Dijon s’apprête à vivre deux soirées placées sous le signe du punk, de son énergie brute, de son esprit collectif et de sa culture alternative. Les vendredi 5 et samedi 6 juin, l’Espace Autogéré des Tanneries accueillera la 31e édition du festival Maloka, rendez-vous emblématique porté par le collectif du même nom. Après plus de trois décennies d’existence, l’événement continue d’affirmer sa singularité dans le paysage musical dijonnais et dans la scène punk, en réunissant des groupes venus d’horizons très différents autour d’une même exigence : faire vivre une culture indépendante, engagée et populaire.
Trente et une éditions pour un festival punk, c’est une longévité remarquable. Dans un milieu souvent marqué par l’autogestion, les moyens limités, les lieux alternatifs et l’importance du bénévolat, tenir dans la durée relève presque de l’exploit. Maloka y parvient pourtant, année après année, en conservant ce qui fait son identité : une programmation généreuse, une fidélité à la scène punk, une ouverture internationale et un attachement profond aux valeurs du collectif. Cette nouvelle édition s’inscrit dans cette continuité, avec deux soirées denses qui verront se succéder pas moins de sept groupes par soir.
Le festival Maloka n’est pas seulement une série de concerts. Il est aussi l’expression d’une culture, d’une manière d’occuper l’espace, de créer du lien et de défendre une autre façon de faire vivre la musique. À Dijon, le collectif Maloka est associé depuis longtemps à la scène indépendante et alternative. Son nom résonne auprès de celles et ceux qui fréquentent les concerts punk, hardcore, ska ou rock alternatif, mais aussi auprès d’un public plus large attaché aux lieux autogérés et aux événements construits loin des circuits commerciaux classiques. Cette 31e édition confirme cette trajectoire, en proposant un plateau riche, éclectique et fidèle à l’esprit du festival.
Le premier soir, vendredi 5 juin, mettra particulièrement en avant la diversité géographique de la scène punk. Le public pourra découvrir ou retrouver des groupes venus de La Réunion, du Mexique ou encore des États-Unis. Cette ouverture internationale donne au festival une couleur particulière : elle rappelle que le punk, né dans des contextes sociaux et culturels très différents, a toujours circulé au-delà des frontières. Sa force tient autant à sa musique qu’à sa capacité à relier des scènes locales entre elles, de Dijon à La Réunion, de Mexico aux États-Unis.
Parmi les groupes annoncés pour cette première soirée figure TUKATUKAS, formation venue de La Réunion. Sa présence illustre cette volonté du festival de faire entendre des scènes parfois moins visibles dans les programmations traditionnelles. Le punk réunionnais apporte avec lui une histoire, des influences et une énergie qui enrichissent le plateau. À ses côtés, SOGA représentera le Mexique, autre territoire où les musiques alternatives et contestataires occupent une place forte. Cette programmation traduit l’attention portée par Maloka aux circulations musicales, aux rencontres et aux expressions venues d’ailleurs.
La soirée du vendredi accueillera également TOTAL CHAOS, groupe originaire des États-Unis. Figure connue de la scène punk, la formation incarne une veine sonore directe, énergique et militante, qui a marqué plusieurs générations d’amateurs de punk. Sa venue à Dijon donne à cette première soirée une dimension particulièrement attendue. Aux côtés de ces groupes internationaux, le festival mettra aussi à l’honneur les légendaires KIDNAP, dont le nom reste associé à l’histoire du punk et à une mémoire musicale qui continue de parler aux publics d’aujourd’hui.
Le lendemain, samedi 6 juin, la programmation poursuivra dans la même intensité avec une nouvelle série de sept groupes. Cette seconde soirée sera notamment marquée par la présence de KRAV BOCA, groupe réputé pour des concerts qui dépassent largement le simple cadre musical. Avec eux, la scène devient un espace de performance, de tension, de mouvement et d’interaction. Leurs shows sont connus pour leur puissance et leur caractère spectaculaire, ce qui en fait l’un des temps forts attendus de cette édition.
