Ce lundi 12 octobre, plusieurs bâtiments du campus de Dijon ont de nouveau été bloqués par des étudiants, empêchant la reprise normale des enseignements. Malgré la fin de la fermeture administrative annoncée par la présidence de l’Université Bourgogne Europe, l’accès à certains locaux est resté impossible. Une rencontre entre la direction et les représentants étudiants a permis d’engager des discussions pour tenter de sortir de cette situation.
Dès les premières heures de la matinée, quelques dizaines d’étudiants ont installé des blocages devant plusieurs bâtiments universitaires, notamment Droit-Lettres, Gabriel, le pôle AAFE, Chabot-Charny et l’IUT. Ces actions ont empêché de nombreux étudiants et personnels de rejoindre leurs salles de cours ou leurs bureaux. Les dispositifs de filtrage prévus par l’université n’ont pas pu fonctionner comme prévu, perturbant ainsi la reprise des activités sur le campus.
Dans un message adressé lundi soir à la communauté universitaire, Vincent Thomas, président de l’Université Bourgogne Europe, a reconnu les difficultés rencontrées. Il affirme avoir reçu plusieurs témoignages d’étudiants et de personnels déçus de ne pas avoir pu accéder aux bâtiments, malgré l’annonce d’un retour à la normale.
En début d’après-midi, le président de l’université, accompagné de trois membres de la gouvernance, a reçu des représentants des organisations syndicales et des associations étudiantes. Cette réunion avait pour objectif de trouver une solution permettant la levée des blocages et la reprise des enseignements, tout en maintenant un espace de dialogue avec les étudiants mobilisés.
Plusieurs dispositions ont été évoquées à l’issue de cet échange. En contrepartie de la levée des blocages, l’université s’est engagée à mettre un local à disposition des étudiants afin qu’ils puissent organiser des réunions et des assemblées générales. Cette possibilité sera toutefois soumise à la désignation d’une personne référente et aucune occupation nocturne ne sera autorisée.
Concernant la journée de mobilisation nationale prévue ce mardi 13 octobre, la présidence a également annoncé la levée de l’obligation d’assiduité pour les travaux dirigés (TD) et les travaux pratiques (TP). La question des cours à distance et du télétravail a aussi été abordée. Vincent Thomas a rappelé que ces dispositifs ne pouvaient pas être imposés systématiquement, réaffirmant la liberté pédagogique des enseignants et le libre choix des étudiants et des personnels concernés.
La précarité numérique a également été évoquée lors des discussions. L’université rappelle qu’elle propose aux étudiants qui en ont besoin des ordinateurs et des clés 5G, dans le cadre d’un dispositif renouvelé chaque année.
Malgré les perturbations de lundi, Vincent Thomas maintient la fin de la fermeture administrative du campus dijonnais. La journée du mardi 13 octobre doit donc se dérouler dans des conditions normales, avec le maintien d’un dispositif de surveillance et de filtrage à l’entrée des bâtiments pour prévenir d’éventuels nouveaux blocages.
La présidence invite enfin les étudiants à se rapprocher de leur scolarité pour connaître les modalités précises de leurs enseignements. Reste désormais à savoir si les engagements pris lors des discussions permettront un retour effectif des cours en présentiel sur l’ensemble du campus.
Retrouvez ci-dessous l’intégralité du message adressé à la communauté universitaire par Vincent Thomas, président de l’Université Bourgogne Europe, dans la soirée du lundi 12 octobre 2026, afin de faire le point sur la situation du campus dijonnais :
Chères étudiantes, chers étudiants,
Chères et chers collègues,
Dans mon message de vendredi dernier, je vous annonçais la reprise d’une activité normale dans l’ensemble des bâtiments du campus de Dijon à compter de ce lundi.
Dès les premières heures de la matinée, quelques dizaines d’étudiants ont installé des blocages aux entrées de plusieurs bâtiments : Droit-Lettres, Gabriel, pôle AAFE, Chabot-Charny et IUT.
Ces blocages ont entraîné, pour nombre d’entre vous, l’impossibilité d’entrer dans les locaux concernés. Les dispositifs de filtrage prévus n’ont pu fonctionner, et la reprise des enseignements ne s’y est donc pas déroulée comme nous le souhaitions. Je mesure votre déception de n’avoir pu regagner vos bureaux ou assister à vos cours, certains d’entre vous me l’ont exprimé par courriels ou de vive voix.
En début d’après-midi, j’ai reçu, avec trois autres membres de la gouvernance, des représentants des organisations syndicales et des associations étudiantes. Cet échange, conduit dans un esprit de dialogue, visait à rechercher ensemble les conditions d’un retour à un fonctionnement normal, dans le respect de chacune et de chacun.
En voici les principaux points :
- En contrepartie de la levée des blocages, un local sera mis à la disposition des étudiants pour qu’ils puissent se réunir, notamment en assemblée générale, sous réserve de la désignation d’une personne référente garante du respect des règles de fonctionnement et des locaux. Aucune occupation nocturne ne sera admise.
- En raison de la journée de mobilisation nationale de demain, mardi 13 octobre, l’assiduité est à nouveau levée pour les travaux dirigés et les travaux pratiques.
- Le sujet du télétravail et des enseignements à distance a été évoqué et il a été rappelé que ces modalités ne sauraient s’appliquer de manière systématique : la liberté pédagogique des enseignants est réaffirmée, et aucun agent ni aucun étudiant ne peut être contraint d’y recourir contre son gré.
- Sur la précarité numérique, il a été souligné que l’université mettait à la disposition des étudiants qui en ont besoin des ordinateurs et des clés 5G. Ce dispositif, renouvelé à chaque rentrée, demeure ouvert à toutes celles et ceux qui en feraient la demande.
Je réaffirme que la fermeture administrative du campus de Dijon a pris fin. La journée de demain sera donc une journée de fonctionnement normal, assortie, comme ce matin, d’un dispositif de veille et de filtrage destiné à prévenir d’éventuelles difficultés d’accès aux bâtiments.
Enfin, vous savez toutes et tous que le campus Montmuzard réunit 16 composantes, un IUT, une école d’ingénieurs et l’INSPE, ce qui induit des situations très diverses selon les formations. Pour toute question relative à un cours ou à une modalité d’enseignement, je vous invite à vous rapprocher de votre scolarité, qui vous apportera la réponse adaptée.
Je vous prie de croire, chères étudiantes, chers étudiants, chères et chers collègues, à l’assurance de ma considération distinguée.
Vincent THOMAS
Président de l’Université Bourgogne Europe
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