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La maire de Dijon s’est récemment prononcée en faveur d’une généralisation du port obligatoire du casque pour les cyclistes et les utilisateurs de trottinettes. Une prise de position qui relance le débat sur la sécurité des mobilités douces. Quelques mois plus tôt, en septembre 2025, Nathalie Koenders participait pourtant à vélo à l’inauguration de nouvelles pistes cyclables, sans casque. Une image qui illustre surtout combien les positions et les usages peuvent évoluer.

Le sujet du casque à vélo et en trottinette revient sur le devant de la scène à Dijon. Le 13 août 2026, Nathalie Koenders, maire de Dijon, s’est prononcée en faveur d’une évolution de la réglementation et d’une généralisation du port du casque. Sa prise de position intervient alors que plusieurs territoires français renforcent leurs règles concernant les engins de déplacement personnel motorisés, notamment les trottinettes électriques.

La maire de Dijon a notamment salué la décision prise à Paris et dans les départements de la petite couronne « La préfecture de police de Paris vient de rendre obligatoire le port du casque pour les utilisateurs de trottinettes électriques à Paris et dans la petite couronne. À vélo comme à trottinette, le port du casque peut sauver des vies. Je soutiens sa généralisation obligatoire, pour les cyclistes comme pour les utilisateurs de trottinettes, partout en France. Une règle nationale permettrait de mieux protéger les usagers et d’éviter des réglementations différentes selon les territoires ».

À Dijon, cette prise de position n’est pas passée inaperçue. L’association cycliste EVAD avait notamment exprimé son opposition à une obligation généralisée du port du casque à vélo, estimant qu’une telle mesure pourrait rendre la pratique moins attractive.

Le débat oppose ainsi deux approches : celle qui privilégie une protection individuelle renforcée, et celle qui considère que la priorité doit aller à la sécurisation des infrastructures et à la réduction des risques à la source.

En septembre 2025, Nathalie Koenders roulait sans casque

Cette nouvelle position prend une résonance particulière lorsqu’on revient quelques mois en arrière. Le 20 septembre 2025, à l’occasion de la Semaine européenne de la mobilité, Nathalie Koenders avait participé à l’inauguration de cinq kilomètres de nouvelles pistes cyclables reliant Bretenière, Ouges, Longvic et Dijon, le long du canal de Bourgogne.

Elle déclarait alors : « À l’occasion de la Semaine européenne de la mobilité, nous avons inauguré 5 kilomètres de nouvelles pistes cyclables reliant Bretenière, Ouges, Longvic et Dijon, le long du canal de Bourgogne. Ces aménagements, réalisés en partenariat avec le Conseil départemental, facilitent les déplacements du quotidien, renforcent la cohésion entre nos communes et s’inscrivent dans l’ambition de Dijon métropole de quadrupler la part du vélo d’ici 2030. »

Sur les photographies de cette journée, la maire apparaît à vélo en compagnie de plusieurs élus et participants. Elle ne porte pas de casque, comme de nombreux participants ce jour-là.

Casque à vélo : Nathalie Koenders ouvre le débat, un an après avoir roulé tête nue
Crédit photo : Facebook Nathalie Koenders

Il n’y avait alors rien d’illégal à cela. En France, le casque à vélo n’est obligatoire que pour les enfants de moins de 12 ans. Pour les adolescents et les adultes, son utilisation est recommandée mais reste facultative. Cette règle est toujours en vigueur à l’échelle nationale.

La photographie de septembre 2025 ne permet donc pas de reprocher à Nathalie Koenders une infraction. Elle offre en revanche un contraste intéressant avec le débat qu’elle contribue aujourd’hui à ouvrir.

Un an plus tard, le discours a évolué

En septembre 2025, la communication politique mettait avant tout en valeur le développement du réseau cyclable et l’objectif de faire progresser fortement la pratique du vélo dans la métropole. En août 2026, la question de la sécurité des usagers et du port du casque prend davantage de place.

