Le Rassemblement Dijonnais dispose désormais d’un nouveau local pour accueillir les Dijonnaises et les Dijonnais souhaitant rencontrer leurs élus. Thierry Coudert, Antoine Camus et Mélanie Fortier, tous trois membres du groupe Le Rassemblement Dijonnais au conseil municipal de Dijon, entendent faire de cette permanence un lieu d’échange avec les habitants.
Située au 23 quai Gauthey, à Dijon, cette permanence doit permettre aux habitants de venir faire part de leurs remarques, de leurs idées ou de leurs préoccupations. Pour rencontrer les élus du groupe, les Dijonnais peuvent solliciter un rendez-vous par mail, à l’adresse rassemblementdijonnais@gmail.com. Un créneau leur sera ensuite proposé dans ces nouveaux locaux.
Pour Thierry Coudert, tête de liste du Rassemblement Dijonnais lors des dernières élections municipales, cette installation marque une nouvelle étape pour le groupe. Après la campagne électorale, l’objectif est désormais de s’inscrire dans la durée et de poursuivre un travail de terrain auprès des habitants.
Interrogé sur le bilan des élections municipales, Thierry Coudert estime que le résultat constitue d’abord « un beau succès » pour son groupe. « Le premier point bilan, c’est pour nous un beau succès qui nous permet, même si on aurait pu faire plus, voire beaucoup plus, d’entrer au conseil municipal avec un groupe de trois conseillers », explique-t-il.
Selon lui, ce groupe est représentatif des différentes composantes du rassemblement politique qu’il a porté pendant la campagne. Thierry Coudert souligne en effet que les trois élus incarnent « les trois facettes de ce rassemblement de la droite », avec l’UDR d’Éric Ciotti , le Rassemblement national et IDL mouvement de Marion Maréchal.
Cette entrée au conseil municipal donne désormais au groupe une place institutionnelle et des moyens d’action nouveaux.
« Ça va nous donner désormais un ancrage de statut d’élu, un certain nombre de moyens pour proposer des vœux, intervenir dans les débats et pousser nos idées autrement que sur la place publique », poursuit Thierry Coudert. Pour lui, la campagne appartient désormais au passé et la mandature ouvre une nouvelle séquence politique.
Le chef de file du Rassemblement Dijonnais revient toutefois sur un élément qui, selon lui, a pesé dans le scrutin : la division de la droite. « La division de la droite n’a été bonne pour personne, même si elle nous a permis effectivement ce progrès très net », estime-t-il. À ses yeux, une autre configuration aurait pu créer une dynamique différente.
« Il est probable que si, dès le départ, on avait été dans une compétition saine et ensuite dans une fusion, on aurait pu créer une dynamique. Il n’y aurait peut-être rien à être sûr, mais qui aurait peut-être changé le cours des choses et la majorité », analyse Thierry Coudert. Il considère que les divisions apparues pendant la campagne ont eu un coût électoral pour l’ensemble des forces concernées.
« Il est clair que la manière dont la campagne s’est déroulée, avec des divisions difficiles à cacher, a coûté aux uns et aux autres, plus aux autres qu’à nous, mais a coûté globalement. En tout cas, cela a enlevé toute espérance de victoire », affirme-t-il.
Le responsable politique espère que des enseignements seront tirés pour les prochaines échéances électorales, notamment les éventuelles législatives à venir, les départementales ou tout autre scrutin à ancrage local.
Désormais, Thierry Coudert assure que les trois élus du groupe sont « au boulot ». « La mandature commence », insiste-t-il. Le groupe entend utiliser les séances du conseil municipal pour défendre les positions portées pendant la campagne, déposer des propositions et intervenir sur les grands sujets locaux.
« Jusqu’à présent, il n’y a pas eu de grands débats sur les sujets majeurs, mais on va s’en démontrer pour pouvoir défendre un certain nombre de positions qu’on avait défendues dans la campagne, être une force de proposition, et donc s’inscrire dans le paysage politique de Dijon et de la métropole », déclare-t-il.
Le prochain conseil municipal doit être pour le groupe l’occasion de commencer à faire entendre plus fortement sa voix.
