donc mettre l’accent sur une prise en charge personnalisée plutôt que sur un dispositif uniforme. La problématique des addictions pouvant différer fortement d’une personne à l’autre, le principe retenu est celui d’un parcours construit en fonction des besoins identifiés par les professionnels et de la situation individuelle de chacun.

Éviter les ruptures de soins et préparer la réinsertion

Le dispositif s’inscrit dans le cadre légal d’un aménagement de peine décidé par l’autorité judiciaire. Au-delà de la seule prise en charge médicale, l’enjeu est aussi de maintenir une continuité dans les soins et de limiter les ruptures de parcours susceptibles d’intervenir au cours d’un parcours judiciaire ou pénitentiaire. La convention affiche également un objectif de réinsertion durable.

En rapprochant davantage les professionnels de l’addictologie, les équipes pénitentiaires et les acteurs de l’insertion, les partenaires veulent ainsi mieux coordonner les différentes étapes de l’accompagnement. La convention prévoit d’ailleurs une évaluation régulière du dispositif afin de mesurer ses effets aussi bien sur les parcours de soins que sur l’insertion des personnes accompagnées.

Cette coopération illustre une volonté de faire davantage travailler ensemble deux univers qui interviennent parfois simultanément dans le parcours d’une même personne : celui de la santé et celui de la justice. L’enjeu est notamment d’éviter qu’une prise en charge en addictologie ne soit interrompue ou insuffisamment coordonnée lorsqu’une personne passe d’un cadre pénitentiaire à un autre dispositif d’accompagnement.

Une coopération appelée à s’élargir

La convention signée à Dijon pourrait enfin ouvrir la voie à d’autres formes de collaboration entre le CH La Chartreuse et l’administration pénitentiaire. Le communiqué annonce ainsi que l’établissement hospitalier devrait prochainement accueillir des personnes effectuant un travail d’intérêt général (TIG). Elles pourraient être affectées à différentes missions techniques et d’entretien au sein de l’établissement.

Avec cette convention, le CH La Chartreuse et l’administration pénitentiaire entendent donc dépasser une simple juxtaposition des interventions. L’ambition affichée est de construire des parcours plus continus et mieux coordonnés, dans lesquels la prise en charge des addictions devient également un élément du travail de réinsertion. Pour les différents partenaires, il s’agit désormais de faire vivre ce dispositif sur le terrain et d’en mesurer, dans la durée, les effets sur les personnes accompagnées.

À Dijon, le CH La Chartreuse et l’administration pénitentiaire renforcent la prise en charge des addictions
Anne LEROY, Directrice du service pénitentiaire d’insertion et de probation de Côte-d’Or – Emmanuelle JUAN, Directrice du Centre Hospitalier La Chartreuse – Éric LOSTANLEN, chef du département des politiques d’insertion, de probation et de prévention de la récidive (DPIPPR) de la Direction interrégionale des services pénitentiaires de Dijon (DISP) – Ingrid DELABARRE, Directrice de la maison d’arrêt de Dijon
Publicité

Partager cet article

Signaler une erreur dans cet article

Commentaires 0

Connectez-vous pour pouvoir insérer des images dans vos commentaires.

Soyez le premier à commenter cet article.