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L’avenir du Village de la Cité se précise. Une annonce légale confirme l’ouverture d’un appel d’offres portant sur dix fonds de commerce de restauration et une holding liés à la Cité internationale de la gastronomie et du vin de Dijon. Les candidats peuvent se positionner sur une ou plusieurs sociétés, avec une date limite fixée au 25 septembre 2026 à midi. Une situation qui fait directement écho aux inquiétudes exprimées hier dans nos colonnes par Franck Ayache.

Ce n’est désormais plus seulement une hypothèse évoquée autour du redressement judiciaire du Village de la Cité : un processus de recherche de repreneurs est officiellement engagé pour les activités commerciales concernées au sein de la Cité internationale de la gastronomie et du vin de Dijon.

Un appel d’offres publié par la SELARL AJRS, administrateur judiciaire, porte sur dix fonds de commerce de restauration ainsi qu’une holding. L’annonce précise que ces entreprises sont actuellement en redressement judiciaire et que les candidats disposent jusqu’au 25 septembre 2026 à 12 heures pour déposer leurs offres.

Au total, 44 salariés sont concernés.

Des offres possibles société par société

C’est probablement l’un des éléments les plus importants de cette annonce. Le document indique expressément qu’il existe une « possibilité de déposer des offres isolées portant une ou plusieurs sociétés ».

Autrement dit, les candidats à la reprise ne sont pas contraints de reprendre l’ensemble du périmètre. Un investisseur pourrait déposer une offre pour plusieurs sociétés, tandis que d’autres pourraient intéresser des repreneurs différents. À l’inverse, un candidat pourrait naturellement tenter de présenter une offre portant sur un ensemble plus large.

Cette possibilité ouvre donc plusieurs scénarios pour l’avenir du Village de la Cité : celui d’une reprise relativement globale, mais également celui d’une dispersion des différentes activités entre plusieurs opérateurs.

L’annonce va même plus loin puisqu’elle fait état d’une « déspécialisation possible » des fonds de commerce.

Ce point est loin d’être anodin : les activités reprises pourraient donc, sous réserve des conditions juridiques applicables, ne pas nécessairement rester strictement identiques à celles exploitées aujourd’hui.

Le foncier n’est pas compris dans la reprise

Autre précision importante : le foncier est exclu du périmètre de reprise.  Les candidats sont donc appelés à se positionner sur les fonds de commerce et les sociétés concernées, mais pas sur les murs.

La question des conditions d’occupation des locaux, des loyers et plus largement des relations avec les propriétaires des différents espaces pourrait ainsi devenir déterminante pour la viabilité économique des futures offres.

La procédure concerne des sociétés dont les placements en redressement judiciaire se sont déroulés en deux temps : trois sociétés d’exploitation et une holding le 25 août 2026, puis sept autres sociétés d’exploitation le 1er septembre 2026.

Des résultats financiers particulièrement dégradés pour certaines activités

L’appel d’offres fournit également plusieurs données financières. La holding affiche ainsi un chiffre d’affaires de 974 000 euros pour un résultat net négatif de 580 000 euros.

Les dix sociétés d’exploitation présentent quant à elles des situations très différentes. Certaines réalisent plusieurs centaines de milliers d’euros de chiffre d’affaires, tandis que plusieurs affichent des pertes importantes.

Une société réalisant 198 000 euros de chiffre d’affaires présente par exemple un résultat net négatif de 203 000 euros. Une autre, avec 67 000 euros de chiffre d’affaires, affiche une perte de 163 000 euros.

Ces chiffres donnent une indication supplémentaire sur l’ampleur du chantier qui attend les éventuels candidats à la reprise.

Ils doivent toutefois être interprétés avec prudence : l’annonce ne fournit pas à elle seule l’ensemble des comptes, des dettes, des relations financières entre sociétés ou des conditions contractuelles auxquelles auront accès les candidats dans la « dataroom » prévue par l’administrateur judiciaire.