Interrogé sur ce qui l’a le plus marqué pendant les élections municipales, Thierry Coudert évoque un climat politique fragmenté. Il dit avoir ressenti « une espèce de grand éclatement des opinions » et « une grande fongibilité » dans les positions exprimées par les habitants rencontrés pendant la campagne.
Selon lui, cette impression renvoie au climat politique national. « Dans tous les contacts qu’on a faits, sur les marchés, on voyait quand même que c’est une résultante du climat politique national, où une bonne partie de la population, quelle que soit sa famille politique d’origine, était un peu perdue », estime-t-il.

Le Rassemblement Dijonnais a tenté, selon lui, de structurer la campagne autour de thèmes forts, notamment la sécurité ou encore l’organisation urbaine. Mais Thierry Coudert estime que les grandes familles politiques traditionnelles apparaissent aujourd’hui affaiblies. « On sent bien que les grandes familles politiques sont totalement essoufflées », affirme-t-il.
Il décrit également une campagne où de nombreux électeurs se focalisaient sur des préoccupations très concrètes, parfois très localisées. « Les gens se focalisaient sur des points de détail qui étaient sans doute pour eux très importants dans leur vie quotidienne, mais il était très difficile d’avoir un discours politique structurant en termes de programme », explique-t-il. Pour lui, chaque habitant pouvait avoir « ses fixations sur tel ou tel thème », rendant plus difficile l’émergence d’une dynamique collective.
Thierry Coudert est également revenu sur les incidents survenus place de la République à Dijon lors de la finale Arsenal-PSG. Interrogé sur ce qu’il aurait fait s’il avait été maire, il estime que la marge d’action d’un maire dans une telle situation reste limitée.
« Dans une affaire comme celle-là, je pense que ce que peut faire le maire est extrêmement limité », explique-t-il. Selon lui, ces événements relèvent avant tout de la doctrine de maintien de l’ordre, qui dépend de l’État. « Le maintien de l’ordre, ce n’est pas le rôle de la police municipale, c’est le rôle des forces de l’ordre nationales », affirme Thierry Coudert.
Il considère que la police municipale ne peut pas se substituer aux forces de sécurité nationales dans ce type de situation. « La police et les gendarmes mobilisent les forces mobiles. Et ça dépend des instructions que le gouvernement donne en matière de maintien de l’ordre », poursuit-il.
Thierry Coudert critique plus largement une doctrine qui, selon lui, privilégie l’évitement des blessures au détriment de la protection des biens. « On est depuis des années sur un maintien de l’ordre où il ne faut pas qu’il y ait de blessés de part et d’autre, et donc la conséquence, c’est que tout ce qui est physique, les voitures, les abris de bus, les magasins, le pays encaisse », estime-t-il.
Pour le chef de file du Rassemblement Dijonnais, cette approche traduit un recul de l’autorité publique. « Le maintien de l’ordre, c’est donner le dernier mot à la loi », insiste-t-il. Il rappelle que la police et la gendarmerie disposent de ce qu’il appelle « la violence légitime », c’est-à-dire la capacité à faire respecter la loi par des moyens de contrainte. À ses yeux, les instructions actuelles semblent viser à éviter à tout prix les blessés, y compris lorsque les débordements sont importants.
Sur les débuts de la nouvelle maire de Dijon, Thierry Coudert se montre prudent. Il estime qu’il est trop tôt pour porter un jugement après seulement deux conseils municipaux. « Je peux difficilement juger sur la lueur de cette histoire d’avoir participé à deux conseils », indique-t-il.
Il note toutefois une volonté apparente de donner un style différent à la conduite municipale. « Je constate qu’elle essaie de donner un style nouveau à sa manière de faire. C’est trop tôt pour juger », affirme-t-il. Le responsable du Rassemblement Dijonnais reconnaît aussi que, pour l’instant, les relations entre la majorité municipale et son groupe d’opposition se déroulent dans un cadre qu’il qualifie de républicain.
« Les rapports qu’elle a avec le groupe d’opposition que nous sommes sont des rapports de courtoisie républicaine et on n’a pas, de ce point de vue, à se plaindre », déclare-t-il. Thierry Coudert rappelle cependant que son groupe restera dans l’opposition, tout en revendiquant une attitude constructive.