Ce changement intervient dans un contexte national marqué par une augmentation de l’accidentalité concernant notamment les trottinettes électriques.

Au Sénat, le gouvernement a indiqué en juin 2026 avoir demandé à la Délégation à la sécurité routière de travailler sur une éventuelle obligation du casque « en toutes circonstances » pour les utilisateurs de trottinettes, mais également pour les cyclistes. Selon les chiffres cités lors des débats parlementaires, 80 utilisateurs de trottinettes électriques auraient perdu la vie en France en 2025. La question dépasse donc largement Dijon.

Les idées évoluent avec les usages

L’image de Nathalie Koenders roulant sans casque en septembre 2025 pourrait facilement alimenter les commentaires politiques ou les accusations de contradiction. Mais elle peut également être regardée autrement.

Les politiques publiques évoluent avec les pratiques, les accidents, les statistiques et les nouvelles réglementations.

Il est ainsi parfaitement possible de ne pas considérer le casque indispensable lors d’un déplacement à vélo à un moment donné, puis de défendre quelques mois plus tard une réglementation plus contraignante après évolution du contexte.

Reste que cette séquence pose une question très concrète : si le port du casque doit devenir une règle de sécurité générale, les élus qui la défendent devront probablement commencer par montrer l’exemple lors de leurs propres déplacements publics à vélo. Nous ne doutons pas que Nathalie Koenders et les élus de sa majorité montreront désormais l’exemple.

Un débat qui divise les cyclistes

Car l’obligation du casque à vélo est loin de faire consensus. Les défenseurs de la mesure soulignent qu’en cas de chute ou de collision, le casque peut réduire la gravité de certaines blessures à la tête. Ses opposants ne contestent généralement pas l’intérêt de porter un casque individuellement. Ils contestent plutôt son caractère obligatoire.

Leur crainte est qu’une obligation supplémentaire décourage une partie des cyclistes occasionnels et ralentisse le développement du vélo comme moyen de transport quotidien.

Cette question est particulièrement sensible à Dijon puisque la métropole affiche depuis plusieurs années une politique ambitieuse en faveur du vélo.

Le programme porté par Nathalie Koenders aux élections municipales de 2026 prévoit notamment d’« améliorer la cohabitation, la sécurité et la courtoisie entre les usagers de la route » et d’encadrer plus strictement l’utilisation des trottinettes et autres engins électriques.

Dijon devra-t-elle aller plus loin ?

Pour l’instant, le casque n’est donc pas obligatoire pour un cycliste adulte à Dijon. Concernant les trottinettes électriques, les règles nationales imposent le casque dans certaines situations particulières, notamment lorsque ces engins sont autorisés à circuler sur certaines routes hors agglomération. Dans la majorité des déplacements urbains, il reste recommandé sauf réglementation locale spécifique.

La prise de position de Nathalie Koenders ne signifie donc pas qu’une obligation va immédiatement entrer en vigueur dans les rues dijonnaises.

Elle contribue en revanche à un débat qui prend de l’ampleur en France : faut-il faire du casque un équipement obligatoire pour tous les utilisateurs de trottinettes électriques ? Et faut-il aller encore plus loin en appliquant la même règle aux cyclistes adultes ?

À Dijon, la discussion ne fait probablement que commencer.

Et la photographie prise le long du canal de Bourgogne en septembre 2025 restera comme un petit symbole de cette évolution : hier à vélo sans casque, Nathalie Koenders défend aujourd’hui l’idée d’une protection généralisée. Comme quoi, en matière de mobilité aussi, les positions peuvent évoluer.

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Commentaires 1

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alain
Il y a une enquete récente faite par l'IFOP qui montre pourtant que la majorité des francais sont favorables au port du casque du vélo, mais il faut prendre ces chiffres avec du recul :
⁦https://en-velo-simone.fr/les-francais-semblent-plebisciter-massivement-le-casque-obligatoire/⁩