La séance d’installation du Conseil métropolitain de Dijon Métropole, jeudi 16 avril 2026, n’a pas seulement été marquée par la reconduction de François Rebsamen à la présidence. Elle a aussi donné lieu à une passe d’armes verbale révélatrice des tensions persistantes au sein de la vie politique dijonnaise. En ligne de mire : Emmanuel Bichot, régulièrement critique de l’action municipale.
Une réélection sans surprise, un climat plus électrique
Réélu largement à la tête de la métropole, François Rebsamen entame un nouveau mandat dans une position de force. Mais derrière cette stabilité institutionnelle, les divisions politiques restent vives, notamment avec une partie de l’opposition.
C’est à l’issue du conseil, lors d’un échange avec la presse, que le ton est monté. Interrogé sur la situation de la Cité internationale de la gastronomie et du vin, projet emblématique de François Rebsamen, le président de la métropole a défendu fermement son bilan, tout en ciblant directement son opposant.
La Cité de la gastronomie au cœur des critiques
Depuis son ouverture, la Cité internationale de la gastronomie et du vin fait l’objet de débats récurrents, notamment sur sa fréquentation et la viabilité de ses commerces. Face aux interrogations des journalistes, François Rebsamen a tenu à nuancer les critiques.
Il met en avant une fréquentation qu’il juge significative : 180 000 visiteurs pour le pôle culturel, un chiffre qui place le site parmi les équipements les plus visités du département, derrière des institutions comme le musée des Beaux-Arts.
Selon lui, les difficultés rencontrées par certains commerces relèvent du secteur privé et non de la gestion publique. Le projet reposait en effet sur un partenariat public-privé : à la collectivité la partie culturelle, aux investisseurs privés l’activité commerciale.
Une attaque directe contre Emmanuel Bichot
Mais au-delà de la défense du projet, c’est bien Emmanuel Bichot qui s’est retrouvé au centre des propos du président de la métropole. François Rebsamen lui reproche notamment ses recours juridiques passés contre le projet, qu’il accuse d’avoir freiné son développement.
Évoquant les procédures engagées, il affirme que celles-ci ont eu un coût pour la collectivité, évoquant des frais d’avocat encore inscrits à l’ordre du jour des délibérations.
Le ton s’est ensuite durci, jusqu’à une déclaration sans équivoque : « Je ne souhaite qu’une chose, c’est qu’il reparte très vite à Paris ! » Une phrase qui illustre l’ampleur des tensions entre les deux hommes.
Un conflit politique ancien
Les relations entre François Rebsamen et Emmanuel Bichot sont depuis longtemps marquées par une opposition frontale. D’un côté, un exécutif métropolitain solidement installé ; de l’autre, une opposition qui conteste régulièrement les choix d’investissement et les priorités politiques de la majorité.
La Cité de la gastronomie cristallise particulièrement ces divergences. Pour ses détracteurs, elle symbolise un projet coûteux et contestable. Pour ses défenseurs, elle incarne au contraire un outil d’attractivité et de rayonnement pour Dijon.
Un débat plus large sur les grands projets publics
Au-delà des tensions personnelles, cet échange met en lumière un débat de fond : celui de la pertinence et du financement des grands équipements culturels. François Rebsamen n’a d’ailleurs pas hésité à comparer la Cité de la gastronomie à d’autres projets régionaux, évoquant notamment le site d’Alésia ou la Cité des vins de Beaune, pour relativiser les critiques adressées à Dijon.
Il insiste sur le fait que la collectivité n’a pas porté seule l’investissement, et que le projet s’inscrit dans une logique de partenariat, où le risque commercial n’incombe pas directement à la puissance publique.
Une séquence révélatrice du climat politique local
Cette sortie médiatique, particulièrement directe, illustre un climat politique local tendu, où les échanges entre majorité et opposition dépassent souvent le cadre du débat technique pour devenir, peut-être, plus personnels. Si la majorité métropolitaine apparaît consolidée après cette réélection, les tensions avec certains élus d’opposition ne semblent pas près de s’apaiser.
