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Quel rôle l’intelligence artificielle peut-elle jouer dans les métiers de l’aide et des soins à domicile sans faire disparaître la dimension humaine qui en constitue le cœur ? C’est autour de cette question que 400 directrices et directeurs du réseau UNA, dont plusieurs représentants de structures de Bourgogne-Franche-Comté, se sont réunis les 17 et 18 septembre à Saint-Malo.

Pendant deux jours, l’intelligence artificielle s’est invitée au cœur des réflexions des professionnels de l’aide, du soin et de l’accompagnement à domicile. Les 17 et 18 septembre 2026, près de 400 directrices et directeurs du réseau UNA se sont retrouvés au Palais des congrès Le Grand Large, à Saint-Malo, à l’occasion du Séminaire national des Directeurs.

Plusieurs structures de Bourgogne-Franche-Comté ont participé à cette rencontre nationale, consacrée cette année au thème « IA : choisir pour mieux diriger ! ». L’objectif affiché était d’aider les responsables du réseau à mieux comprendre les possibilités offertes par ces nouvelles technologies, mais aussi leurs limites et les précautions nécessaires à leur utilisation dans le secteur médico-social.

Organisé tous les deux ans, le Séminaire des Directeurs UNA rassemble directeurs, cadres et représentants du réseau autour des évolutions et des enjeux auxquels sont confrontées les structures d’aide et de soins à domicile. Pour cette édition 2026, les discussions ont porté sur les transformations que l’intelligence artificielle pourrait entraîner dans les pratiques professionnelles, dans l’organisation des services ou encore dans l’accompagnement des personnes à domicile.

L’IA comme outil, sans remplacer la relation humaine

Pour l’UNA, le développement de l’intelligence artificielle ne doit toutefois pas conduire à remettre en cause la relation humaine qui se trouve au centre des métiers du domicile.

En ouverture du séminaire, la présidente de l’UNA, Marie-Reine Tillon, a rappelé que, quelles que soient les évolutions technologiques, les professionnels continueront d’avoir pour mission première d’être présents auprès des bénéficiaires et de maintenir un lien humain à leur domicile.

Selon la fédération, l’intérêt de l’intelligence artificielle pourrait notamment résider dans sa capacité à simplifier certaines tâches ou à faire gagner du temps aux professionnels. Un temps qui pourrait alors être consacré davantage à l’accompagnement et au soin des personnes.

Cette approche était au cœur des échanges organisés durant les deux journées : déterminer dans quelles situations l’IA peut constituer une aide pour les équipes tout en évitant qu’elle ne se substitue au jugement des professionnels ou à la relation avec les personnes accompagnées.

Des regards croisés sur les transformations liées à l’intelligence artificielle

Le programme a mêlé réflexions prospectives, témoignages et retours d’expérience. Le prospectiviste et écrivain de science-fiction Romain Lucazeau s’est notamment intéressé aux ruptures technologiques en cours et à leurs conséquences sur les métiers de demain.

La philosophe Gabrielle Halpern a, de son côté, insisté sur la nécessité de conserver un esprit critique face aux technologies d’intelligence artificielle. Une condition jugée indispensable pour permettre aux professionnels de s’en saisir de façon maîtrisée et réfléchie.

Les participants ont également pu découvrir les usages développés dans d’autres secteurs d’activité. Une table ronde a réuni Mélody Le Goff, des Compagnons du devoir, Naima Pairault-Oulkhouir, de Leroy Merlin, et Marc Laurent, de l’agence Moiré. Ces intervenants ont présenté la manière dont leurs organisations intègrent déjà l’intelligence artificielle dans certaines de leurs activités.

La question de l’intégration de ces technologies dans les outils professionnels du secteur du domicile a également été abordée avec Jean-Michel Monin, d’Arche MC2, et Henry Bouchet, de Xelya, deux éditeurs de logiciels spécialisés.

Le séminaire s’est achevé par l’intervention de Maëlig Le Bayon, directeur de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), venu présenter le regard de l’organisme sur la transformation numérique du secteur.

Trois start-up présentent leurs solutions

L’UNA avait également lancé un appel à candidatures afin de mettre en avant des projets utilisant l’intelligence artificielle dans le domaine de l’aide et du soin à domicile.

Trois start-up ont été retenues et ont présenté leurs solutions devant les participants. DomiCare a ainsi défendu son « copilote de coordination », tandis que P-Care, porté par deepika, a présenté une solution destinée à l’orchestration des parcours de soins. Music Care a, pour sa part, exposé une approche reposant sur l’utilisation de la musique dans le parcours de soin.

Ces présentations ont permis aux professionnels d’examiner des applications concrètes de l’intelligence artificielle et des technologies numériques dans un secteur confronté à de nombreux enjeux d’organisation et d’accompagnement.

Réfléchir collectivement aux métiers de demain

Au-delà des conférences et des tables rondes, le séminaire a également été conçu comme un temps de rencontre entre les responsables de structures. Ateliers, échanges avec les exposants et moments informels ont permis aux participants de partager leurs expériences et leurs interrogations sur l’avenir du secteur.

Pour Alain Fesselier, animateur de la Commission nationale des directeurs et directeur général de l’Asad Argoat, ces rencontres et ces échanges constituent l’une des forces du rendez-vous, en permettant aux responsables du réseau de confronter leurs pratiques et de construire des réflexions communes.

Dans un secteur directement fondé sur la relation entre professionnels et personnes accompagnées, l’arrivée de l’intelligence artificielle pose donc autant de questions organisationnelles que humaines. Pour l’UNA, l’enjeu consiste désormais à déterminer comment utiliser ces nouveaux outils pour améliorer le fonctionnement des structures et faciliter le quotidien des professionnels, tout en maintenant la présence humaine au centre de l’accompagnement.

Fondée en 1970 et reconnue d’utilité publique, l’Union Nationale de l’Aide, des Soins et des Services aux Domiciles (UNA) fédère près de 550 structures indépendantes de l’économie sociale et solidaire. Elle représente plus de 60 000 salariés et 6 000 bénévoles intervenant notamment auprès de personnes vulnérables et de familles.

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