Alors que les députés ont entamé l’examen en troisième lecture de la proposition de loi visant à légaliser l’euthanasie et le suicide assisté, un rassemblement s’est tenu place Darcy, à Dijon, à l’appel d’Alliance VITA. Les participants ont voulu alerter sur les conséquences d’un tel texte pour les personnes vulnérables, les soignants et l’accès aux soins palliatifs.
« Nos mourants ne sont pas des encombrants. » Le message, affiché lors du rassemblement organisé place Darcy, à Dijon, résume la position des militants et sympathisants d’Alliance VITA opposés à la proposition de loi sur la fin de vie. À Dijon, comme dans plus de cinquante villes en France, des mobilisations simultanées ont été organisées pour dénoncer un texte que l’association juge « dangereux et injuste ».
À travers cette action, les participants ont souhaité défendre une autre approche de la fin de vie, fondée sur l’accompagnement, le soulagement de la souffrance et la protection des plus fragiles. La scénographie déployée autour du slogan « Aucune vie n’est de trop » visait à interpeller les passants sur le regard porté sur les personnes malades, âgées, handicapées ou dépendantes.
Pour les manifestants, la société ne doit pas placer les personnes en fin de vie face à une alternative qu’ils considèrent comme faussée : souffrir ou mourir. Alliance VITA défend au contraire un renforcement des moyens consacrés aux soins palliatifs, afin que chacun puisse être accompagné dignement jusqu’au terme de sa vie.
Les participants dijonnais ont également insisté sur le contexte actuel du système de santé. Selon eux, les tensions dans les hôpitaux, le manque de soignants et les inégalités d’accès aux soins palliatifs rendent le débat encore plus sensible. Ils craignent qu’une légalisation de l’euthanasie ou du suicide assisté ne transforme progressivement le rapport au soin, en introduisant la possibilité de provoquer délibérément la mort dans le parcours médical.
Au cœur de leurs inquiétudes figure aussi la prévention du suicide. Les opposants au texte estiment que l’autorisation d’une aide active à mourir fragiliserait le message porté depuis des années par les politiques de prévention : toute personne en détresse doit être soutenue, entourée et protégée. Ils redoutent également que les personnes les plus vulnérables puissent finir par se sentir « de trop » dans une société confrontée au vieillissement, à la dépendance et aux difficultés du système de santé.
La mobilisation dijonnaise s’inscrit ainsi dans une campagne nationale plus large. Alliance VITA demande notamment que l’accès aux soins palliatifs devienne effectif et opposable sur l’ensemble du territoire, que l’accompagnement des personnes les plus éprouvées soit placé au cœur des politiques de solidarité et que le système de santé reste centré sur le soin, le soulagement et la présence auprès des malades.
À l’issue du rassemblement, l’association a réaffirmé sa volonté de poursuivre la mobilisation. « Nous resterons toujours mobilisés pour la protection des vies les plus éprouvées car c’est notre raison d’être et de manifester : solidaires des plus fragiles », conclut Alliance VITA.

