Musique, théâtre, danse, cirque, humour, jeune public, rendez-vous hors les murs et temps forts thématiques : la saison culturelle 2026-2027 du Cèdre entend confirmer la place de l’équipement chenevelier parmi les lieux culturels majeurs de la métropole dijonnaise. Avec une programmation dense et volontairement ouverte, la Ville de Chenôve affirme une ambition : faire de la culture un droit accessible à tous, et non un privilège réservé à quelques-uns.
À Chenôve, la nouvelle saison culturelle du Cèdre s’annonce comme un exercice d’équilibre entre exigence artistique et ouverture au plus grand nombre. Présentée dans le cadre du lancement de la saison 2026-2027, la programmation revendique une diversité de formes, de disciplines et d’esthétiques. Concerts, spectacles de théâtre, propositions chorégraphiques, cirque contemporain, humour, rendez-vous pour les plus jeunes, actions de médiation et projets hors les murs composeront une saison pensée pour multiplier les portes d’entrée vers la culture.
Le mot d’ordre est clair : proposer une saison « pour tous les goûts et tous les âges ». Derrière cette formule, Le Cèdre entend surtout renforcer son rôle de lieu de rencontres. Rencontres entre artistes et spectateurs, entre les disciplines, entre les générations, mais aussi entre les équipements culturels de la ville. La saison 2026-2027 marque en effet une étape importante pour l’établissement avec l’arrivée de Frédéric Ménard à la direction de la culture et du Cèdre. Sa feuille de route s’appuie sur plusieurs priorités : maintenir un haut niveau d’exigence artistique, élargir la diversité des propositions, développer les actions hors les murs et créer davantage de passerelles entre Le Cèdre, le conservatoire et la bibliothèque-médiathèque.
Inauguré en 2014 au cœur de Chenôve, Le Cèdre s’est progressivement imposé comme un équipement structurant du territoire. Avec une salle pouvant accueillir jusqu’à 1 300 spectateurs, il est devenu l’un des lieux culturels importants de la métropole dijonnaise. Mais la Ville veut rappeler qu’il ne s’agit pas seulement d’une salle de spectacles. Le bâtiment réunit diffusion artistique, enseignement, pratique, création et médiation. On y vient pour assister à un concert, découvrir une pièce, accompagner une classe, pratiquer une discipline ou simplement franchir une porte culturelle parfois intimidante pour certains publics.
La saison s’ouvrira officiellement le 19 septembre avec un concert gratuit de Mariam, présenté comme un hommage vibrant à l’héritage d’Amadou & Mariam. Ce lancement donne le ton d’une programmation musicale particulièrement large. Benjamin Biolay, Emily Loizeau en piano solo, l’Orchestre Symphonique des Jeunes de Bourgogne, Birds on a Wire, porté par Rosemary Standley et Dom La Nena, Stephan Eicher, Jahneration, Youssoupha ou encore JeanJass figurent parmi les artistes annoncés. Du répertoire symphonique aux musiques actuelles, de la chanson française au rap, du reggae à des formes plus intimistes, Le Cèdre entend faire dialoguer les univers plutôt que les opposer.
Cette ouverture musicale illustre l’un des fils rouges de la saison : ne pas choisir entre popularité et exigence. La programmation semble au contraire chercher les points de contact entre des artistes déjà identifiés par le grand public et des propositions plus singulières. Elle s’adresse autant aux habitués des salles de spectacle qu’à celles et ceux qui viendraient pour la première fois. Dans une ville qui revendique une politique culturelle accessible, cette diversité n’est pas un simple affichage : elle constitue une stratégie pour créer du lien.
Le théâtre, la danse, le cirque et les arts de la marionnette occuperont également une place importante. Avec White Dog, adapté de Romain Gary, Le Cèdre proposera une plongée dans l’Amérique ségrégationniste, portée par des marionnettes à taille humaine et une batterie jouée en direct. Le spectacle s’annonce comme une forme forte, à la croisée du récit politique, de la performance scénique et de la mémoire historique. Autre proposition marquante, Une opérette à Ravensbrück, adaptée de Germaine Tillion, rappellera comment la joie, l’humour et la création peuvent devenir des formes de résistance, même dans les contextes les plus sombres.
Le cirque contemporain sera représenté notamment avec Cloche, de Rémi Luchez, spectacle annoncé comme poétique et déroutant, jouant avec l’illusion, l’équilibre et l’apesanteur. La danse trouvera l’un de ses temps forts avec FOLKS, d’Étienne Rochefort, qui célèbre la force du collectif à travers les danses urbaines. Là encore, la programmation assume le mélange des registres : des formes populaires, des écritures contemporaines, des spectacles capables de toucher un public large tout en portant une réelle ambition artistique.
