La séance d’installation du nouveau conseil métropolitain de Dijon, prévue le 16 avril 2026, marquera un moment institutionnel clé : l’élection du président de la métropole et de son exécutif. Un processus strictement encadré par le Code général des collectivités territoriales, qui garantit à la fois transparence, équilibre démocratique et stabilité politique.
Une séance d’ouverture dirigée par la doyenne d’âge
Avant même l’élection du président, c’est une figure particulière qui prend les commandes : la doyenne d’âge de l’assemblée. En l’occurrence, c’est Monique Bayard qui préside la séance d’installation, conformément à la loi. Son rôle est temporaire mais essentiel : elle organise les premières formalités, notamment l’appel des 85 conseillers métropolitains nouvellement élus, puis supervise l’élection du futur président. Ce moment protocolaire symbolise une transition neutre, en attendant que l’exécutif politique soit officiellement désigné.
Une élection du président au scrutin secret
L’élection du président de Dijon Métropole repose sur un mécanisme précis, directement inspiré des règles applicables aux maires. Le vote se déroule au scrutin secret uninominal : chaque conseiller vote individuellement pour un candidat, sans que son choix soit rendu public.
Trois tours possibles
Le système électoral prévoit jusqu’à trois tours :
- 1er et 2e tours : un candidat doit obtenir la majorité absolue (plus de la moitié des suffrages exprimés) pour être élu.
- 3e tour (si nécessaire) : la majorité relative suffit (le candidat ayant le plus de voix l’emporte).
En cas d’égalité parfaite, un critère original départage les candidats : le plus âgé est déclaré élu.
Un vote solennel et individualisé
Le déroulé du vote est lui aussi très ritualisé :
- appel nominal de chaque conseiller,
- dépôt d’un bulletin dans l’urne (ou via dispositif électronique),
- proclamation des résultats.
Ce formalisme vise à garantir la sincérité du scrutin et à éviter toute pression politique directe.
Un président élu parmi les conseillers
Contrairement à une élection directe par les citoyens, le président de la métropole est élu parmi les membres du conseil métropolitain eux-mêmes.
Cela signifie que :
- seuls les conseillers métropolitains peuvent être candidats,
- il faut être majeur (au moins 18 ans),
- l’élection repose sur des équilibres politiques internes.
En pratique, cette élection est souvent préparée en amont par des négociations entre groupes politiques et maires des communes membres.
Un exécutif élargi : jusqu’à 18 vice-présidents
Une fois le président élu, le conseil doit constituer le bureau métropolitain, véritable organe exécutif.
Pour Dijon Métropole, il a été décidé :
- 18 vice-présidents,
- 22 autres membres du bureau,
- soit un total de 41 membres autour du président.
Ce choix respecte les plafonds légaux, tout en permettant une représentation politique et territoriale large.
L’élection des vice-présidents : un processus similaire
L’élection des vice-présidents suit exactement les mêmes règles que celle du président :
- scrutin secret uninominal,
- majorité absolue aux deux premiers tours,
- majorité relative au troisième,
- avantage à l’âge en cas d’égalité.
Mais une différence importante existe : les vice-présidents sont élus un par un, siège par siège.
À chaque poste :
- appel à candidatures,
- vote,
- proclamation du résultat,
- passage au siège suivant.
Ce mécanisme permet de construire progressivement un exécutif équilibré, en intégrant différentes sensibilités politiques et communes.
Un enjeu politique majeur
Derrière ce cadre juridique très codifié, l’élection du président et des vice-présidents constitue un moment hautement politique.
Le président de la métropole :
- dirige l’administration,
- prépare et exécute les décisions,
- représente l’institution,
- délègue des compétences aux vice-présidents.
Les vice-présidents, eux, deviennent les piliers de l’action publique locale, chacun étant généralement chargé d’un domaine (transports, urbanisme, écologie, finances…).
Un système pensé pour la stabilité
Ce mode d’élection indirecte présente plusieurs objectifs :
- assurer une majorité claire dès le début du mandat,
- favoriser les alliances politiques locales,
- garantir la continuité de l’action publique,
- éviter les blocages institutionnels.
En encadrant fortement les règles de vote et en prévoyant plusieurs tours, la loi limite les situations d’impasse.
Une première étape avant l’action métropolitaine
Une fois le président et le bureau élus, la séance se poursuit avec :
- la lecture de la charte de l’élu local,
- la mise en place des délégations,
- la création des commissions,
- et l’organisation du fonctionnement de la métropole.
Autant d’étapes qui marquent le passage d’une phase électorale à une phase de gouvernance.
L’élection du président et des vice-présidents de Dijon Métropole n’est pas qu’un simple vote : c’est un moment fondateur, à la fois juridique et politique. Entre règles strictes, scrutin secret et jeux d’alliances, ce processus façonne l’équilibre du pouvoir métropolitain pour les années à venir — et conditionne directement les politiques publiques qui impacteront les habitants du territoire. Dans ce contexte, et au regard des équilibres politiques issus des dernières élections municipales, tout laisse à penser que François Rebsamen devrait, sauf surprise, être élu à la présidence de Dijon Métropole lors de cette séance d’installation.
