Dans un article publié le 7 mai 2025, intitulé « Cité internationale de la gastronomie et du vin : Emmanuel Bichot saisit le procureur de la République pour détournement de fonds publics », nous vous informions que le président du groupe Agir pour Dijon, Emmanuel Bichot, avait officiellement saisi le procureur de la République. Le groupe Agir pour Dijon a pris l’initiative de dévoiler un dossier accablant, selon eux, concernant la gestion financière du projet de la Cité internationale de la gastronomie et du vin, invoquant un détournement de fonds publics de plus de 5 millions d’euros.
Mais cette initiative n’a pas laissé ses adversaires indifférents. Laurent Bourguignat, conseiller municipal de Dijon et membre des Républicains de Côte-d’Or, a vivement réagi sur les réseaux sociaux : « En parlant de détournement de fonds publics à la Cité de la Gastronomie, M. Bichot franchit une nouvelle limite. Stop au populisme. Proposons et agissons pour rendre cette cité plus attractive et utile à Dijon. »

Une accusation de populisme qui fait débat
La sortie de Laurent Bourguignat a surpris, d’autant que la mairie de Dijon, pour l’instant, n’a pas encore pris publiquement position sur l’affaire. En qualifiant la démarche d’Emmanuel Bichot de « populisme », l’élu LR semble vouloir renvoyer à une stratégie politique davantage tournée vers l’agitation médiatique que vers des propositions constructives.
Mais cette critique soulève une question de fond : dénoncer un supposé détournement de fonds publics, est-ce du populisme ? Ou est-ce, au contraire, un acte de transparence et de responsabilité citoyenne ?
Populisme : un terme galvaudé ?
Ces dernières années, le terme « populisme » s’est largement imposé dans le débat public, souvent utilisé pour disqualifier des adversaires politiques. À l’origine, le populisme se définit comme une posture politique qui prétend représenter la voix « pure » du peuple face à des élites supposément corrompues. Une rhétorique clivante, qui divise la société en deux camps irréconciliables.
Mais peut-on qualifier ainsi l’action d’un élu qui, se disant informé d’un possible usage illégal de l’argent public, saisit la justice ? Si les accusations d’Emmanuel Bichot sont étayées, sa démarche apparaît légitime, voire nécessaire. Ne pas dénoncer un éventuel détournement de fonds publics serait, au contraire, une faute grave – d’autant plus pour un responsable politique.
Transparence ou communication politique ?
Emmanuel Bichot, également candidat pour les prochaines élections municipales de 2026, assume pleinement son choix de rendre l’affaire publique et de saisir le procureur. Cette initiative s’inscrit-elle dans une stratégie électorale ? Peut-être. Mais elle s’appuie aussi sur une exigence de probité que de nombreux citoyens attendent de leurs élus.
En ce sens, traiter la démarche de populiste pourrait apparaître comme un moyen de détourner l’attention du fond du sujet : l’utilisation des deniers publics et ce possible détournement de fonds publics.
Une sortie de route pour Bourguignat ?
La sortie de Laurent Bourguignat laisse plus d’un observateur dubitatif. Son appel à « proposer et agir pour rendre cette cité plus attractive » est louable, mais peut-il justifier qu’on passe sous silence un possible usage abusif de fonds publics ?
À droite, beaucoup estiment qu’il aurait mieux fait de garder le silence. Un membre des Républicains va jusqu’à nous confier, non sans ironie : « Bientôt, les journalistes comme vous vont recevoir un communiqué de presse de la ville de Dijon annonçant que le nouveau porte-parole de la majorité municipale, c’est Laurent Bourguignat. »
S’il est essentiel de débattre des politiques culturelles et économiques locales, il est tout aussi fondamental de garantir la transparence dans leur gestion. La justice tranchera sur le fond. En attendant, une chose est certaine : la polémique ne fait que commencer.