Franck Ayache alertait hier sur le risque d’un « plan à la découpe »

Cette annonce prend une résonance particulière au lendemain de l’entretien accordé à Dijon Actualités par Franck Ayache, élu du groupe municipal d’opposition Agir pour Dijon.

Dans cet entretien publié le 7 septembre, Franck Ayache attirait précisément l’attention sur le fait que les offres pouvaient porter sur une ou plusieurs sociétés, et s’interrogeait sur le risque de voir les différentes activités du Village dispersées entre plusieurs repreneurs.

Il évoquait alors l’hypothèse d’une forme de « vente à la découpe » et estimait que le calendrier imposait désormais à la collectivité de réfléchir rapidement à un « plan B ».

Pour l’élu dijonnais, une reprise éclatée entre plusieurs acteurs ferait courir le risque de perdre la cohérence globale du projet. Il plaidait au contraire pour rechercher un investisseur capable de reprendre ou de coordonner une partie significative de l’ensemble, évoquant notamment la possibilité de faire appel à des investisseurs locaux.

Franck Ayache rejetait parallèlement l’idée d’une municipalisation progressive de la partie commerciale de la Cité, estimant que la Ville et Dijon Métropole ne devaient pas compenser les difficultés du modèle privé par une nouvelle intervention financière publique.

Le 25 septembre devient une date clé

Il convient néanmoins d’être précis : l’ouverture d’un appel d’offres ne signifie pas que les entreprises ont déjà été vendues, ni même qu’un plan de cession sera nécessairement retenu par le tribunal.

Les sociétés restent placées en redressement judiciaire.

Mais l’existence de cet appel d’offres montre qu’un scénario de cession est désormais très concrètement préparé. Les candidats peuvent obtenir l’accès aux informations détaillées après engagement de confidentialité, avant de remettre leurs propositions à l’administrateur judiciaire.

La date du 25 septembre à midi constitue donc désormais une échéance majeure.

Combien d’offres seront déposées ? Porteront-elles sur l’ensemble des activités ou seulement sur certains établissements ? Des investisseurs dijonnais se manifesteront-ils ? Certaines activités pourraient-elles changer de destination grâce à la possibilité de déspécialisation ?

Autant de questions qui détermineront une partie de l’avenir commercial de la Cité internationale de la gastronomie et du vin.

Après le redressement judiciaire, une nouvelle phase s’ouvre

Depuis plusieurs semaines, Dijon Actualités documente les difficultés économiques du Village de la Cité. Nos précédentes enquêtes ont notamment retracé les pertes accumulées depuis le lancement du projet et les différentes restructurations intervenues au sein des sociétés exploitantes. Nous avons également révélé que, dès 2023 et 2024, plusieurs rapports réalisés par le cabinet Algoé évoquaient déjà des difficultés financières et la nécessité de réfléchir à une forme de « refondation » du projet.

L’appel d’offres actuellement ouvert marque une nouvelle étape.

La question n’est désormais plus seulement de savoir si le Village de la Cité peut poursuivre son activité dans sa configuration actuelle.

Elle est aussi de savoir qui pourrait reprendre ses commerces, dans quelles conditions et, surtout, s’il existera encore demain un projet commercial unique et cohérent sous l’appellation de Village de la Cité. Le 25 septembre 2026 devrait apporter de premiers éléments de réponse.

Enfin, derrière les enjeux économiques, juridiques et politiques de cette procédure, c’est aussi l’avenir de 44 salariés qui se joue. L’appel d’offres mentionne explicitement cet effectif global, réparti entre les différentes sociétés concernées. La nature des offres qui seront déposées, leur périmètre et les éventuelles reprises partielles auront donc des conséquences très concrètes sur l’emploi. Au-delà de la question de savoir qui reprendra les commerces et sous quelle forme, les prochaines semaines seront déterminantes pour savoir combien de postes pourront être maintenus et dans quelles conditions. Pour ces 44 salariés, le 25 septembre n’est donc pas seulement une échéance judiciaire ou financière : c’est aussi une date importante pour leur avenir professionnel.

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