« Nous serons une opposition constructive. Quand il y aura des choses qui nous conviendront, on les votera. Il y aura beaucoup de choses sur lesquelles nous serons évidemment en désaccord, dans l’immense majorité », explique-t-il. Il souhaite toutefois que la majorité municipale puisse aussi se montrer ouverte aux propositions de l’opposition lorsque celles-ci ne sont pas contraires à sa ligne politique.
« J’espère qu’en sens inverse, sur des questions que nous pourrions soulever dans des propositions et qui ne sont pas contraires à la ligne de la municipalité, ils seront ouverts pour les laisser passer », poursuit-il. Selon lui, une opposition constructive est « dans l’intérêt de tout le monde ».
Thierry Coudert attend toutefois de voir si cette ouverture se confirmera dans les faits. « À la rentrée, on déposera un certain nombre de propositions et on verra bien si c’est une attitude de façade ou s’il y a une vraie volonté d’ouverture », prévient-il. Pour lui, il ne s’agit pas de rechercher une compromission politique, mais de permettre à de bonnes idées d’être étudiées, quelle que soit leur origine.
Le chef de file du Rassemblement Dijonnais a également évoqué la question de l’urbanisme dans la métropole dijonnaise. Il dit vouloir y être particulièrement attentif, en lien avec les inquiétudes qu’il dit entendre dans plusieurs communes. « Il y a une inquiétude. Il y a une vraie inquiétude », affirme-t-il.
Ce thème avait déjà été porté par son groupe pendant la campagne municipale. Thierry Coudert critique ce qu’il décrit comme une politique de construction trop intensive. « Ça a été un des thèmes de notre campagne, cette urbanisation à tout-va », rappelle-t-il. Il souhaite désormais porter ce sujet dans le cadre métropolitain.
« Je serai très attentif à cette question. Je pense que dans le cadre métropolitain, on essaiera de faire entendre notre voix », indique-t-il. Il défend l’idée d’un « urbanisme apaisé » et d’une pause dans certaines constructions. « Qu’on fasse une pause sur ces constructions à tout-va, c’est quelque chose que nous essaierons de faire entendre », ajoute-t-il.
Cette vigilance, selon lui, concernera aussi bien Dijon que l’ensemble du territoire métropolitain. Thierry Coudert entend ainsi faire de la métropole un autre terrain d’intervention politique pour son groupe, notamment sur les questions d’aménagement, de cadre de vie et d’équilibre urbain. Antoine Camus et Mélanie Fortier, également membres du groupe Le Rassemblement Dijonnais, entendent eux aussi s’appuyer sur le travail réalisé pendant la campagne. Le groupe affirme vouloir conserver une équipe de colistiers active et fidèle à l’engagement de terrain pris devant les électeurs.
« On s’appuie quand même sur une équipe de colistiers qui reste fidèle à la campagne, à l’engagement de terrain, et on souhaite continuer à développer le réseau pour les habitants », est-il rappelé. L’ouverture de la permanence s’inscrit dans cette volonté de maintenir un lien direct avec les Dijonnais.
Pour Le Rassemblement Dijonnais, le local du 23 quai Gauthey doit devenir un point d’entrée pour les habitants souhaitant échanger avec les élus du groupe. L’objectif affiché est de permettre à chacun de transmettre ses remarques, ses idées ou ses propositions pour Dijon.
Le groupe souhaite également développer un axe particulier en direction de la jeunesse. Les élus estiment que les jeunes se déplacent rarement pour voter et veulent les encourager à venir échanger avec eux. « Il y a un axe important sur la jeunesse, qui se déplace rarement à voter, et qui ne doit pas hésiter à franchir la porte et venir nous rencontrer », indique le groupe.
Avec cette permanence, Le Rassemblement Dijonnais veut donc prolonger la campagne électorale par un travail de proximité. Après son entrée au conseil municipal avec trois élus, le groupe entend désormais occuper le terrain politique, au conseil municipal, à la métropole et dans les quartiers de Dijon.
Pour Thierry Coudert, Antoine Camus et Mélanie Fortier, cette nouvelle étape doit permettre de transformer le résultat électoral en action politique concrète. Le groupe veut se présenter comme une opposition à la fois ferme sur ses convictions, active dans les débats et disponible pour les habitants.
