À l’occasion de la journée nationale de mobilisation de l’enseignement supérieur et de la recherche ce mardi 15 septembre, Pierre Pribetich, député socialiste de la 3e circonscription de la Côte-d’Or, a apporté son soutien aux étudiants et aux personnels universitaires. L’élu dénonce le manque de moyens accordés aux établissements et appelle le gouvernement à engager un plan d’urgence en faveur des universités et de la recherche.
« Aujourd’hui, les universités se mobilisent. Et elles ont raison, elles ont totalement raison ! » C’est par ces mots que Pierre Pribetich a réagi sur les réseaux sociaux à la mobilisation organisée ce mardi 15 septembre dans l’enseignement supérieur et la recherche. Élu de la 3e circonscription de la Côte-d’Or et membre du groupe Socialistes et apparentés à l’Assemblée nationale, le député entend ainsi relayer les inquiétudes exprimées par une partie de la communauté universitaire.
Cette journée nationale est organisée à l’appel d’une intersyndicale de l’enseignement supérieur et de la recherche, rejointe notamment par l’Union Étudiante. Les organisations demandent une augmentation des moyens accordés aux universités et aux organismes de recherche, davantage d’emplois et une amélioration des conditions de travail et d’études. L’intersyndicale dénonce notamment un « sous-financement chronique » et appelle à des actions adaptées dans les différents établissements.
« Faire toujours plus avec toujours moins »
Pour Pierre Pribetich, les difficultés rencontrées par les universités françaises ne sont pas nouvelles. Le député estime que les alertes des étudiants, enseignants-chercheurs ainsi que des personnels administratifs et techniques se multiplient depuis plusieurs années face au manque de moyens, à l’épuisement des équipes et à la dégradation des conditions d’études.
Il critique directement la politique gouvernementale, estimant que l’État ne peut pas mettre en avant « l’excellence » universitaire tout en demandant aux établissements d’assumer toujours davantage de missions avec des moyens qu’il juge insuffisants.
Le constat du sous-financement dépasse d’ailleurs le seul cadre syndical. Dans un rapport remis le 7 septembre, une commission d’enquête du Sénat considère elle aussi que l’enseignement supérieur français pâtit d’un « sous-financement objectif », tout en proposant parallèlement une réforme du fonctionnement et du financement des universités.
Ce rapport sénatorial alimente également les inquiétudes étudiantes. Parmi ses propositions figure une hausse des droits d’inscription pour les étudiants non boursiers, avec des montants évoqués de 900 euros en licence et 1 300 euros en master. Il s’agit à ce stade de recommandations parlementaires et non de mesures adoptées par le gouvernement.
Recherche, IA, climat : « un investissement décisif »
Pierre Pribetich insiste particulièrement sur la place de la recherche dans les transformations à venir. « La recherche n’est pas une variable d’ajustement », affirme-t-il, évoquant les bouleversements liés à l’intelligence artificielle, à la lutte contre le changement climatique ou encore au développement des technologies quantiques.
Pour le député côte-d’orien, réduire les moyens universitaires reviendrait donc à fragiliser la capacité de la France à répondre aux grands défis scientifiques, économiques et environnementaux des prochaines décennies.
« L’Université n’est pas une dépense à réduire », défend-il. Il la considère au contraire comme un investissement dans la jeunesse, mais également dans la souveraineté scientifique, l’économie et la démocratie.
Cette dimension scientifique trouve une résonance particulière à Dijon. L’Université Bourgogne Europe (UBE) compte plus de 400 formations et 31 structures de recherche, dont 28 laboratoires et trois unités d’appui à la recherche. Au 28 août, l’établissement enregistrait provisoirement 21 244 étudiants pour cette rentrée universitaire.
Un plan d’urgence réclamé au gouvernement
Pierre Pribetich assure partager cette position avec ses collègues socialistes à l’Assemblée nationale. Il refuse, dit-il, une politique consistant à « exiger davantage de l’université tout en lui accordant moins ».
Le député réclame ainsi un plan d’urgence pour l’enseignement supérieur et la recherche, reposant sur des financements pérennes, des recrutements correspondant aux besoins des établissements et la garantie de conditions d’études et de travail dignes pour les étudiants comme pour les personnels.
Il souhaite également une meilleure valorisation du modèle français de recherche. Pour l’élu, la question relève avant tout d’un choix politique : « Il ne manque pas d’argent. Il manque une volonté politique. » Il appelle ainsi le gouvernement à choisir entre la poursuite de ce qu’il qualifie d’« austérité » et un investissement accru dans l’enseignement supérieur.
De son côté, le gouvernement défend son bilan budgétaire. Le ministère de l’Enseignement supérieur indique que le budget 2026 a apporté 350 millions d’euros de crédits supplémentaires à son périmètre par rapport à 2025 et que la mission interministérielle Recherche et Enseignement supérieur atteint environ 31 milliards d’euros. L’exécutif estime ainsi avoir renforcé les moyens du secteur malgré un contexte de finances publiques contraint.
À Dijon, l’Université Bourgogne Europe également concernée par les débats nationaux
Si Dijon ne figure pas dans la liste des villes pour lesquelles l’Union Étudiante avait publié, le 14 septembre, un horaire et un point de rassemblement précis, les enjeux de la mobilisation nationale concernent directement la communauté universitaire dijonnaise et côte-d’orienne.
L’Université Bourgogne Europe s’est d’ailleurs elle-même positionnée ces derniers mois sur l’un des sujets au cœur de la contestation. Son conseil d’administration a adopté à l’unanimité une motion s’opposant au dispositif de droits d’inscription différenciés pour les étudiants étrangers, estimant que celui-ci porte atteinte à l’égalité d’accès à l’enseignement supérieur et à l’attractivité internationale des universités françaises.
La mobilisation universitaire intervient par ailleurs dans une journée sociale chargée à Dijon. Dans un mouvement distinct, les personnels du CHU Dijon Bourgogne sont appelés par la CGT à se rassembler à 13 heures devant le Hall A afin de réclamer eux aussi davantage de moyens, d’effectifs et de meilleures conditions de travail dans le secteur hospitalier.
Pour Pierre Pribetich, l’enjeu universitaire dépasse cependant la seule journée de mobilisation du 15 septembre. Sa conclusion se veut sans ambiguïté : « Abandonner l’université, la recherche, l’innovation, c’est renoncer à l’avenir. La défendre, c’est préparer le monde de demain. »
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