Partager

SNCF Réseau engage deux importants chantiers à Laroche-Migennes et Saint-Florentin à partir de la fin août. Au programme : remplacement d’aiguillages, renouvellement de rails et de ballast. Ces opérations, destinées à fiabiliser l’un des grands axes ferroviaires reliant la Bourgogne à Paris, entraîneront plusieurs adaptations du trafic et quatre interruptions de circulation durant des week-ends de septembre et d’octobre.

La ligne Dijon-Paris connaît plusieurs mois de travaux dans l’Yonne. Depuis le 24 août 2026, SNCF Réseau mène deux opérations de modernisation à Laroche-Migennes et Saint-Florentin, pour un investissement total de 8,7 millions d’euros.

Mis en service en 1849, cet axe historique reste aujourd’hui stratégique aussi bien pour le transport de voyageurs que pour celui des marchandises. L’objectif affiché par le gestionnaire du réseau est de remplacer des équipements vieillissants afin d’améliorer la sécurité et la fiabilité des circulations.

Les travaux doivent mobiliser jusqu’à 65 agents en moyenne chaque jour sur les deux sites.

À Laroche-Migennes, trois aiguillages entièrement renouvelés

Le chantier le plus important financièrement se déroulera à Laroche-Migennes, où SNCF Réseau poursuit une opération engagée au printemps.

Du 24 août au 11 décembre 2026, trois aiguillages doivent être remplacés. Ces équipements permettent aux trains de passer d’une voie à une autre et constituent donc des éléments particulièrement sensibles de l’infrastructure ferroviaire.

Le chantier ne se limitera pas au remplacement des aiguillages. Plus de 1 000 traverses doivent également être changées et près de 3 000 tonnes de ballast renouvelées. Quelque 40 agents et six entreprises spécialisées doivent intervenir quotidiennement sur le site.

Le montant de cette seule opération atteint 7,2 millions d’euros, intégralement financés par SNCF Réseau.

Changer un aiguillage constitue une intervention lourde. L’ancien équipement doit d’abord être démonté avant que les différentes parties du rail soient déposées. Le ballast est ensuite retiré afin de préparer la plateforme. Le nouvel aiguillage peut alors être installé, soudé et stabilisé avant la remise en service de la voie.

L’enjeu est autant technique qu’opérationnel : une défaillance de ce type d’équipement peut affecter la régularité du trafic. Son renouvellement doit permettre de maintenir les installations à un niveau de performance compatible avec l’importance de l’axe.

Près de six kilomètres de rails remplacés à Saint-Florentin

Quelques jours après le début du chantier de Laroche-Migennes, une seconde opération démarrera à Saint-Florentin.

Entre le 7 septembre et le 16 octobre, SNCF Réseau prévoit d’y renouveler près de six kilomètres de rails. L’investissement s’élève à 1,5 million d’euros et environ 25 agents doivent être mobilisés chaque jour.

Contrairement à de nombreux chantiers ferroviaires réalisés la nuit pour limiter les conséquences sur les voyageurs, une grande partie des interventions prévues dans l’Yonne aura lieu en journée et en semaine.

Ce choix est notamment lié à l’importance du transport de marchandises sur la ligne Paris-Lyon-Méditerranée, dite ligne PLM. Selon les chiffres communiqués par SNCF Réseau, le fret représente environ 40 % des circulations sur cet axe.

Préserver les sillons nocturnes doit donc permettre de maintenir autant que possible la circulation des trains de marchandises. Pour les voyageurs, SNCF Réseau indique également vouloir préserver les pointes du matin et du soir.

Des trains maintenus en semaine, mais avec des horaires adaptés

Pour les usagers, ces travaux ne seront pas sans conséquence. Jusqu’au 30 octobre, les trains doivent continuer à circuler en semaine, mais avec des plans de transport adaptés. Des modifications d’horaires ou de dessertes peuvent donc être nécessaires pendant la période de chantier.