L’humour ne sera pas un simple à-côté de la saison. Le Cèdre lui consacre une place affirmée, avec plusieurs figures installées de la scène actuelle. David Castello-Lopes viendra décortiquer les mécanismes du plaisir avec son regard à la fois documenté et décalé. Arnaud Tsamère retrouvera le public avec son humour absurde et son sens du rythme. Pablo Mira proposera son regard mordant sur les contradictions contemporaines, tandis qu’Amine Radi transformera les scènes du quotidien en matière de stand-up générationnel. Le Paname Comedy Club complétera cette offre avec une sélection de talents confirmés et émergents.
Cette présence importante de l’humour dit aussi quelque chose du projet culturel défendu par Le Cèdre. Faire rire n’est pas ici considéré comme une concession, mais comme une manière d’aborder le monde. Dans une saison qui traite aussi de mémoire, de science, d’identité, de transmission ou de vulnérabilité, l’humour apporte un autre rapport au réel. Il permet de rassembler, de désamorcer, parfois de questionner plus frontalement qu’un discours sérieux ne pourrait le faire.
La saison 2026-2027 s’adressera également aux plus jeunes, y compris aux tout-petits. Souffle !, de la Compagnie Charabia, proposera une expérience sensorielle et musicale dès l’âge de six mois. Ce choix traduit une volonté de considérer l’éveil artistique comme une expérience qui peut commencer très tôt. Pour Le Cèdre et les équipements culturels de Chenôve, le jeune public n’est pas un public secondaire. Il constitue au contraire un axe fort de la politique culturelle menée sur le territoire.
Tout au long de l’année, les équipes du Cèdre et de la bibliothèque-médiathèque accueilleront des groupes scolaires, de la maternelle au lycée, dans le cadre de projets d’éducation artistique et culturelle construits avec les enseignants. Chenôve bénéficie d’ailleurs du label 100 % Éducation Artistique et Culturelle, qui traduit un engagement de fond en direction de la jeunesse. Les projets menés avec les écoles, les collèges et les lycées visent à faire de la rencontre avec les artistes, les œuvres et les lieux culturels une expérience régulière, et non exceptionnelle.
Cette ambition éducative s’inscrit dans une vision plus large : à Chenôve, la culture est présentée comme un outil d’émancipation, de découverte et de lien social. La Ville défend l’idée que chacun doit pouvoir accéder aux propositions culturelles, quels que soient son âge, son parcours, son quartier ou sa situation. Cette orientation se traduit par une politique tarifaire accessible, des rendez-vous gratuits, des tarifs solidaires et des propositions adaptées aux familles. L’enjeu n’est pas seulement de programmer des spectacles, mais de permettre aux habitants de s’en saisir.
Le Conservatoire de Chenôve occupe une place essentielle dans cette organisation culturelle. Reconnu par le ministère de la Culture, il accueille chaque année plus de 400 élèves dans des disciplines variées : musique, danse, théâtre, chant choral, jazz, musiques actuelles ou encore musique assistée par ordinateur. Installé au sein du Cèdre, sur près de 900 mètres carrés dédiés à l’enseignement artistique, il participe pleinement aux projets de transmission et d’éducation artistique. Sa présence dans le même ensemble que la salle de spectacle facilite les circulations entre apprentissage, pratique amateur, création et diffusion professionnelle.
La bibliothèque-médiathèque François-Mitterrand constitue le troisième pilier de ce paysage culturel. Avec 70 000 documents disponibles, un fonds bande dessinée présenté comme le plus important de la métropole et une gratuité d’accès ouverte à tous depuis 2018, elle joue un rôle central dans l’accès à la lecture et aux savoirs. Un projet de réhabilitation et d’extension est actuellement engagé afin d’adapter l’équipement aux nouveaux usages. À terme, la médiathèque doit proposer des espaces plus modulables, une ludothèque, une salle polyvalente, un jardin de lecture et l’accueil du service jeunesse. Cette transformation renforcera encore sa vocation de lieu de vie culturel et citoyen.
La saison du Cèdre s’inscrit donc dans un réseau plus vaste : trois lieux, des pratiques multiples et une même volonté de faire rayonner la culture à Chenôve. Cette logique de circulation apparaît clairement dans les nouveaux temps forts annoncés. Parmi eux, Science Friction, imaginé dans le cadre de la Fête de la Science, entend faire dialoguer création artistique et pensée scientifique. Spectacles, conférence musicale et rencontres exploreront les mystères du monde, entre émotion, connaissance et vertige. La programmation fera notamment intervenir des personnalités et artistes comme Aurélien Barrau, Camille Boitel, Blaise Merlin, Kaori Ito, Étienne Klein ou Olivier Mellano.

