À moins de deux semaines des élections sénatoriales du 27 septembre, Didier Maingault entre officiellement dans la bataille. Le maire de Brétigny, devenu sénateur de Côte-d’Or le 25 août dernier, conduira la liste « Territoires et Liberté », un nom déjà utilisé par François Patriat lors du scrutin de 2020. Autour de lui figurent Annouck Cotillot, Christian Poulleau, Nathalie Faure-Gavoille et Grégory Patriat, fils de l’ancien sénateur. Une équipe qui revendique ouvertement la continuité de l’action de François Patriat et met en avant trois valeurs : proximité, sincérité et loyauté.
« Pourquoi avoir décidé d’y aller ? »
Dijon Actualités : Didier Maingault, votre candidature était évoquée depuis plusieurs jours. Pourquoi avez-vous finalement décidé de conduire une liste aux élections sénatoriales ?
Didier Maingault : Après mûre réflexion, nous avons décidé de déposer une liste pour poursuivre la façon de faire de la politique de François Patriat : simplicité, ouverture aux autres, pragmatisme. Au-delà de la façon de faire de la politique, nous pensons collectivement que nous proposons une alternative, au-delà des clans, avec une volonté d’être utiles aux élus locaux : utiles pour les accompagner dans leurs projets, pour simplifier leurs démarches, pour libérer les initiatives.
Votre liste porte exactement le même nom, « Territoires et Liberté », que celle conduite par François Patriat en 2020. Pourquoi avoir choisi de conserver ce nom ?
Didier Maingault : Nous nous inscrivons dans la continuité de François Patriat en revendiquant son profond attachement aux territoires, aux élus qui les font vivre et à la liberté de pensée et d’action. Une politique transpartisane, pragmatique qui permet de nous ancrer profondément dans le réel et de fédérer les forces vives au service de la Côte d’Or.
Vous évoquez la volonté de « reprendre le flambeau » de François Patriat. Jusqu’où souhaitez-vous vous inscrire dans sa continuité politique ?
Didier Maingault : Nous souhaitons reprendre le flambeau dans sa façon de faire de la politique autour de trois valeurs fortes : Proximité, Sincérité et Loyauté. En renonçant à se présenter pour un quatrième mandat, François Patriat souhaitait précisément que son action perdure, portée par une équipe rajeunie.
Justement, comment comptez-vous éviter que votre liste soit perçue uniquement comme la liste des héritiers de François Patriat ? Quel est le projet propre de Didier Maingault ?
Didier Maingault : Ce projet n’est pas celui d’un seul homme, mais celui d’un collectif de compagnons de route de François Patriat. Ce dernier a travaillé pendant cinq décennies pour la Côte d’Or. En tant qu’héritiers naturels et légitimes, nous revendiquons son héritage dans sa façon de faire de la politique. Il ne s’agit pas simplement de conserver, mais de poursuivre le travail, en respectant les valeurs qui l’inspiraient : la Proximité comme chemin, la Sincérité pour guide et la Loyauté comme principe. Dans cet esprit, nous avons défini cinq priorités : l’accès aux soins, l’école, la collaboration entre les territoires, le rayonnement de la Côte d’Or au travers notamment de l’excellence agricole, les valeurs de la République.
Une succession politique particulière
Vous êtes devenu sénateur le 25 août, quelques jours seulement après le décès de François Patriat. Vous sollicitez désormais directement la confiance des grands électeurs. Est-ce important pour vous d’obtenir cette légitimité par les urnes ?
Didier Maingault : Je suis devenu sénateur parce que j’étais numéro 3 sur la liste conduite en 2020 par François Patriat et qu’Annouck Cotillot a démissionné. Ce que nous demandons aujourd’hui aux grandes électrices et aux grands électeurs, c’est de confirmer leur confiance dans les valeurs et la méthode qui ont guidé l’action de François Patriat tout au long de sa vie politique.
Annouck Cotillot avait elle-même brièvement siégé au Sénat avant de démissionner. Elle occupe aujourd’hui la deuxième place de votre liste. Comment s’est effectué ce choix et pourquoi est-elle, selon vous, la bonne candidate pour vous accompagner ?
