Plusieurs lycées dijonnais ont été touchés jeudi 1er octobre par des incidents en marge du mouvement lycéen qui agite la Côte-d’Or depuis mardi. Un lycéen et un policier ont été blessés, tandis que quatorze personnes ont été interpellées. Les cours ont été suspendus aux lycées Hippolyte Fontaine et Le Castel.
Le mouvement lycéen se poursuit en Côte-d’Or. Depuis mardi, plusieurs rassemblements non déclarés ont été organisés devant des établissements de Dijon, Montbard, Semur-en-Auxois, Auxonne et Brochon. Si la majorité de ces mobilisations se sont déroulées dans le calme, la situation s’est nettement tendue jeudi matin à Dijon, où plusieurs établissements ont été confrontés à des violences.
Selon un communiqué diffusé jeudi 1er octobre par la préfète de la Côte-d’Or, Violaine Démaret, les forces de l’ordre ont été amenées à intervenir devant plusieurs lycées dijonnais face à des groupes décrits par les services de l’État comme « hostiles », parfois constitués de personnes extérieures aux établissements et dont certaines étaient cagoulées ou avaient le visage dissimulé.
Un lycéen blessé devant Hippolyte Fontaine
Les incidents les plus importants se sont produits aux abords du lycée Hippolyte Fontaine. D’après la préfecture, environ 150 personnes ont tenté, dès 7 h 30, de dégrader le portail d’entrée de l’établissement. Des pétards auraient également été lancés en direction de personnels présents dans l’enceinte du lycée.
Des tirs de mortiers d’artifice ont par ailleurs provoqué des départs de feu sur certains éléments de la façade, notamment des boîtes aux lettres. Un lycéen a été blessé par un tir de mortier attribué à un manifestant. Il a été transporté au CHU de Dijon afin d’être pris en charge.
La préfète Violaine Démaret et la rectrice de l’académie de Dijon, Mathilde Gollety, lui ont adressé leurs vœux de prompt rétablissement.
Tirs de mortiers et départs de feu devant plusieurs établissements
D’autres incidents ont été signalés devant les lycées Le Castel, Carnot et Eiffel, à des degrés divers. Selon les autorités, les forces de l’ordre ont été visées par plusieurs tirs de mortiers d’artifice et des jets de projectiles. Des poubelles ont été incendiées ou déplacées sur la chaussée afin de bloquer la circulation, occasionnant des perturbations pour les automobilistes et les piétons.
Au lycée Le Castel, des manifestants auraient notamment tenté d’incendier le portail et l’entrée de l’établissement. Les forces de l’ordre ont procédé à leur dispersion et les sapeurs-pompiers sont intervenus pour maîtriser les départs de feu. La préfecture indique également qu’un cocktail Molotov a été jeté sur la voie publique.
Un policier national a par ailleurs été blessé au cours de ces événements.
Au total, quatorze personnes ont été interpellées jeudi en vue de leur présentation à la justice, selon le bilan communiqué par les services de l’État.
La préfecture distingue manifestations pacifiques et violences
Dans son communiqué, la préfecture insiste sur la distinction entre les rassemblements lycéens organisés pacifiquement et les actes de violence observés à proximité de certains établissements.
Elle rappelle que les forces de sécurité n’ont pas vocation à intervenir lors de manifestations se déroulant dans le calme. Une intervention peut toutefois être décidée lorsque des blocages empêchent totalement l’accès aux établissements et compromettent la continuité des enseignements, après échange avec les responsables des lycées.
Les forces de l’ordre sont également susceptibles d’intervenir immédiatement lorsque des violences sont commises ou que des bâtiments et espaces publics sont pris pour cible.
La préfète et la rectrice condamnent « fermement » les violences observées jeudi, estimant qu’elles n’ont pas leur place dans l’expression démocratique des revendications lycéennes. Elles appellent à privilégier le dialogue au sein des instances de concertation des établissements.
Cours suspendus à Hippolyte Fontaine et au Castel
En raison des incidents, les cours ont été suspendus jeudi après-midi aux lycées Hippolyte Fontaine et Le Castel. Cette suspension doit également se poursuivre vendredi.
Les autorités académiques annoncent la mise en place d’une continuité pédagogique afin de permettre aux élèves de poursuivre leur travail depuis leur domicile.
Des arrêtés préfectoraux interdisent également temporairement les rassemblements aux abords des deux établissements jusqu’à la reprise de l’enseignement en présentiel.
Autour du lycée Hippolyte Fontaine, l’interdiction concerne le boulevard Voltaire, la rue de Mirande, la rue André-Colomban et la rue Jean-Baptiste-Baudin.
Aux abords du lycée Le Castel, elle s’applique à la rue Daubenton, la rue Charles-Dumont, le boulevard du Castel, la rue des Normaliens-Fusillés-Camarades et la rue Mozart.
« Les expressions pacifiques sont majoritaires »
Malgré les violences observées, les autorités soulignent que celles-ci ne doivent pas occulter le caractère pacifique de la majorité des mobilisations organisées depuis le début du mouvement.
Violaine Démaret et Mathilde Gollety remercient notamment les personnes qui ont appelé au calme, au respect et au dialogue au sein des rassemblements.