À partir du début du mois de novembre, SNCF Réseau prévoit un retour à des circulations qualifiées de « normales », même si les travaux de Laroche-Migennes se poursuivront jusqu’en décembre.

La situation sera en revanche plus contraignante lors de quatre week-ends de septembre et d’octobre, durant lesquels certaines opérations nécessiteront une interruption de la circulation ferroviaire.

Quatre week-ends particulièrement perturbés

Le premier week-end concerné sera celui des 19 et 20 septembre. L’interruption est annoncée du samedi 19 septembre à 6 h 20 au lundi 21 septembre à 4 heures. Des circulations de TGV resteront toutefois possibles pendant une partie de la période.

Une nouvelle coupure est programmée du samedi 26 septembre à 10 heures au dimanche 27 septembre à 17 h 30.

Deux autres week-ends seront concernés en octobre : du samedi 3 octobre à 6 heures au lundi 5 octobre à 4 heures, puis du samedi 10 octobre à 6 heures au lundi 12 octobre à 4 heures.

Des possibilités de circulation de certains TGV sont prévues en marge de ces plages d’interruption, mais les voyageurs empruntant l’axe pendant ces périodes auront intérêt à vérifier leurs horaires avant leur départ.

Ces quatre séquences constituent la partie la plus visible, pour les usagers, d’un chantier dont une large part a été organisée afin de maintenir les trains en circulation.

Un axe ferroviaire au cœur d’un programme d’investissement plus large

Les opérations engagées dans l’Yonne ne constituent qu’une partie des travaux prévus cette année sur la ligne Dijon-Paris.

SNCF Réseau annonce avoir engagé plus de 130 millions d’euros en 2026 pour la régénération de cet axe. La multiplication de ces interventions traduit la nécessité de renouveler progressivement des infrastructures soumises quotidiennement au passage de trains de voyageurs et de fret.

La ligne assure en effet plusieurs fonctions simultanément : elle relie les territoires de Bourgogne à l’Île-de-France, accueille des dessertes voyageurs et constitue également un itinéraire important pour le transport ferroviaire de marchandises.

Toute la difficulté consiste donc à intervenir sur les voies sans immobiliser durablement un axe aussi fréquenté. C’est ce qui explique le choix d’un chantier réparti sur plusieurs mois, avec des travaux menés majoritairement en journée et seulement quelques périodes d’interruption totale.

Le ballast retiré des voies destiné en partie au réemploi

Le chantier possède également un volet environnemental. Une partie du ballast, ces pierres disposées sous et autour des traverses pour assurer la stabilité des voies, doit être récupérée et traitée afin d’être réutilisée sur de futurs chantiers ferroviaires.

Cette pratique permet de limiter la quantité de matériaux neufs nécessaire aux opérations de renouvellement et de réduire les volumes de matériaux évacués.

SNCF Réseau inscrit cette démarche dans sa politique d’économie circulaire, avec l’ambition de concilier renouvellement du réseau ferroviaire et réduction de l’empreinte environnementale des chantiers.

8,7 millions d’euros pour prolonger la vie de la ligne

À l’issue des deux opérations, le bilan annoncé est conséquent : trois aiguillages remplacés, près de six kilomètres de rails renouvelés, plus de 1 000 traverses changées et quelque 3 000 tonnes de ballast renouvelées.

Derrière ces chiffres se joue surtout la capacité de la ligne Dijon-Paris à continuer d’absorber simultanément trains de voyageurs et convois de marchandises dans de bonnes conditions de sécurité et de régularité.

Après plus de 175 ans d’existence, l’axe mis en service au XIXe siècle poursuit ainsi sa modernisation, par étapes. Pour les voyageurs, cette « seconde jeunesse » passera d’abord par plusieurs semaines d’horaires adaptés et quatre week-ends de circulation fortement perturbée avant le retour à une situation plus habituelle à compter du mois de novembre.

Publicité

Partager cet article

Signaler une erreur dans cet article

Commentaires 0

Connectez-vous pour pouvoir insérer des images dans vos commentaires.

Soyez le premier à commenter cet article.