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Le samedi 28 novembre 2026, à 21 h 15, le Darcy Comédie de Dijon accueille « Les ouvriers n’existent plus », une pièce écrite et mise en scène par Vincenzo Cirillo. Entre satire sociale, humour mordant et rêves de révolution, cette comédie à l’italienne plonge les spectateurs dans le Turin ouvrier de la fin des années 1960, une époque de profondes mutations politiques et sociales.

À la fin des années 1960, l’Italie bouillonne. Les mouvements étudiants se multiplient, les revendications ouvrières prennent de l’ampleur et les aspirations à une société plus juste traversent le pays. C’est dans ce contexte particulièrement agité que Vincenzo Cirillo situe l’action de sa pièce « Gli operai non ci sono più », traduite en français par « Les ouvriers n’existent plus », présentée dans une nouvelle version au Darcy Comédie de Dijon.

L’histoire suit quatre ouvriers originaires du sud de l’Italie, partis chercher du travail dans les usines Fiat de Turin. Habitués aux traditions rurales de leur région natale, ils découvrent une ville industrielle immense, dominée par les gratte-ciel, les embouteillages et un mode de vie qui leur paraît étranger. Entre désillusion et espoir, ces travailleurs déracinés tentent de trouver leur place dans un monde en pleine transformation.

Mais un jour de repos pourrait bien bouleverser leur quotidien. Les quatre amis décident de faire la révolution, à leur manière. Les deux femmes aspirent à davantage de liberté et rêvent d’émancipation, tandis que les deux hommes restent attachés aux valeurs et aux traditions de leur campagne méridionale. De ces visions parfois contradictoires naissent des situations cocasses, des affrontements d’idées et des dialogues où l’humour devient une arme pour interroger la société.

Une satire sociale qui résonne encore aujourd’hui

Avec cette création, Vincenzo Cirillo s’inscrit dans la grande tradition de la comédie italienne, capable de faire rire tout en abordant des sujets profondément politiques. Derrière les gesticulations, les disputes et les rêves parfois extravagants de ses personnages, la pièce questionne le monde du travail, les inégalités sociales, les rapports de pouvoir et les contradictions des mouvements révolutionnaires.

Personne n’échappe à cette satire : patrons, dirigeants politiques, syndicats, briseurs de grève, opportunistes et autres figures du monde ouvrier sont tour à tour épinglés. La pièce ne se contente pas de porter un regard nostalgique sur les luttes sociales du passé. Elle invite également à réfléchir aux transformations du travail et aux idéaux collectifs dans notre société contemporaine.

Le spectacle revendique un rythme résolument italien, fait de mouvements, de situations inattendues et de confrontations passionnées. L’ironie mordante côtoie des réflexions plus profondes, tandis que les personnages, emportés par leurs contradictions, poursuivent leur rêve d’un monde meilleur. Le tout conduit à un dénouement que la pièce promet inattendu.

Un hommage au cinéma engagé d’Elio Petri

« Les ouvriers n’existent plus » rend également hommage à « La classe ouvrière va au paradis », film du réalisateur italien Elio Petri sorti en 1971 et récompensé par la Palme d’or au Festival de Cannes en 1972. Cette œuvre majeure du cinéma politique italien dénonçait les conditions de travail à l’usine et explorait les tensions entre conscience ouvrière, revendications sociales et aliénation industrielle.

Dans cet esprit, Vincenzo Cirillo choisit le théâtre et la comédie pour faire entendre les interrogations d’une génération confrontée aux bouleversements de son époque. À travers quatre destins ordinaires, il redonne vie à une période où les aspirations individuelles se mêlaient aux grands mouvements collectifs.

Sur scène, Marc Vandezande interprète Marcello, Christiane Litaize incarne Bassi, Carmela Chateaux joue Lulù et Elie Guyon prête ses traits à Lele. La mise en scène est signée Vincenzo Cirillo, avec l’aide d’Edith Chevret et Marchesi.

Pendant cinquante minutes, les quatre comédiens entraînent le public dans une comédie où les éclats de rire accompagnent une réflexion sur les rapports sociaux. Un spectacle qui entend démontrer que les questions soulevées par les ouvriers italiens des années 1960 conservent, plusieurs décennies plus tard, une résonance particulière.

En faisant se rencontrer mémoire ouvrière, émancipation féminine et humour populaire, « Les ouvriers n’existent plus » propose ainsi une plongée dans une Italie à la fois turbulente, attachante et contestataire. Une manière de rappeler que, derrière les grandes transformations de l’histoire, se trouvent toujours des femmes et des hommes avec leurs rêves, leurs contradictions et leur désir de changer le monde.

Informations pratiques : « Les ouvriers n’existent plus » sera joué le samedi 28 novembre 2026 à 21 h 15 au café-théâtre Darcy Comédie, 10 rue Devosge à Dijon. Le spectacle, présenté en français dans une nouvelle version, dure 50 minutes. Les billets sont proposés en prévente au tarif de 12 euros sur BilletRéduc.

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