Elles disent également apporter leur soutien aux personnels de l’Éducation nationale, aux élèves, aux parents d’élèves ainsi qu’aux policiers et gendarmes mobilisés.
La préfecture assure enfin que les revendications des lycéens doivent pouvoir continuer à être exprimées et examinées dans les instances scolaires prévues à cet effet.
Communiqué de la préfète de la Côte-d’Or du 1er octobre 2026 :
En Côte-d’Or, plusieurs rassemblements non déclarés ont été organisés depuis mardi dans le cadre du mouvement lycéen à Dijon, Montbard, Semur-en-Auxois, Auxonne et Brochon.
Beaucoup de ces manifestations se sont déroulées dans le calme, permettant aux lycéens d’exprimer des revendications. L’État, en application de la Constitution, accompagne ces manifestations, et les sécurise.
Toutefois, dans plusieurs cas, heureusement minoritaires, les appels aux blocus se sont traduits par des appels à commettre des violences, avec des engins incendiaires. Dans ces cas précis, détectés en amont de ces manifestations, des forces de police ont été prépositionnées devant les établissements concernés pour assurer la sécurité des élèves et des équipes éducatives, et l’intégrité des bâtiments publics, qui appartiennent principalement aux collectivités locales.
Les forces de sécurité n’interviennent pas lors de manifestations pacifiques. En revanche,
– elles peuvent intervenir lorsque des blocus sont totaux, et ne permettent pas de garantir la continuité éducative, en permettant aux élèves et enseignants de pouvoir suivre et dispenser les enseignements : cette intervention peut intervenir après échanges avec le chef d’établissement ;
– elles doivent le faire, dans l’urgence, lorsque des violences sont commises et les bâtiments et espaces publics attaqués, dans le but de rétablir l’ordre.
C’est dans ce contexte que les forces de l’ordre ont été contraintes d’intervenir ce jeudi 1er octobre à Dijon, de nouvelles violences urbaines ayant été commises dès le début de la matinée par des groupes hostiles, souvent composés d’individus extérieurs aux lycées, dont nombre sont cagoulés et visages masqués.
Plusieurs actions violentes ont en particulier été commises devant le lycée Hippolyte Fontaine dès 7h30, une tentative de destruction du portail d’entrée par 150 individus et des jets de pétards en direction du personnel dans l’enceinte de l’établissement. Des mortiers d’artifice ont incendié des éléments de la façade (boites aux lettres, …) et surtout, un lycéen a été blessé par un tir de mortier d’un manifestant. Il a dû être transporté au CHU et pris en charge médicalement. La préfète et la rectrice lui souhaitent un prompt rétablissement.
Le lycée Le Castel, le lycée Carnot et le lycée Eiffel ont également été le théâtre de faits de violences urbaines, à des intensités variables. Les forces de l’ordre y ont essuyé de nombreux tirs de mortiers et jets de projectiles, des poubelles ont été incendiées ou jetées sur la voie publique pour faire obstacle à la circulation, créant du désordre parmi les automobilistes et les piétons. Des manifestants ont tenté de mettre le feu au portail et à l’entrée du lycée Le Castel, nécessitant leur dispersion et l’intervention en urgence des sapeurs-pompiers. Un cocktail molotov a également été jeté sur la voie publique. Un policier national a également été blessé.
Quatorze personnes ont été interpellées aujourd’hui en vue de leur présentation à la Justice.
Violaine Démaret, préfète de la région Bourgogne-Franche-Comté, préfète de la Côte-d’Or, et Mathilde Gollety, rectrice de l’académie de Dijon condamnent fermement ces violences qui n’ont pas leur place dans l’expression démocratique revendiquée par les lycéens, et qui doit pouvoir s’exercer de manière sereine.
Elles appellent au dialogue apaisé au sein d’instances de concertations mises en place dans les établissements.
Compte tenu des incidents qui affectent particulièrement ce jour les lycées et Hippolyte Fontaine et Le Castel, les cours y sont suspendus depuis cet après-midi et pour demain, en accord avec les autorités académiques. Une continuité pédagogique sera mise en place, afin de soutenir les élèves dans leur activité à domicile.
Les abords de ces deux établissements font également l’objet d’un arrêté préfectoral d’interdiction de rassemblement jusqu’à la reprise de l’enseignement en présentiel :
• Lycée Hippolyte Fontaine : boulevard Voltaire, rue de Mirande, rue André Colomban et rue Jean-Baptiste Baudin
• Lycée Le Castel : rue Daubenton, rue Charles Dumont, boulevard du Castel, rue Normaliens Fusillés Camarades et rue Mozart.
Violaine Démaret et Mathilde Gollety remercient l’ensemble des personnes qui, au cœur des manifestations, appellent au calme, au respect et à l’écoute.
Elles tiennent à assurer de leur entier soutien les membres de la communauté éducative, les élèves et parents d’élèves, éprouvés par ces événements violents, ainsi que les policiers et gendarmes mobilisés.
Ces violences ne doivent pas effacer les expressions pacifiques qui sont majoritaires, ni masquer les attentes des élèves, qui seront traitées dans les instances scolaires dédiées dans les établissements.
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