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Dans un communiqué publié le 9 octobre 2026, Reporters sans frontières (RSF) dénonce une série d’agressions et d’intimidations visant des journalistes couvrant les mobilisations lycéennes et étudiantes en France. L’organisation recense au moins douze journalistes victimes de violences ou de menaces, parmi lesquels un membre de la rédaction de Dijon Actualités. À Dijon, notre journaliste a été menacé avec un couteau devant le lycée Le Castel, avant d’être victime d’une nouvelle agression quelques jours plus tard. Deux plaintes ont été déposées.

La liberté d’informer est une nouvelle fois mise à l’épreuve. Alors que plusieurs mobilisations lycéennes et étudiantes se déroulent en France depuis le 21 septembre, Reporters sans frontières tire la sonnette d’alarme face à la multiplication des violences visant les professionnels de l’information.

Dans sa publication du 9 octobre, l’organisation internationale de défense de la liberté de la presse condamne fermement ces agissements et demande que leurs auteurs soient identifiés et répondent de leurs actes.

Au total, RSF fait état d’au moins douze journalistes agressés ou intimidés dans plusieurs villes françaises, notamment à Saint-Denis, Lille, Marseille, Montpellier, Paris et Dijon. Selon son recensement, six ont été pris pour cible par des manifestants ou des tiers, tandis que six autres ont subi des violences ou des intimidations de la part de membres des forces de l’ordre.

À Dijon, notre journaliste victime de deux agressions

Parmi les situations dénoncées par Reporters sans frontières figure celle d’un journaliste de notre rédaction, Dijon Actualités, pris pour cible à deux reprises alors qu’il exerçait son métier.

Le 30 septembre, tandis qu’il couvrait une mobilisation devant le lycée Le Castel, à Dijon, notre journaliste, pourtant clairement identifiable comme professionnel de la presse, a été approché par un jeune homme muni d’un couteau. Ce dernier lui a intimé de cesser de filmer.

Une menace particulièrement préoccupante, survenue dans le cadre d’un reportage consacré à un mouvement lycéen, alors que notre journaliste était simplement présent pour documenter les événements et informer les habitants.

Mais les intimidations ne se sont pas arrêtées là.

Le 8 octobre, ce même journaliste a été victime d’une nouvelle agression, frappé dans le dos par un individu.

Deux plaintes ont été déposées à la suite de ces faits, comme le précise Reporters sans frontières dans son communiqué.

En mentionnant explicitement Dijon Actualités dans son recensement national, RSF met en lumière les violences auxquelles peuvent également être confrontés les journalistes des médias locaux, directement sur le terrain, au contact des événements qu’ils couvrent.

Reporters sans frontières condamne fermement ces agressions

Pour RSF, ces actes ne peuvent être considérés comme de simples incidents survenus en marge de manifestations. Ils constituent des atteintes à la liberté de la presse et au droit du public à recevoir une information indépendante.

L’organisation rappelle que les journalistes doivent pouvoir exercer leur mission sans être menacés, frappés ou empêchés de travailler, quelles que soient les tensions entourant les rassemblements.

Laure Chauvel, responsable du bureau France de Reporters sans frontières, souligne notamment la gravité des violences physiques, des menaces et des destructions de matériel visant les professionnels de l’information.

RSF appelle les autorités à garantir leur protection, mais également à identifier les responsables de ces violences afin qu’ils puissent répondre de leurs actes.

L’organisation insiste aussi sur la nécessité de combattre l’hostilité croissante envers les médias et de rappeler leur rôle fondamental dans le fonctionnement démocratique.

Des violences qui touchent l’ensemble de la profession

Les faits survenus à Dijon s’inscrivent dans une succession d’incidents signalés dans plusieurs villes françaises. À Saint-Denis, deux journalistes de BFMTV ont été pris à partie lors d’une mobilisation devant le lycée Paul-Éluard, le 29 septembre. Le même jour, à Lille, deux professionnels travaillant pour LCI ont également été agressés par des manifestants.

À Marseille, un correspondant de M6 a été frappé alors qu’il couvrait un blocage lycéen. Son matériel a été endommagé et il a été blessé au front.

D’autres journalistes ont, selon RSF, subi des violences attribuées à des membres des forces de l’ordre, notamment à Lyon, Fréjus, Montpellier et Paris.

Ces différents événements soulèvent une même question : comment garantir aux journalistes la possibilité de couvrir les mouvements sociaux lorsque leur présence sur le terrain les expose à des menaces, des intimidations ou des violences physiques ?

Informer ne doit jamais devenir un risque accepté

À Dijon Actualités, la couverture des mobilisations, des manifestations et des événements locaux fait partie intégrante de notre mission d’information.

Être présent sur le terrain, recueillir des témoignages, filmer les événements et rendre compte des faits permet aux citoyens de comprendre ce qui se déroule dans leur ville.

Aucune divergence d’opinion, aucune tension liée à une manifestation et aucun désaccord avec un traitement journalistique ne peuvent justifier qu’un professionnel de l’information soit menacé avec une arme ou physiquement agressé.

Les journalistes des médias locaux occupent une place essentielle dans l’information de proximité. Leur travail contribue à documenter des événements qui, sans leur présence, pourraient rester peu visibles.

Les agressions dénoncées par Reporters sans frontières rappellent que la protection de la liberté de la presse ne concerne pas uniquement les grandes rédactions nationales. Elle doit également s’appliquer à tous les journalistes qui couvrent quotidiennement l’actualité dans les territoires.

Un appel à protéger les journalistes et à faire respecter la liberté de la presse

En dénonçant publiquement ces douze situations, dont celle de notre journaliste à Dijon, Reporters sans frontières entend rappeler un principe fondamental : la liberté de la presse ne peut être garantie si les professionnels chargés d’informer sont exposés à des violences dans l’exercice de leurs fonctions.

L’organisation demande une réponse des autorités et souligne la nécessité d’un travail de fond pour lutter contre les comportements hostiles envers les journalistes.

Pour Dijon Actualités, les deux agressions subies par notre journaliste illustrent concrètement ces difficultés.

Menacer un journaliste pour l’empêcher de filmer, ou le frapper alors qu’il exerce son métier, ne constitue pas seulement une attaque contre un professionnel : c’est également une atteinte au droit des citoyens à être informés.

La liberté d’informer, comme celle de manifester, constitue un droit fondamental dans une société démocratique. L’une ne doit jamais s’exercer au détriment de l’autre.


Lire le communiqué original de RSF : Reporters sans frontières – France : au moins douze journalistes agressés lors des mobilisations étudiantes et lycéennes

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