Pendant plusieurs semaines, plusieurs habitantes d’un immeuble dijonnais ont découvert sur leur porte des billets manuscrits à caractère sexuel, parfois particulièrement crus. Jusqu’au jour où l’auteur présumé aurait commis une erreur : laisser son numéro de téléphone. Derrière ces messages se cacherait, selon les locataires concernées, un homme vivant dans la même résidence. Plusieurs plaintes ont désormais été déposées et d’autres devraient suivre.
Dans cette résidence de plus de cinquante logements à Dijon, le quotidien était jusqu’ici celui de beaucoup d’immeubles collectifs : quelques nuisances, des incivilités occasionnelles, des tensions de voisinage. Rien, en apparence, qui puisse laisser présager ce qui allait suivre.
Depuis plusieurs semaines, pourtant, un climat beaucoup plus lourd s’est installé dans les parties communes. Plusieurs femmes vivant seules, certaines avec un enfant, ont retrouvé sur leur porte des messages manuscrits à caractère sexuel. Des billets laissés sans signature, directement à l’entrée de leur logement. Nous avons choisi de ne pas révéler l’adresse de la résidence afin de protéger les personnes concernées.
« Tu m’excites » : des messages explicites déposés à répétition
Les mots sont courts. Mais leur contenu ne laisse guère de place à l’interprétation. Sur l’un des billets photographiés, on peut lire : « Tu m’excites !! Je bande sur toi !! Tes culottes, elles m’excitent. »

Ce qui pourrait être présenté par son auteur comme une mauvaise plaisanterie prend une tout autre dimension lorsqu’un tel message est déposé devant le domicile d’une femme, puis recommence.
Car, selon plusieurs témoignages, il ne s’agirait pas d’un épisode isolé. Les billets auraient été laissés à plusieurs reprises, pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois.
Et avec chaque nouveau message, la même question : qui sait exactement quelle femme habite derrière cette porte ? Qui observe ses allées et venues ? Et surtout, jusqu’où cette personne est-elle susceptible d’aller ?
Dans un immeuble, le domicile devrait être le dernier endroit où l’on se sent menacé. Pour les femmes visées, c’est précisément devant leur porte que l’inquiétude se serait installée.
Le « corbeau » finit par laisser son numéro
Pendant des semaines, l’auteur des messages reste inconnu. Dans la résidence, certains locataires commencent à parler d’un « corbeau ». Pas de nom, pas de signature, seulement des phrases sexuelles déposées discrètement sur les portes.
Puis, le 9 septembre 2026, un nouveau billet apparaît. Cette fois, le message va plus loin : « Je te trouve très belle !! Tu m’excites, appelle… » À la suite de cette phrase : un numéro de téléphone.

Une erreur qui a permis aux habitantes concernées de mettre un nom sur celui qu’elles soupçonnent d’être l’auteur des billets. Selon leurs déclarations, l’homme identifié habiterait lui-même dans la résidence. Il serait même le voisin de l’une des femmes ayant reçu ces messages. Nous avons pris l’initiative de contacter le numéro indiqué sur le billet. Derrière la porte de l’individu, nous avons alors entendu le téléphone sonner. Nous avons immédiatement raccroché.
Une proximité qui rend l’affaire encore plus inquiétante pour les personnes concernées : celui qu’elles soupçonnent n’aurait donc pas agi depuis l’extérieur, mais à quelques mètres seulement de leur domicile. Plusieurs plaintes doivent désormais être déposées. L’une d’elles l’a déjà été pour outrage sexiste au commissariat de Chenôve.
Une résidence désormais sous tension
Dans cet immeuble habituellement décrit comme relativement calme, ces messages ont laissé des traces. Au-delà de leur contenu, c’est surtout leur répétition et l’endroit où ils ont été déposés qui inquiètent : la porte du domicile, cette frontière qui sépare normalement l’espace public de l’intimité.
Pour les femmes concernées, savoir que l’auteur présumé vivrait dans le même bâtiment ajoute encore à l’inquiétude. Elles peuvent être amenées à le croiser dans un couloir, dans l’ascenseur ou simplement en rentrant chez elles. Une proximité qui contribue à installer un véritable sentiment d’insécurité au sein de la résidence.
L’affaire se trouve désormais entre les mains des autorités compétentes. Il leur appartiendra de faire toute la lumière sur les faits et d’établir les responsabilités.
En attendant, l’association CLCV de Côte-d’Or, par la voix de son président, indique suivre le dossier de près et se dit prête à soutenir les femmes concernées. Pour l’association, la répétition de tels messages et leur caractère sexuel ne peuvent être banalisés. Des agissements jugés particulièrement préoccupants, qui nécessitent désormais une réponse à la hauteur de la situation.
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