Dans le cadre de « Citoyens & Curieux », Dijon métropole invite les habitants à venir découvrir les « coulisses » de la Cité internationale de la gastronomie et du vin. Les coulisses. Le mot est presque trop bien choisi, parce que si Dijon métropole voulait vraiment montrer ce qui se passe derrière la façade, il y aurait effectivement beaucoup de choses à raconter.
Bien sûr, les visiteurs pourront sans doute admirer les bâtiments, découvrir des espaces habituellement fermés au public, écouter quelques anecdotes et constater à quel point la Cité reste, dans la communication officielle, un projet « emblématique ». Mais il existe aussi un autre décor, beaucoup moins photogénique : celui des redressements judiciaires, des liquidations, des établissements disparus, des projets qui n’ont jamais réellement vu le jour sous la forme annoncée et des ambitions d’origine sérieusement revues à la baisse.
Bref, les vraies coulisses sont peut-être là.
D’un côté, on organise une visite institutionnelle. De l’autre, certaines activités ont dû passer par le tribunal de commerce. D’un côté, on soigne la vitrine. De l’autre, les fissures deviennent de plus en plus difficiles à ignorer. D’un côté, on parle de rayonnement, de patrimoine, de découverte et d’attractivité. De l’autre, on cherche encore à comprendre comment plusieurs composantes importantes du projet ont pu connaître autant de difficultés en si peu de temps.
Le contraste est presque parfait.
Et c’est justement pour cela que cette visite est intéressante. Parce que si l’on prend Dijon métropole au mot, alors il faudrait aller jusqu’au bout. Montrer les coulisses, ce n’est pas seulement ouvrir une porte technique ou raconter l’histoire d’un bâtiment. C’est aussi expliquer ce qui a changé depuis l’ouverture, ce qui a fonctionné, ce qui a échoué, ce qui a disparu et, surtout, ce que la collectivité imagine désormais pour la suite.
La Cité de la gastronomie n’est pas fermée. Il serait absurde de prétendre le contraire. Mais il serait tout aussi absurde de faire comme si le projet initial avait tranquillement déroulé son programme sans encombre. Il a pris des coups. Des vrais. Et à force de vouloir lisser le récit, on finit parfois par rendre les contradictions encore plus visibles.
Alors oui, allez-y. Inscrivez-vous. Soyez citoyens. Et surtout, soyez curieux. Posez des questions. Demandez où sont passées certaines promesses, ce qu’est devenu le modèle économique initial et ce que Dijon métropole compte faire maintenant pour éviter que les difficultés ne deviennent la seule chose dont on se souvienne.
Et puis, qui sait ? Pierre Guez sera peut-être là, mégaphone à la main, pour faire lui-même la visite. Allez savoir. Là, au moins, personne ne pourra dire qu’on manque d’animation.
Ce serait finalement assez raccord avec l’époque : beaucoup de communication, beaucoup d’annonces, et toujours cette même question au bout du parcours : derrière la vitrine, qu’est-ce qu’il reste vraiment du projet que l’on nous avait présenté ?
Dijon métropole promet « une occasion privilégiée de découvrir autrement la Cité internationale de la gastronomie et du vin et de mieux comprendre ce qui se passe derrière les espaces accessibles au public ».
Alors, forcément, on s’est inscrits. Par curiosité, bien sûr. Mais surtout pour aller voir, de nos propres yeux, ce qu’il se passe réellement derrière la vitrine.
Après tout, quand on nous promet les coulisses, ce serait dommage d’en louper une miette.
F. Bauduin
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