Didier Maingault : Plus qu’une liste, nous avons construit une équipe. Annouck Cotillot connaît parfaitement le fonctionnement du Sénat, les interlocuteurs et les processus de décision. Elle connait les maires et ils la connaissent. Ils savent sa bienveillance à leur égard et sa disponibilité. Nous formons un binôme indissociable. Sa présence est une évidence, par rapport à ce nous souhaitons incarner collectivement : une nouvelle génération qui s’inscrit dans la continuité, au service des élus et des territoires qu’ils incarnent. Et autour de nous, nous avons constitué une véritable équipe qui partage les mêmes valeurs et est riche de sa diversité.
La présence de Grégory Patriat, fils de François Patriat, en cinquième position est évidemment symbolique. Est-ce avant tout un hommage ou faut-il également y voir la volonté de faire perdurer un courant politique Patriat en Côte-d’Or ?
Didier Maingault : La présence de Grégory Patriat est plus que symbolique : depuis 30 ans, il met son talent et son énergie au service du patrimoine oenologique bourguignon, pour la vitalité, l’excellence et le rayonnement de nos territoires. Qu’il entre en politique à cette occasion, particulièrement douloureuse pour lui, nous encourage dans notre démarche de rajeunissement dans la continuité. Nous lui en sommes très reconnaissants.
Quelle ligne politique ?
Vous siégez actuellement au groupe RDPI au Sénat. Faut-il considérer « Territoires et Liberté » comme une liste de la majorité présidentielle ou revendiquez-vous une totale indépendance ?
Didier Maingault : Comme vous le savez, François Patriat était Président du groupe « Rassemblement des Démocrates Progressistes et Indépendants » (RDPI). Vous l’avez compris, il s’agit pour nous d’assurer sa succession. Et comme vous le savez également, François Patriat était très proche du Président de la République.
Sur un échiquier politique côte-d’orien déjà très encombré, où situez-vous exactement votre liste : au centre, au centre gauche, dans le camp présidentiel, ou ailleurs ?
Didier Maingault : Notre liste a été enregistrée sous l’étiquette « Divers Centre ». L’esprit Côte d’or qui nous inspire nous amène à travailler dans une perspective de large ouverture.
François Rebsamen conduit lui aussi une liste pour ces sénatoriales. Vos électorats et vos réseaux d’élus peuvent se croiser. Craignez-vous une dispersion des voix au centre et au centre gauche ?
Didier Maingault : Au contraire. Avant que notre liste soit déposée, il y avait un espace politique vide laissant des électeurs orphelins. Entre la liste de François Rebsamen, curieusement très marquée à gauche, et celle conduite par Anne-Catherine Loisier, clairement à droite, il manquait une liste incarnant le pragmatisme ancré dans la tradition politique côte d’orienne.
François Rebsamen est-il pour vous un concurrent direct dans cette élection ?
Didier Maingault : Il y a 6 listes qui briguent 3 sièges. Elles sont donc toutes en compétition, que nous souhaitons respectueuse des traditions républicaines.
Plus largement, qu’est-ce qui distingue « Territoires et Liberté » des cinq autres listes présentées aux grands électeurs ?
Didier Maingault : « Territoires et liberté » est une équipe jeune, qui souhaite faire de la politique autrement, sans posture partisane, avec bienveillance et en organisant un échange régulier et constructif avec les élus, sous une forme originale. C’est aussi une équipe, qui ne cherche pas à faire carrière mais à être utile. Rassembler plutôt que diviser, engager plutôt que décourager.
« Que ferez-vous concrètement pour les maires ? »
Didier Maingault : Les maires sont évidemment un maillon essentiel de la démocratie et de l’action publique. Leur parole est indispensable, leur expérience précieuse pour co-élaborer le travail législatif. Nous proposerons d’organiser, sous une forme originale, des rencontres régulières destinées à nourrir les débats sur les textes en discussion au Parlement. Nous souhaitons ainsi incarner, par des échanges nourris et respectueux, notre rôle de relais entre la réalité locale et l’action nationale. Particulièrement, nous nous attacherons à simplifier les démarches pour faciliter l’action des maires, en améliorant l’interaction avec les services de l’Etat lorsque cela est nécessaire, en encourageant et facilitant les initiatives locales et les expérimentations pour qu’elles deviennent des solutions et en mobilisant les fonctions régaliennes face aux violences et aux incivilités croissantes.
