La Région Bourgogne-Franche-Comté et l’État américain du Wisconsin veulent donner une nouvelle dimension à leurs relations économiques. L’Agence Économique Régionale de Bourgogne-Franche-Comté et la Wisconsin Economic Development Corporation ont approuvé un protocole d’accord destiné à développer des coopérations dans plusieurs secteurs stratégiques, des biothérapies à l’agroalimentaire, en passant par l’énergie et l’industrie. Une délégation régionale doit se rendre dans le Wisconsin et à Chicago en octobre prochain pour tenter de concrétiser ce rapprochement.
La Bourgogne-Franche-Comté regarde de nouveau vers les États-Unis. Ce mercredi 16 septembre, le président de Région Jérôme Durain, aux côtés du gouverneur du Wisconsin Tony Evers, a annoncé l’approbation d’un protocole d’accord entre l’Agence Économique Régionale de Bourgogne-Franche-Comté (AER BFC) et la Wisconsin Economic Development Corporation (WEDC). L’objectif affiché est de structurer et d’approfondir les relations entre les deux territoires, aussi bien dans le domaine économique que dans celui de l’éducation et de la recherche. Le texte doit notamment faciliter les échanges d’expertise, l’émergence de projets communs et le développement des entreprises de part et d’autre de l’Atlantique.
Ce rapprochement n’est pas né de rien. Il s’inscrit dans la continuité de la visite en Bourgogne-Franche-Comté, en 2025, du gouverneur Tony Evers et de représentants de la WEDC. Depuis, les échanges se sont intensifiés entre les acteurs économiques des deux territoires. Pour la Région comme pour l’AER BFC, les similitudes entre les deux économies constituent un terrain favorable à une coopération plus poussée. Bourgogne-Franche-Comté et Wisconsin disposent en effet d’un tissu industriel important, de filières agroalimentaires reconnues, d’établissements de recherche de haut niveau et d’un intérêt commun pour les innovations dans les domaines de la santé et de l’énergie.
Le protocole signé doit désormais permettre de passer d’une série de contacts à une coopération plus structurée. Quatre domaines ont été identifiés comme prioritaires : l’agroalimentaire, l’énergie, l’industrie ainsi que les biothérapies et les sciences de la santé. L’AER BFC et la WEDC entendent notamment favoriser les mises en relation entre entreprises, organismes de recherche et investisseurs, mais aussi accompagner la naissance de projets communs dans ces différents secteurs.
Parmi ces filières, les biothérapies apparaissent déjà comme l’un des axes les plus avancés du partenariat. Les discussions engagées après la visite américaine de 2025 ont débouché sur une relation formalisée entre l’AER BFC et BioForward, organisation du Wisconsin spécialisée dans les biotechnologies et la santé. Des représentants de l’agence économique régionale ont ainsi participé au sommet annuel de BioForward en 2025 puis en 2026. Une première expérience que les responsables bourguignons-francs-comtois souhaitent désormais étendre à d’autres secteurs économiques.
Pour Jérôme Durain, ce nouveau cadre doit surtout permettre de transformer les échanges institutionnels en projets concrets. Le président de la Région estime que la Bourgogne-Franche-Comté et le Wisconsin présentent des façons de travailler et des caractéristiques suffisamment proches pour construire des partenariats durables. Il conduira d’ailleurs en octobre une délégation régionale aux États-Unis, avec des étapes prévues dans le Wisconsin et à Chicago. Les biothérapies et l’agroalimentaire devraient être au cœur de cette mission, avec la volonté affichée de faire émerger rapidement des collaborations opérationnelles.
Du côté de l’AER BFC, son président Arnaud Marthey voit dans l’accord un moyen de donner une véritable architecture aux relations amorcées ces derniers mois. La coopération engagée avec BioForward a, selon lui, démontré qu’un partenariat sectoriel pouvait rapidement prendre forme. Le protocole signé avec la WEDC doit désormais permettre d’appliquer cette logique à l’agroalimentaire, à l’énergie et à l’industrie, et ainsi d’élargir considérablement le champ des échanges économiques entre les deux territoires.
Le Wisconsin entend lui aussi faire de cette coopération un outil de développement économique. Tony Evers a insisté sur l’importance des partenariats internationaux pour soutenir la croissance des entreprises locales et renforcer la stabilité de l’économie de son État. Dans un contexte commercial international qu’il juge particulièrement incertain, le gouverneur américain présente la relation avec la Bourgogne-Franche-Comté comme un moyen de consolider les échanges économiques sur le long terme et d’offrir de nouvelles perspectives aux entreprises du Wisconsin.
La WEDC, principale organisation de développement économique de l’État américain, met également en avant le potentiel des coopérations dans les domaines de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation. Son secrétaire et directeur général, John W. Miller, souligne notamment la longue tradition du Wisconsin dans ces secteurs et considère la Bourgogne-Franche-Comté comme un partenaire naturel pour développer de nouvelles collaborations internationales.
La prochaine étape se jouera donc sur le terrain. Le déplacement de la délégation bourguignonne-franc-comtoise prévu en octobre doit permettre de poursuivre les discussions avec les acteurs économiques américains et, surtout, de donner une traduction concrète au protocole d’accord. Les biothérapies et l’agroalimentaire constitueront les deux premiers secteurs mis en avant lors de cette mission, avant une possible extension des coopérations à l’énergie et à l’industrie. Pour la Bourgogne-Franche-Comté comme pour le Wisconsin, l’enjeu sera désormais de transformer les convergences économiques identifiées ces dernières années en investissements, échanges et projets communs durables.
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