Face à la progression de la précarité alimentaire chez les jeunes, E.Leclerc annonce le don d’un million d’euros de produits, principalement alimentaires, aux Banques Alimentaires. L’opération, organisée à l’occasion de la rentrée 2026, doit bénéficier en priorité aux étudiants et aux jeunes en difficulté.
La rentrée universitaire est souvent synonyme de dépenses importantes pour les étudiants : logement, transports, fournitures ou encore alimentation. Pour une partie d’entre eux, ces dépenses deviennent de plus en plus difficiles à assumer. C’est dans ce contexte qu’E.Leclerc a annoncé, le 11 septembre 2026, une opération d’ampleur en faveur des jeunes en situation de précarité. L’enseigne va remettre aux Banques Alimentaires l’équivalent d’un million d’euros de produits destinés en priorité aux étudiants et aux jeunes adultes.
L’initiative intervient alors que les difficultés alimentaires touchent fortement cette population. Selon un sondage Ifop et Cop1 réalisé en 2025 et cité par E.Leclerc, deux étudiants sur trois déclarent avoir déjà sauté un repas par manque d’argent. Dans le même temps, le nombre de jeunes accueillis par les Banques Alimentaires aurait progressé de 28 % en dix ans. Des chiffres qui témoignent d’une situation préoccupante et qui poussent les acteurs de l’aide alimentaire à renforcer leurs dispositifs à destination des étudiants.
750 palettes de produits du quotidien
Concrètement, les coopératives régionales E.Leclerc doivent mettre à disposition 750 palettes de marchandises. L’opération représente une valeur totale d’un million d’euros. Il s’agit principalement de produits alimentaires de la marque propre de l’enseigne, Marque Repère.
Les bénéficiaires pourront notamment recevoir des produits de consommation courante comme des pâtes, du riz, des lentilles, des légumes, du lait, du thon, du café ou encore des plats préparés. Certaines références biologiques figurent également parmi les produits sélectionnés. L’aide ne se limitera toutefois pas à l’alimentation : des produits d’hygiène, notamment des protections hygiéniques, feront également partie des marchandises distribuées.
Pour E.Leclerc, l’objectif affiché est de fournir une réponse directement adaptée aux besoins quotidiens de jeunes disposant de faibles ressources. La question de l’hygiène, comme celle de l’alimentation, constitue en effet une dépense difficilement compressible pour les personnes confrontées à des difficultés financières.
Une distribution via les Banques Alimentaires
Une fois les marchandises récupérées, leur distribution sera assurée par le réseau des Banques Alimentaires. Les produits doivent notamment être proposés dans des épiceries sociales et solidaires, mais aussi à travers les différentes associations partenaires de l’organisation.
Une partie de l’aide sera également distribuée par l’intermédiaire du RAYON, un réseau lancé en 2025 par les Banques Alimentaires afin de développer des dispositifs de distribution directe, notamment à destination des jeunes et des étudiants. Ce système doit permettre d’intervenir dans les territoires où les solutions d’aide alimentaire existantes demeurent insuffisantes.
Les Banques Alimentaires constituent aujourd’hui le premier réseau national d’aide alimentaire. D’après les données fournies dans le communiqué, le réseau compte 110 implantations, y compris dans les territoires ultramarins. Il collecte et achète chaque année plus de 131 000 tonnes de produits et accompagne près de 2,4 millions de personnes. Quelque 220 millions de repas sont distribués avec l’appui de plus de 6 000 associations, centres communaux d’action sociale et épiceries sociales partenaires.
Une précarité étudiante devenue un enjeu majeur
Au-delà de cette opération ponctuelle, les Banques Alimentaires cherchent depuis plusieurs années à structurer davantage leur action auprès du public étudiant. En novembre 2025, l’organisation a notamment signé une convention avec le Centre national des œuvres universitaires et scolaires (CNOUS). L’objectif est de renforcer et de pérenniser l’aide alimentaire à destination des étudiants, notamment grâce au développement du RAYON.
Cette mobilisation traduit l’importance prise par la précarité alimentaire dans la vie étudiante. Lorsqu’un jeune est contraint de réduire la quantité ou la qualité de ses repas pour des raisons financières, les conséquences dépassent la seule question de l’alimentation : les dépenses alimentaires entrent directement en concurrence avec celles consacrées au logement, aux transports ou aux études.
L’aide apportée par les associations et les épiceries solidaires devient ainsi, pour certains étudiants, un moyen de préserver une partie de leur budget tout en conservant l’accès à des produits essentiels.
Plus de vingt ans de partenariat entre E.Leclerc et les Banques Alimentaires
Cette opération s’inscrit également dans une collaboration ancienne entre E.Leclerc et les Banques Alimentaires. Les deux organisations sont partenaires depuis plus de vingt ans. Tout au long de l’année, les magasins de l’enseigne participent notamment aux collectes et aux opérations de récupération de produits destinés à l’aide alimentaire.
Selon le communiqué, E.Leclerc est, depuis 2020, le premier donateur des Banques Alimentaires parmi les enseignes de la grande distribution, grâce aux collectes organisées à l’échelle locale et nationale.
Pour Michel-Édouard Leclerc, président du comité stratégique des Centres E.Leclerc, l’opération de cette rentrée s’inscrit dans cette continuité. Il estime que « la précarité alimentaire des jeunes est une réalité qui doit tous nous mobiliser » et présente ce don comme une manière d’apporter une aide immédiate aux personnes concernées.
Avec ses 799 magasins et ses 579 adhérents en France, le mouvement E.Leclerc représente un acteur majeur de la grande distribution. L’enseigne indique avoir réalisé en 2025 un chiffre d’affaires de 51,1 milliards d’euros hors carburant.
À travers cette nouvelle opération, l’entreprise entend donc conjuguer son partenariat historique avec les Banques Alimentaires à une réponse ciblée sur un public particulièrement exposé. Pour les associations, l’enjeu sera désormais d’acheminer ces centaines de palettes vers les structures locales afin que les produits puissent parvenir aux jeunes et aux étudiants qui en ont le plus besoin.
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