L’arrivée d’une centaine de caravanes à l’Étang Royal, à Longvic, relance une nouvelle fois le débat sur l’autorité publique, l’anticipation des pouvoirs locaux et le respect des règles sur le territoire longvicien. Pour Longvic vers l’Avenir, cette situation ne peut pas être traitée comme un simple incident ponctuel. Elle interroge directement la capacité des élus à prévoir, sécuriser et organiser les réponses nécessaires face à des installations illégales qui pèsent, au final, sur les collectivités, et donc sur les contribuables.
La période des fêtes de Pentecôte est pourtant bien connue des élus. Elle correspond régulièrement à des rassemblements de familles de gens du voyage, notamment pour des offices religieux et des fêtes familiales. Or, sur le territoire métropolitain, le manque d’aires dites de grand passage adaptées à ces événements reste une difficulté majeure.
« Pendant que certains territoires anticipent avec des équipements adaptés, d’autres restent dans la réaction permanente », estime Valérie Grandet, pour qui la situation actuelle à Longvic illustre un défaut d’organisation et de préparation.
Selon plusieurs riverains, des repérages auraient eu lieu la semaine précédente. Pour Longvic vers l’Avenir, cette information, si elle se confirme, pose clairement la question de la sécurisation préalable des accès sensibles et de la coordination entre la commune, la Métropole, la Préfecture et les forces de l’ordre.
Le dépôt de plainte est évidemment nécessaire. Mais il ne peut suffire. Les questions concrètes demeurent : qui prendra en charge les éventuelles dégradations ? Qui paiera les clôtures abîmées, les terrains détériorés, les coûts de nettoyage, les raccordements illégaux ou encore la mobilisation des services municipaux ? Trop souvent, la réponse est la même : les collectivités, et donc les habitants.
Pour Valérie Grandet, la fermeté ne se résume pas à des déclarations après coup. « La fermeté, c’est anticiper, empêcher les installations illégales, sécuriser les sites exposés, engager immédiatement les procédures avec l’État et utiliser pleinement les outils prévus par la loi », défend-elle.
Le sujet concerne également Dijon Métropole, compétente en matière d’aires d’accueil et de grand passage des gens du voyage. Un nouveau schéma directeur départemental vient d’ailleurs d’être adopté en Côte-d’Or, avec la perspective de nouvelles aires de grand passage, notamment sur le territoire métropolitain. Le sujet a été évoqué cette semaine en commission d’appel d’offres, à laquelle Valérie Grandet indique avoir siégé.
Longvic vers l’Avenir appelle désormais à la mise en place d’un véritable plan d’action métropolitain comprenant la sécurisation physique des sites sensibles, une coordination renforcée entre les communes, la Métropole, la Préfecture et les forces de l’ordre, des procédures d’expulsion accélérées, le contrôle strict des raccordements sauvages à l’eau et à l’électricité, la facturation systématique des dégradations, la création d’aires adaptées et une transparence totale sur le coût réel supporté par les habitants.
Mais au-delà de la fermeté, Valérie Grandet appelle aussi au pragmatisme. Puisque les caravanes sont désormais installées, il faut, selon elle, ouvrir immédiatement le dialogue afin de négocier une indemnisation pour les consommations d’eau et d’électricité, la gestion des déchets et la remise en état complète du terrain après le départ. « Il ne faut pas être naïf. Ils ne repartiront probablement pas avant huit à dix jours. Or chacun sait qu’une procédure judiciaire peut prendre près de quinze jours avant d’aboutir à une expulsion. Ils seront donc probablement partis avant même la fin de la procédure », souligne-t-elle.
Pour Longvic vers l’Avenir, les habitants attendent autre chose que de la résignation. Ils attendent de l’autorité, de l’organisation, de la transparence et du courage politique.
