À l’occasion de la visite du président du Conseil départemental de la Côte-d’Or au Centre hospitalier spécialisé La Chartreuse, à Dijon, le syndicat CGT de l’établissement a adressé un courrier d’alerte sur la situation préoccupante de la psychiatrie publique dans le département. Un message clair : les équipes sont à bout de souffle face à une demande en constante augmentation et des moyens jugés insuffisants.
Dans ce document, remis directement au président lors de sa venue, les représentants syndicaux décrivent une réalité de terrain marquée par une hausse significative des besoins en santé mentale. Les patients accueillis sont de plus en plus nombreux et présentent des situations sociales souvent très dégradées, mêlant précarité, isolement ou encore ruptures de suivi médical. À cela s’ajoutent des cas relevant de la protection de l’enfance, accentuant encore la pression sur les services.
Face à cette montée en charge, les moyens humains peinent à suivre. Le courrier pointe des difficultés de recrutement persistantes, des équipes sous tension et un épuisement croissant des professionnels. Conséquence directe : des fermetures de lits ponctuelles et des conditions de travail dégradées, qui compliquent la prise en charge des patients dans des conditions jugées dignes.
Autre problématique majeure soulevée : l’absence de solutions adaptées en amont et en aval de l’hospitalisation. Faute de structures médico-sociales suffisantes pour accueillir des personnes souffrant de handicap psychique ou en manque d’accompagnement social, certains patients restent hospitalisés plus longtemps que nécessaire. Dans le même temps, les délais pour accéder aux centres médico-psychologiques (CMP) s’allongent, contribuant à la saturation globale du système.
Les répercussions dépassent largement le cadre hospitalier. Selon le syndicat, ces difficultés ont des conséquences directes sur plusieurs compétences du Département, notamment la protection de l’enfance, l’accompagnement du handicap ou encore l’insertion des publics les plus précaires. La santé mentale apparaît ainsi comme un enjeu transversal, au cœur des politiques sociales locales.
Dans ce contexte, la CGT de la Chartreuse appelle à des actions concrètes. Elle demande notamment le développement de solutions médico-sociales supplémentaires pour les personnes atteintes de troubles psychiques, ainsi qu’un engagement renforcé des élus locaux pour porter la question de la psychiatrie publique auprès de l’État et de l’Agence régionale de santé (ARS).
Si les équipes affirment leur volonté de poursuivre leurs missions, elles préviennent qu’elles ne pourront le faire durablement sans renfort de moyens et sans réponses adaptées à l’échelle du territoire. Le syndicat attend désormais des engagements clairs de la part du Conseil départemental pour soutenir l’établissement et faire face à une crise qui, selon lui, ne cesse de s’aggraver.
