Alors que la campagne 2026 de prévention de la bronchiolite a débuté à la mi-septembre, l’Agence régionale de santé Bourgogne-Franche-Comté et le CHU Dijon Bourgogne rappellent l’importance d’agir avant la période épidémique. Vaccination pendant la grossesse, immunisation du nouveau-né et gestes barrières constituent désormais les principaux leviers pour réduire les formes graves de cette infection respiratoire qui touche chaque hiver près d’un nourrisson sur trois.
La bronchiolite revient chaque année avec l’hiver, mais les moyens de prévention se sont considérablement renforcés ces dernières années. Ce jeudi 1er octobre, Mathilde Marmier, directrice générale de l’Agence régionale de santé Bourgogne-Franche-Comté, s’est rendue auprès des équipes de la maternité et de l’hôpital d’enfants du CHU de Dijon pour rappeler les dispositifs désormais proposés aux familles.
La campagne 2026 de prévention a commencé à la mi-septembre et doit se poursuivre jusqu’au 27 février 2027. Son objectif est clair : protéger les nourrissons avant la période de circulation la plus importante du virus respiratoire syncytial, le VRS, principal responsable de la bronchiolite.
Près de 480 000 nourrissons concernés chaque année
La bronchiolite reste loin d’être une infection marginale. Selon les données rappelées dans le communiqué de l’ARS et du CHU Dijon Bourgogne, elle touche près de 30 % des nourrissons chaque hiver, soit environ 480 000 cas par an en France.
Chez les tout-petits, les infections à VRS représentent en outre la première cause d’hospitalisation pour infection respiratoire aiguë.
Si la maladie reste le plus souvent bénigne, elle peut provoquer des difficultés respiratoires importantes chez les nourrissons, particulièrement au cours des premiers mois de vie. C’est précisément cette vulnérabilité qui conduit les autorités sanitaires à insister sur une prévention en amont.
Deux solutions médicales désormais proposées
Les futurs parents disposent aujourd’hui de deux stratégies de prévention prises en charge par l’Assurance maladie. La première repose sur la vaccination maternelle, réalisée au cours du huitième mois de grossesse. Disponible depuis 2024, elle vise à transmettre au bébé des anticorps avant la naissance.
La seconde consiste à administrer directement au nouveau-né un anticorps monoclonal, une possibilité disponible depuis 2023. Cette immunisation peut être réalisée en maternité ou auprès de professionnels de santé en ville.
Le dispositif ne concerne pas uniquement les bébés nés au cœur de la campagne hivernale. L’administration des anticorps peut également être proposée aux nourrissons nés avant le début de la campagne lorsqu’ils s’apprêtent à vivre leur première saison de circulation du VRS.
Elle est aussi recommandée, dans certaines situations, pour les enfants de moins de 24 mois qui abordent une deuxième saison épidémique tout en restant particulièrement vulnérables aux formes sévères de l’infection.
La vaccination des femmes enceintes progresse fortement dans la région
En Bourgogne-Franche-Comté, les autorités sanitaires observent une progression nette de la vaccination contre le VRS chez les femmes enceintes.
Entre les campagnes 2024-2025 et 2025-2026, la couverture vaccinale chez les femmes éligibles est passée d’un peu moins de 27 % à plus de 53 % dans la région. Pour l’ARS, cette hausse traduit une appropriation rapide de cette nouvelle possibilité de prévention.
Cette évolution est d’autant plus surveillée que la saison épidémique précédente a été relativement peu intense.
Pour 2025-2026, l’épidémie de bronchiolite en France hexagonale est restée d’une intensité faible, comparable à la saison précédente. Santé publique France estime que cette moindre intensité, particulièrement chez les enfants de moins de six mois, pourrait notamment être liée au développement des campagnes d’immunisation contre le VRS.
Il reste toutefois une marge de progression importante. Malgré l’existence de ces deux solutions, 15 à 20 % des nourrissons ne bénéficient encore d’aucune prévention, alors même qu’ils pourraient être protégés.
Les gestes barrières restent indispensables
L’ARS et le CHU insistent néanmoins sur un point : vaccination ou immunisation ne remplacent pas les gestes de prévention du quotidien.
Les gestes barrières restent considérés comme la première ligne de protection des très jeunes enfants, même lorsqu’ils ont bénéficié d’une prévention médicale. Les recommandations sont simples : lavage régulier des mains, aération fréquente des pièces, port du masque en cas de symptômes respiratoires et limitation des contacts entre les nourrissons et les personnes malades.
Les autorités recommandent également d’éviter autant que possible les lieux très fréquentés et confinés avec les très jeunes bébés, de ne pas partager biberons, sucettes ou couverts et de ne pas fumer à proximité des enfants.
Le visuel de prévention présenté en deuxième page du communiqué résume cette stratégie autour d’un message simple : « La bronchiolite, je l’évite », en associant gestes barrières et solutions de prévention médicale.
Protéger avant que l’épidémie ne s’installe
La campagne lancée cet automne repose donc sur une logique d’anticipation. En intervenant pendant la grossesse ou dès les premières semaines de vie, les autorités sanitaires cherchent à protéger les nourrissons au moment où ils sont les plus fragiles et avant que la circulation hivernale du VRS ne s’intensifie.
La visite de Mathilde Marmier au CHU Dijon Bourgogne marque aussi la volonté de l’ARS de rappeler le rôle central des maternités et des professionnels de santé dans l’information des familles. Ces derniers doivent pouvoir présenter aux parents les différentes options disponibles et les accompagner dans leur choix.
À l’approche de l’hiver, le message porté conjointement par l’Agence régionale de santé Bourgogne-Franche-Comté et le CHU Dijon Bourgogne tient finalement en quelques mots : la bronchiolite ne peut pas être totalement évitée, mais ses formes graves peuvent désormais être beaucoup mieux prévenues.
Et avec près d’un nourrisson sur trois concerné chaque hiver, l’enjeu dépasse largement la seule sphère familiale : il concerne également l’activité des services pédiatriques et hospitaliers durant toute la saison hivernale.
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