Après plusieurs semaines de contestation dans les établissements scolaires, les lycéens et étudiants de Côte-d’Or sont appelés à se rassembler ce mardi 13 octobre 2026, à 14 heures, devant le rectorat de Dijon. Soutenus par les organisations syndicales de l’Éducation nationale, ils réclament davantage de moyens pour l’école publique, de meilleures conditions d’apprentissage et la fin de ce qu’ils dénoncent comme une répression disproportionnée de leur mouvement. Une manifestation doit ensuite rejoindre la place Wilson.
La mobilisation lycéenne ne faiblit pas à Dijon. Ce mardi 13 octobre, élèves, étudiants, enseignants et personnels de l’Éducation nationale sont invités à se retrouver dès 14 heures devant le rectorat, situé rue du Général-Delaborde, avant de défiler en direction de la place Wilson. Un nouveau rendez-vous qui s’inscrit dans un mouvement de contestation engagé à la fin du mois de septembre dans plusieurs lycées de Côte-d’Or, sur fond de colère grandissante contre la dégradation des conditions d’enseignement.
Le rassemblement est notamment soutenu par une intersyndicale réunissant la CGT Éduc’action, la FNEC FP-FO, SUD Éducation, la FSU, la CFDT et l’UNSA. Ces organisations appellent également les personnels à la grève ce mardi, avec une assemblée générale prévue à 10 heures à la Bourse du travail de Dijon.
Des classes surchargées, des enseignants absents et des établissements dégradés
Au cœur de cette mobilisation, les lycéens dénoncent des conditions d’études qu’ils jugent de plus en plus difficiles. Manque de professeurs, absences non remplacées, classes surchargées, bâtiments vieillissants ou encore journées de cours trop longues : les revendications concernent directement leur quotidien.
Lors de la précédente manifestation dijonnaise du 6 octobre, une représentante lycéenne avait réclamé davantage de moyens pour l’Éducation nationale, mais aussi une répartition plus équitable des ressources entre les établissements des villes, des campagnes et des quartiers populaires.
Les élèves demandent notamment le remplacement systématique des enseignants absents, une réduction des effectifs dans les classes et des emplois du temps mieux adaptés à leurs besoins. Ils dénoncent également les températures parfois très élevées dans certaines salles de cours, ainsi que des journées pouvant s’étendre de 8 heures à 18 heures.
Au-delà des difficultés matérielles, c’est aussi la question des inégalités scolaires qui revient régulièrement dans les prises de parole. Pour les manifestants, les chances de réussite ne devraient pas dépendre du lieu de résidence, de l’établissement fréquenté ou de l’origine sociale des élèves.
Parcoursup, symbole des inquiétudes pour l’avenir
Autre sujet majeur de mécontentement : Parcoursup. La plateforme d’accès à l’enseignement supérieur cristallise les critiques d’une partie de la jeunesse, qui dénonce un système de sélection jugé opaque, stressant et socialement inégalitaire.
Les organisations syndicales soutenant le mouvement vont jusqu’à demander son abrogation. Elles dénoncent un accès à l’enseignement supérieur qui, selon elles, ne garantit pas les mêmes perspectives à tous les bacheliers.
Cette inquiétude dépasse la seule question de l’orientation. Elle traduit une crainte plus profonde : celle de voir les possibilités d’études et d’insertion professionnelle se réduire, alors même que les jeunes sont encouragés à poursuivre leur formation.
Une mobilisation déjà importante le 6 octobre
La manifestation de ce mardi intervient une semaine après un précédent temps fort de la contestation dijonnaise. Le 6 octobre, plusieurs milliers de personnes avaient déjà participé au rassemblement devant le rectorat et au défilé qui avait suivi. L’intersyndicale avance le chiffre de 3 000 manifestants, en majorité des jeunes.
Cette journée avait permis de réunir dans un même mouvement lycéens, étudiants et personnels de l’Éducation nationale. Si des dégradations ont été signalées par la préfecture lors d’un cortège non déclaré ayant précédé le rassemblement officiel, les syndicats soulignent le déroulement calme de la manifestation organisée au départ du rectorat.
Une réponse politique et des moyens supplémentaires attendus
À travers cette nouvelle journée de mobilisation, les organisations syndicales entendent maintenir la pression sur les autorités académiques et le gouvernement.
Les revendications des élèves rejoignent celles des personnels, notamment sur le manque de moyens humains, les suppressions de postes et les restrictions budgétaires. Les syndicats réclament des investissements supplémentaires dans le service public d’éducation et une véritable prise en compte des difficultés rencontrées dans les établissements.
À l’échelle nationale, le gouvernement a évoqué des mesures concernant le remplacement des enseignants et l’organisation des emplois du temps, mais ces annonces n’ont pas suffi à mettre fin à la contestation.
À Dijon, la journée du 13 octobre constitue donc un nouveau test pour un mouvement qui cherche à s’inscrire dans la durée. Au-delà du nombre de participants, les manifestants veulent surtout obtenir des engagements concrets sur leurs conditions d’études, leur sécurité et leur avenir.
En se rassemblant devant le rectorat, les lycéens entendent rappeler que leurs revendications ne portent pas seulement sur le fonctionnement quotidien de leurs établissements, mais plus largement sur la place accordée à la jeunesse et à l’éducation dans les priorités publiques.
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