Après plusieurs semaines de bras de fer avec le bailleur social Orvitis, la locataire qui avait installé une piscine dans les espaces verts de sa résidence a finalement dû la vider et la retirer, jeudi 9 juillet. Faute de matériel et de moyens financiers, elle a reçu l’aide inattendue de Philippe Neyraud, élu d’opposition à Chenôve.
La petite piscine installée depuis le 10 juin au pied d’une résidence de Chenôve a disparu. Jeudi 9 juillet 2026, sa propriétaire, Mme Buzzetti, a finalement procédé à son démontage après avoir refusé, dans un premier temps, de répondre favorablement à la demande du bailleur social Orvitis. L’installation, placée dans les espaces verts communs de l’immeuble, avait été imaginée comme une solution de fortune pour permettre aux enfants de se rafraîchir pendant la fermeture estivale de la piscine municipale.
Un mois après son installation, le bassin de trois mètres sur deux et de 75 centimètres de hauteur a donc été vidé. Un dénouement difficile pour la locataire, qui avait jusqu’alors défendu son initiative en mettant en avant les fortes chaleurs, la température élevée dans les appartements et l’absence d’alternative pour les familles ne partant pas en vacances.
Le démontage ne s’est toutefois pas déroulé sans aide. Fait marquant, c’est Philippe Neyraud, représentant de l’opposition municipale « Le Bon Sens – 100 % Chenôve », qui est venu prêter main-forte à la locataire. Mme Buzzetti s’était tournée vers l’opposition dans l’espoir d’obtenir un soutien dans son combat pour conserver la piscine.
Mais après avoir étudié la situation, l’élu dit lui avoir conseillé de respecter la demande de retrait. « Nous lui avons rappelé la loi et les conséquences de maintenir cette piscine en place. Nous lui avons recommandé de la vider », explique Philippe Neyraud.
La locataire ne disposait cependant pas du matériel nécessaire pour évacuer l’eau du bassin. Selon l’élu, elle n’avait notamment pas de pompe immergée et ne pouvait pas financer la location d’un tel équipement. « Nous avons aidé cette dame, car elle n’avait pas de pompe immergée et pas d’argent pour en louer une », précise-t-il.
Cette intervention aura donc permis de mettre fin à une situation devenue tendue entre la locataire et le bailleur. Orvitis lui avait précédemment adressé un courrier recommandé demandant le retrait de la piscine. Mme Buzzetti avait alors affirmé qu’elle ne comptait pas céder, estimant que l’installation ne gênait pas les habitants et qu’elle répondait à une situation exceptionnelle.
Pour défendre son initiative, elle avait lancé une pétition dans la résidence, qui compte 32 logements. Douze habitants l’avaient signée. La locataire expliquait également que l’eau et l’électricité nécessaires au fonctionnement de la piscine provenaient de son propre logement et étaient entièrement à sa charge.
Elle assurait enfin que les baignades se déroulaient sous la surveillance de trois adultes et que le bassin était recouvert de deux bâches lorsqu’il n’était pas utilisé. Des précautions qui n’ont toutefois pas suffi à rendre acceptable l’occupation d’un espace collectif sans autorisation du bailleur.

Une piscine démontée, mais un problème toujours présent
Pour Philippe Neyraud, le retrait du bassin était nécessaire au regard des règles applicables dans la résidence. L’élu considère toutefois que cette affaire révèle un problème plus large : celui de la fermeture de la piscine municipale de Chenôve pendant toute la période estivale.
L’établissement est fermé pour deux mois en raison d’importants travaux. Une décision particulièrement mal vécue par une partie des habitants, alors que la région traverse une période de fortes chaleurs et que les vacances scolaires commencent. Pour les enfants qui ne partent pas, la piscine municipale représentait l’une des rares activités accessibles durant l’été.
« Nous regrettons cette situation compte tenu de la fermeture de la piscine municipale en raison d’importants travaux. Ces problèmes durent depuis plusieurs années », déclare Philippe Neyraud. L’opposant estime que la municipalité aurait dû programmer l’intervention à une autre période de l’année.
« Pour nous, il aurait été judicieux de faire ces travaux en décembre et en janvier afin de limiter l’impact de cette fermeture », poursuit-il. Il évoque également la possibilité d’installer temporairement une piscine éphémère, par exemple un bassin de dix mètres sur cinq placé sous un barnum dans la cour d’une école.
L’élu avance une autre proposition, cette fois à destination du bailleur social : la création de jardins privatifs pour certains habitants vivant au rez-de-chaussée. Une telle solution permettrait, selon lui, d’offrir des espaces extérieurs clairement délimités et d’éviter que ce type d’installation ne soit placé dans des parties communes.
Philippe Neyraud regrette surtout l’absence de dialogue préalable entre les différentes parties. « Selon nous, ces problèmes auraient pu être réglés simplement si une réunion entre Orvitis, la mairie de Chenôve et les habitants de cet immeuble avait été organisée », affirme-t-il.
La fin d’un point de fraîcheur improvisé
Pour les enfants de la résidence, le retrait de la piscine marque surtout la disparition d’un lieu de baignade improvisé qui avait rapidement trouvé son public. Pendant plusieurs semaines, le bassin avait permis à plusieurs d’entre eux de se rafraîchir au pied de leur immeuble, alors que les températures restaient élevées.
L’initiative de Mme Buzzetti ne respectait pas les règles d’utilisation des espaces communs, mais elle avait suscité une certaine sympathie parmi les habitants. Pour ses soutiens, cette installation constituait moins une volonté de défier le bailleur qu’une réponse pratique à la fermeture de la piscine municipale.
La locataire avait notamment expliqué avoir acheté ce bassin après avoir appris que ses enfants, pourtant titulaires d’un abonnement, ne pourraient pas profiter de l’équipement municipal pendant deux mois. Trop grande pour être installée sur son balcon, la piscine avait été placée dans les espaces verts de la résidence, avec l’idée d’en faire profiter les autres enfants du bâtiment.
Jeudi, cette expérience a pris fin. La piscine a été vidée, démontée et retirée, conformément à la demande d’Orvitis. Le calme devrait donc revenir dans la résidence, mais la question soulevée par cette affaire demeure entière : quelles solutions proposer aux enfants et aux familles de Chenôve pendant la fermeture estivale de leur piscine municipale ?
Pour les plus jeunes de l’immeuble, la réponse est désormais beaucoup plus concrète. En pleine période de chaleur, leur bassin a disparu et les portes de la piscine municipale restent closes.