Avec Science Friction, Le Cèdre affirme une conception élargie de la culture. Il ne s’agit pas seulement de présenter des œuvres, mais de créer des espaces de pensée et de curiosité. La rencontre entre arts et sciences permet d’aborder autrement des questions complexes : notre rapport au monde, au temps, à l’espace, à la connaissance, mais aussi à l’imaginaire. En associant spectacles, conférences et animations, ce nouveau rendez-vous cherche à toucher différents publics, des amateurs de sciences aux spectateurs attirés par des formes scéniques plus sensibles.
Autre axe fort de la saison : le Maroc. Le Cèdre mettra à l’honneur les imaginaires marocains à travers plusieurs rendez-vous artistiques. Courts-métrages franco-marocains avec le festival Fenêtres sur courts, concert de la chanteuse populaire Zina Daoudia, spectacle KA-IN du Groupe Acrobatique de Tanger mis en scène par Raphaëlle Boitel, exposition du photographe Hassan Hajjaj : cette séquence proposera une traversée entre cirque, musique, cinéma et arts visuels. Elle permettra de donner à voir des identités en mouvement, des héritages croisés et des formes artistiques contemporaines venues ou inspirées du Maroc.
Les partenariats avec les festivals du territoire occuperont également une place notable. Prise de CirQ’, Art Danse et Fenêtres sur courts feront escale au Cèdre, renforçant son inscription dans l’écosystème culturel local et métropolitain. Cette présence de festivals permet d’élargir la saison au-delà d’une simple programmation de salle. Elle met Le Cèdre en relation avec d’autres acteurs, d’autres publics et d’autres temporalités artistiques.
La culture sortira aussi des murs. Avec Coups de théâtre, nouveau rendez-vous initié par Le Cèdre, le théâtre investira le Jardin de l’Hôtel des Sociétés. L’objectif est de proposer des formes accessibles, populaires et surprenantes dans l’espace public. Au programme notamment, Molière de Martin Petitguyot, présenté comme une conférence théâtrale à la fois érudite et irrévérencieuse consacrée au célèbre dramaturge. En déplaçant le spectacle vivant hors de la salle, Le Cèdre cherche à aller vers les habitants et à modifier le rapport entre les œuvres et la ville.
La dimension territoriale se retrouvera également dans les projets associant les forces culturelles locales. La Musique Municipale de Chenôve fêtera ses 160 ans avec un concert exceptionnel réunissant Yves Jamait et Samuel Garcia. Cet anniversaire souligne l’importance des pratiques amateurs et des histoires collectives dans la vie culturelle d’une commune. À côté des artistes nationaux et internationaux, la saison réserve ainsi une place aux acteurs du territoire, aux associations, aux habitants et aux projets participatifs.
Cette articulation entre artistes confirmés, talents émergents, pratiques amateurs et médiation constitue l’un des marqueurs de la saison. Le Cèdre veut rester un lieu de diffusion, mais aussi devenir un espace plus poreux, plus ouvert, plus traversé par les publics et les pratiques. La programmation 2026-2027 semble construite autour de cette idée : une culture qui ne se contente pas d’être regardée depuis un fauteuil, mais qui se vit, s’apprend, se partage et circule.
Pour Frédéric Ménard, directeur de la culture, l’enjeu est d’ouvrir de nouvelles passerelles entre Le Cèdre, le conservatoire et la bibliothèque-médiathèque, en s’appuyant sur des propositions à la fois exigeantes et audacieuses. Il défend une culture comme « espace vivant de rencontre(s) », capable de relier les lieux, les publics et les pratiques. Cette orientation donne une cohérence à une saison volontairement foisonnante.
À travers cette programmation, Chenôve réaffirme donc une conviction politique et culturelle forte : la qualité artistique n’a de sens que si elle s’accompagne d’une attention réelle à l’accessibilité. Une saison culturelle ne se mesure pas seulement au prestige des noms affichés, mais aussi à la capacité d’un équipement à accueillir des publics différents, à susciter la curiosité, à accompagner les premiers pas, à créer des souvenirs communs et à donner à chacun une place dans le récit collectif.
La saison 2026-2027 du Cèdre se veut ainsi ambitieuse sans être excluante, populaire sans renoncer à l’exigence, locale tout en restant ouverte sur le monde. À Chenôve, la culture continuera de se déployer entre la grande salle, les salles de cours, la médiathèque, les jardins, les festivals et les rencontres. Une manière d’affirmer que le spectacle vivant, la musique, la lecture, la pratique artistique et la transmission ne sont pas des domaines séparés, mais les composantes d’un même projet : faire culture ensemble.
Les réservations pourront se faire en ligne sur le site du Cèdre, au guichet aux horaires d’ouverture du bâtiment ou par mail auprès de la billetterie. Le Cèdre est situé 9 esplanade de la République, à Chenôve. Pour cette nouvelle saison, l’équipement entend plus que jamais jouer son rôle de carrefour culturel, au service des artistes, des habitants et du territoire.