Autre moment important de la soirée : la présence de WUNDERBACH, groupe dont l’histoire remonte à la fin des années 1970. Cette référence à une période fondatrice du punk français donnera au festival une profondeur historique. Programmer WUNDERBACH, c’est aussi rappeler que le punk n’est pas seulement une esthétique figée ou une nostalgie : c’est une continuité, une transmission, une mémoire toujours active. La présence d’un groupe issu de cette époque permet de faire dialoguer plusieurs générations de public, entre celles et ceux qui ont connu les premières vagues punk et celles et ceux qui les découvrent aujourd’hui.
La soirée du samedi sera également marquée par le retour de BANNED FROM THE PUB, qui se reforme après quinze années de silence. Une telle reformation constitue forcément un événement pour les fidèles de la scène. Elle donne à cette édition un parfum particulier, celui des retrouvailles et de la redécouverte. Après une longue absence, le groupe revient sur scène dans un contexte où le punk continue de rassembler, de provoquer et de créer des moments de communion intense.
Avec quatorze groupes programmés sur deux soirées, le festival Maloka assume une formule dense et généreuse. Chaque soir proposera une véritable traversée de la scène punk, entre groupes historiques, formations internationales, retours attendus et concerts à forte intensité. Cette abondance fait partie de l’identité du festival : il ne s’agit pas d’un simple concert isolé, mais d’un temps fort où le public vient pour une expérience complète, pour enchaîner les découvertes, retrouver des groupes cultes et partager une ambiance particulière.
L’Espace Autogéré des Tanneries apparaît comme le lieu naturel d’un tel événement. À Dijon, ce lieu est depuis longtemps associé aux cultures alternatives, aux concerts indépendants, aux pratiques collectives et aux initiatives autogérées. Accueillir le festival Maloka aux Tanneries, c’est inscrire l’événement dans un cadre cohérent avec son histoire et ses valeurs. Le festival y trouve un espace adapté à son public, à son fonctionnement et à son atmosphère : un lieu où la musique se vit debout, au plus près de la scène, dans une proximité directe entre groupes, bénévoles et spectateurs.
Le prix d’entrée, fixé à 10 euros par soir, participe lui aussi de cet esprit accessible. Dans un contexte où de nombreux événements culturels deviennent de plus en plus coûteux, Maloka maintient une tarification populaire, permettant au plus grand nombre de participer. Cette volonté d’accessibilité est essentielle dans la culture punk, qui s’est toujours construite contre les barrières économiques et symboliques. Le festival rappelle ainsi que la musique live peut rester un moment ouvert, collectif et abordable.
Au-delà des concerts, l’événement proposera également de la restauration sur place. Ce détail n’est pas anodin : il contribue à faire du festival un vrai moment de vie, où l’on peut passer la soirée entière, se retrouver, discuter, manger, échanger entre deux concerts. Des tatouages seront également possibles sur place, ajoutant une dimension visuelle et corporelle à cette célébration de la culture punk. Le tatouage, comme la musique, fait partie de ces formes d’expression personnelle souvent associées aux scènes alternatives, à l’affirmation de soi et à l’appartenance à une communauté.
Cette 31e édition s’annonce donc comme un rendez-vous intense, à la fois musical, culturel et humain. Elle témoigne de la vitalité persistante d’une scène punk qui, loin de s’éteindre, continue de se renouveler en s’appuyant sur ses réseaux, ses lieux, ses collectifs et son public. Maloka démontre qu’un festival peut durer sans perdre son âme, en restant fidèle à une démarche indépendante et en continuant à défendre une programmation exigeante.
À travers ce nouveau rendez-vous, le collectif Maloka confirme son rôle majeur dans la vie alternative dijonnaise. Depuis plus de trente ans, il contribue à faire circuler des groupes, à créer des rencontres et à maintenir vivant un espace d’expression pour les musiques punk et leurs cultures associées. Les 5 et 6 juin, les Tanneries devraient une nouvelle fois devenir le point de ralliement d’un public fidèle, curieux et prêt à vivre deux soirées sous haute tension sonore.
Pour cette 31e édition, tous les ingrédients semblent réunis : une programmation foisonnante, des groupes venus de plusieurs continents, des figures historiques, des retours attendus, une ambiance autogérée et un tarif accessible. Le festival Maloka s’annonce, une fois encore, comme un moment fort de la scène punk à Dijon. Deux jours pour célébrer une musique qui n’a jamais cessé de faire du bruit, de rassembler et de déranger. Deux jours pour rappeler que le punk, plus qu’un style musical, reste une culture vivante.


