Du lundi 29 juin au lundi 20 juillet 2026, de 18h à 9h, la détention, le transport et l’utilisation de certains artifices de divertissement seront interdits sur la voie publique dans tout le département de la Côte-d’Or. La préfecture justifie cette mesure par le contexte sécuritaire, la Coupe du monde de football et des précédents incidents survenus notamment à Dijon.
La préfecture de la Côte-d’Or renforce les mesures de sécurité à l’approche des prochaines rencontres de la Coupe du monde de football 2026. Par un arrêté préfectoral signé à Dijon le 26 juin 2026, l’État interdit temporairement, sur l’ensemble du département, la détention, le transport et l’utilisation de certains artifices de divertissement et articles pyrotechniques.
Cette interdiction s’appliquera du lundi 29 juin 2026 au lundi 20 juillet 2026, chaque jour de 18h à 9h. Elle concerne les artifices de divertissement des catégories F2 et F3 figurant sur la liste fixée par l’arrêté du 17 décembre 2021, lorsqu’ils sont détenus, transportés ou utilisés sur la voie publique ou en direction de l’espace public.
La mesure est prise dans un contexte national et local jugé sensible par les services de l’État. Dans son arrêté, la préfecture rappelle que les forces de sécurité intérieure restent fortement mobilisées dans le cadre du plan Vigipirate, maintenu au niveau « Urgence attentat ». Le texte souligne également la nécessité de garantir un haut niveau de sécurité lors des rassemblements et dans les lieux où un public important peut être concentré.
La Coupe du monde de football, organisée du 11 juin au 19 juillet 2026 aux États-Unis, au Mexique et au Canada, est également au cœur de la décision préfectorale. Certaines rencontres se dérouleront à des horaires susceptibles d’entraîner la mise en place de fan-zones ou de sites de retransmission ponctuels. La préfecture estime que l’engouement autour de cette compétition pourrait générer des rassemblements importants, y compris au-delà des seuls matchs de l’équipe de France.
L’arrêté rappelle que, lors de précédentes compétitions internationales, des cortèges bruyants et festifs, des rodéos motorisés, des rassemblements spontanés sur la voie publique, mais aussi des tirs de feux d’artifice et de mortiers ont déjà été observés. Selon la préfecture, de tels événements sont susceptibles de se reproduire pendant la Coupe du monde.
La décision s’appuie aussi sur des précédents locaux. La préfecture cite notamment le match final de la Ligue des champions entre le Paris Saint-Germain et Arsenal, le 30 mai 2026. Ce soir-là, selon l’arrêté, un très grand nombre de supporters du PSG venus de Dijon s’étaient regroupés place de la République, où des tirs de mortiers avaient été dirigés contre les forces de l’ordre.
Le texte mentionne également plusieurs épisodes survenus à Dijon lors de la Coupe du monde 2022. Le 27 novembre 2022, après la victoire du Maroc contre la Belgique, une centaine de supporters marocains s’étaient rassemblés place de la République, provoquant des troubles à la circulation et des dégradations de véhicules. Le 1er décembre 2022, plus de 200 soutiens de l’équipe marocaine étaient impliqués dans des faits similaires. Des pierres et des tirs de mortiers avaient été lancés en direction des forces de l’ordre et d’automobilistes, tandis que des poubelles avaient été incendiées.
Autre épisode rappelé par l’arrêté : le 10 décembre 2022, lors de la rencontre entre le Maroc et le Portugal, environ 1 000 supporters s’étaient rassemblés place de la République. Les policiers avaient alors été pris pour cible par divers projectiles, dont des mortiers, des pierres et des bouteilles en verre. Une trentaine d’individus s’étaient également rués sur une patrouille de police positionnée aux abords de la place.
La préfecture évoque par ailleurs les épisodes de violences urbaines constatés depuis plusieurs semaines dans les communes de Dijon, Chenôve et Quetigny, avec notamment l’utilisation de mortiers contre les forces de l’ordre.
Pour les services de l’État, l’usage détourné de certains artifices de divertissement constitue un risque sérieux pour l’ordre public. Les catégories F2 et F3, ainsi que certains articles pyrotechniques, peuvent être utilisés comme moyens d’intimidation, comme projectiles ou comme initiateurs d’objets incendiaires. Ils peuvent également favoriser la propagation d’incendies visant des mobiliers urbains, des véhicules ou des bâtiments publics.
La préfecture met aussi en avant un enjeu sanitaire. L’utilisation inappropriée d’articles pyrotechniques peut entraîner des blessures et provoquer un afflux de victimes dans les services hospitaliers, déjà susceptibles d’être sous tension. Elle souligne également que les détonations peuvent créer des mouvements de panique, déclencher des alertes inutiles ou détourner les forces de l’ordre de leurs missions prioritaires.
L’interdiction décidée par la préfète se veut donc temporaire et proportionnée. Elle ne vise pas les spectacles pyrotechniques encadrés. Par dérogation, la détention, le transport et l’utilisation des artifices concernés restent autorisés pour les personnes pouvant justifier de leur usage dans le cadre d’un spectacle pyrotechnique, tel que défini par la réglementation.
Les infractions à cet arrêté seront réprimées dans les conditions prévues par le code pénal. Le texte prévoit également les voies de recours habituelles, notamment un recours gracieux auprès de la préfecture, un recours hiérarchique auprès du ministère de l’Intérieur ou un recours contentieux devant le tribunal administratif de Dijon.
L’annexe de l’arrêté précise les types d’articles pyrotechniques concernés. Parmi eux figurent notamment les pétards à mèche, batteries, combinaisons, fusées, chandelles romaines, pétards à composition flash, fusées à effet de bang sonore ou encore pots à feu en mortier, selon les catégories F2 et F3 mentionnées.
Avec cette décision, la préfecture entend prévenir les troubles à l’ordre public pendant la période de la Coupe du monde. Le message est clair : jusqu’au 20 juillet, certains artifices de divertissement ne pourront pas être détenus, transportés ou utilisés sur la voie publique en Côte-d’Or entre 18h et 9h, sauf dans le cadre autorisé d’un spectacle pyrotechnique.