Vous insistez sur la proximité avec les élus locaux. Lorsque vous rencontrez aujourd’hui les maires de Côte-d’Or, quelle est la première préoccupation qu’ils vous font remonter ?
Didier Maingault : Leur première préoccupation est d’avoir les moyens d’exercer leur mandat et d’être écouté, afin que leur rôle primordial pour nos territoires soit reconnu à sa juste valeur.
Finances locales, normes, déserts médicaux, mobilités, école, accès aux services publics : sur quel dossier estimez-vous que le Sénat doit aujourd’hui agir en priorité pour les communes rurales ?
Didier Maingault : Les six thèmes cités sont tous importants et prioritaires. Faire un choix pour l’un conduirait à renoncer aux autres et nous ne souhaitons pas renoncer.
Les maires dénoncent régulièrement l’accumulation des normes et la perte de leur marge de manoeuvre. Quelle mesure précise défendriez-vous pour redonner davantage de liberté aux communes ?
Didier Maingault : La première mesure est de repositionner les maires au centre du dispositif politique. Ils constituent les pièces maitresses de l’échiquier. Sans leur engagement, sans leur dévouement, impossible d’assurer un équilibre global et de créer du lien social indispensable pour maintenir la cohésion du pays. Et cela passe par une vraie écoute de l’ensemble des services de l’Etat qui les entourent.
La Côte-d’Or présente des réalités très différentes entre Dijon Métropole, les villes moyennes et les communes rurales. Comment éviter que le poids démographique de la métropole ne se fasse au détriment du reste du département ?
Didier Maingault : Nous ne souhaitons pas opposer l’urbain et le rural. Les deux sont indispensables au développement de la Côte d’Or. Nous croyons en une ruralité forte et en une métropole rayonnante. Nous croyons également à des communes autour de la métropole comme pôles d’attractivité autour de leurs atouts respectifs. En revanche, fidèles à François Patriat, nous serons vigilants s’il s’avérait que les appétits métropolitains deviennent prédateurs.
Vous êtes vous-même maire de Brétigny. Qu’est-ce que cette expérience de maire change dans votre manière d’envisager le mandat de sénateur ?
Didier Maingault : Le mandat de maire permet d’être pleinement ancré dans le réel, proche des gens et de leurs problèmes. Il permet aussi d’agir pour améliorer le quotidien de nos concitoyens. Un sénateur doit être utile aux maires, c’est l’une de ses raisons d’être. Nous envisageons de rester au sein de nos conseils municipaux respectifs pour conserver cet ancrage indispensable, pour ne pas devenir un sénateur hors-sol.
Et après le 27 septembre ?
Didier Maingault : C’est l’automne !
Trois sièges sont à pourvoir. Quel résultat considérez-vous comme un succès pour votre liste : obtenir un élu, deux élus ?
Didier Maingault : Nous sommes là pour gagner : la réponse est dans la main des grands électeurs.
Avez-vous fixé un objectif chiffré en nombre de voix ou de grands électeurs ?
Didier Maingault : Laissons aux apothicaires le soin de ces petits calculs. Cette élection se déroule au scrutin proportionnel à la plus forte moyenne. Ce qui compte, donc, ce n’est pas un résultat absolu mais la répartition des suffrages entre les listes.
Si vous êtes élu pour un mandat complet, quel serait le premier dossier spécifiquement côte-d’orien que vous souhaiteriez porter au Sénat ?
Didier Maingault : L’agriculture, qui est un enjeu majeur pour nos territoires. Donner aux agriculteurs la reconnaissance qu’ils méritent et les accompagner dans la nécessaire transformation face aux enjeux environnementaux et le dérèglement climatique.
Et enfin, en une phrase : pourquoi un grand électeur de Côte-d’Or devrait-il voter pour « Territoires et Liberté » le 27 septembre ?
Didier Maingault : Voter « Territoires et Liberté » c’est faire le choix d’une action utile et concrète, menée par une équipe de terrain qui saura construire des instruments nouveaux de dialogue.
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