Face à la recrudescence de rassemblements festifs non déclarés, communément appelés « free-parties », le préfet de la Côte-d’Or a pris un arrêté exceptionnel visant à interdire toute manifestation musicale non autorisée sur l’ensemble du département entre le vendredi 3 avril à 16h00 et le mardi 7 avril à 08h00.
Cette décision intervient dans un contexte de multiplication de ces événements au cours des derniers mois. Plusieurs rassemblements de grande ampleur ont déjà été recensés dans différentes communes du département, parfois sans encadrement ni dispositif de sécurité adéquat.
Selon les autorités, ces événements peuvent attirer plusieurs centaines de participants et se déroulent souvent sans autorisation préalable, en contradiction avec la réglementation en vigueur. En effet, la loi impose aux organisateurs de déclarer ce type de rassemblement en amont, notamment pour permettre la mise en place de mesures garantissant la sécurité, la salubrité et la tranquillité publiques.
Or, dans le cas présent, aucune déclaration n’a été déposée, et les organisateurs comme les lieux potentiels restent inconnus, rendant toute anticipation difficile pour les services de l’État.
Dans son arrêté, le préfet souligne les nombreux risques associés à ces rassemblements illégaux. Parmi les principales préoccupations figurent :
- la consommation d’alcool et de stupéfiants, augmentant les risques d’accidents, notamment routiers ;
- les nuisances sonores importantes liées à la diffusion de musique à très haut volume ;
- l’absence de dispositifs de secours, de sécurité incendie et de structures sanitaires adaptées ;
- la difficulté pour les forces de l’ordre d’intervenir rapidement en cas d’incident.
Ces éléments, cumulés, sont considérés comme susceptibles de provoquer des troubles graves à l’ordre public.
Les autorités estiment ainsi que seule une interdiction globale et temporaire permet de prévenir efficacement ces risques.
Fait notable, l’arrêté ne se limite pas à interdire les rassemblements eux-mêmes. Il proscrit également la circulation de tout véhicule transportant du matériel de sonorisation — tels que les « sound systems » ou amplificateurs — dès lors qu’ils sont destinés à un événement non autorisé.
Cette mesure s’applique à l’ensemble du réseau routier du département sur la même période. Elle vise à empêcher en amont la mise en place logistique de ces événements, souvent organisés de manière mobile et discrète.
Le non-respect de cet arrêté expose les contrevenants à des sanctions prévues par le code de la sécurité intérieure. Les forces de l’ordre pourront notamment procéder à la saisie du matériel utilisé, en vue de sa confiscation par décision judiciaire.
Les services de gendarmerie et de police sont mobilisés pour assurer l’application de ces mesures sur le terrain.
Les autorités préfectorales insistent sur le caractère temporaire et ciblé de cette interdiction, présentée comme « strictement nécessaire et proportionnée » au regard des enjeux de sécurité. Alors que le week-end prolongé s’annonce propice à ce type de rassemblements, l’État entend ainsi prévenir tout débordement et garantir la sécurité des habitants comme des participants potentiels.
