À l’approche de la fête internationale des travailleurs, plusieurs organisations syndicales et collectifs appellent à une mobilisation massive le 1er mai autour d’un mot d’ordre clair : « du pain, la paix et la liberté ». Héritée de plus d’un siècle de luttes sociales, cette journée symbolique s’annonce cette année particulièrement chargée sur le plan social, économique et politique.
Une journée emblématique sous tension
Le 1er mai, seule journée fériée obligatoirement chômée et payée en France, est présenté par ses défenseurs comme un acquis fondamental du mouvement ouvrier. Selon les organisations à l’origine de l’appel, cette conquête sociale aurait récemment été menacée par une tentative législative visant à autoriser le travail pour près de 1,4 million de salariés ce jour-là.
Si le gouvernement a finalement reculé sur certains aspects du texte, les syndicats dénoncent des « contournements » possibles, notamment via des dispositifs de volontariat jugés contraints, dans des secteurs comme la boulangerie ou la fleuristerie. Dans ce contexte, les manifestations du 1er mai seront aussi l’occasion, selon eux, de « réaffirmer une ligne rouge » : le maintien du caractère chômé de cette journée.
Pouvoir d’achat et inégalités au cœur des revendications
Au-delà de cette question symbolique, les revendications sociales occupent une place centrale dans l’appel. Les organisations dénoncent une dégradation du pouvoir d’achat dans un contexte d’inflation persistante, notamment sur les prix de l’énergie.
Elles soulignent que les salaires n’auraient pas retrouvé leur niveau d’avant 2020 en termes réels, tandis que les écarts de rémunération entre femmes et hommes demeurent importants. La précarité des jeunes est également mise en avant, décrite comme un « bizutage social » marqué par l’enchaînement de contrats courts, de stages et de périodes de chômage.
Les étudiants apparaissent aussi parmi les publics les plus fragilisés : selon les chiffres avancés, le coût de la vie aurait augmenté de 30 % sans revalorisation équivalente des aides. En parallèle, les signataires pointent des profits élevés et des aides publiques importantes accordées aux entreprises, estimées à plus de 200 milliards d’euros par an, sans condition suffisante.
Parmi les mesures demandées figurent :
- l’augmentation et l’indexation des salaires, pensions et aides sociales sur l’inflation,
- la régulation des prix de l’énergie,
- un encadrement plus strict des aides publiques aux entreprises,
- et des sanctions renforcées contre les discriminations.
Une dimension internationale et pacifiste
L’appel dépasse le cadre national et s’inscrit dans une perspective internationale. Les organisations souhaitent exprimer leur solidarité avec les populations civiles et les travailleurs touchés par des conflits en cours, notamment en Ukraine, au Moyen-Orient et en Afrique.
Elles dénoncent une « escalade guerrière » mondiale qui aurait des répercussions directes sur les conditions de vie, notamment à travers la hausse des prix de l’énergie et l’augmentation des dépenses militaires au détriment des services publics.
Les signataires plaident pour un rôle accru de la France et de l’Europe dans la promotion d’une politique de paix, de désarmement et de respect du droit international.
Enjeux environnementaux et sociaux liés
Autre axe majeur de mobilisation : la transition écologique. Les organisations appellent à une réorientation des richesses produites vers des investissements durables, notamment pour réduire la dépendance aux énergies fossiles et développer une production locale.
Elles défendent également une réduction du temps de travail rendue possible par les progrès technologiques, ainsi qu’un renforcement des services publics et de la protection sociale.
Dans le même temps, l’appel insiste sur la nécessité de lutter contre toutes les formes de discrimination — racisme, antisémitisme, sexisme et LGBTphobies — dans un contexte politique jugé préoccupant par ses auteurs.
Un appel à une mobilisation large
Les organisateurs appellent à un 1er mai « populaire et antifasciste », visant à rassembler largement au-delà des seuls militants syndicaux. Plusieurs rassemblements sont d’ores et déjà annoncés, notamment :
- à Dijon, place Wilson à 10h30,
- à Montbard, place Gambetta à 10h.
À travers cette mobilisation, les signataires entendent faire du 1er mai 2026 un moment de convergence des luttes sociales, économiques, environnementales et démocratiques, dans un contexte national et international marqué par de fortes tensions.
