L’Université Bourgogne Europe confirme son dynamisme scientifique. Quatre de ses enseignants-chercheurs, Oscar Ferreira, Philippe Grelu, Taro Kimura et Maxime Lassalle-Han, viennent d’être nommés membres de l’Institut Universitaire de France. Leur entrée à l’IUF prendra effet le 1er octobre 2026. Cette distinction, parmi les plus reconnues dans le monde universitaire français, salue l’excellence de leurs travaux de recherche et la qualité des projets qu’ils porteront au cours des prochaines années.
Avec ces nouvelles nominations, l’Université Bourgogne Europe compte désormais 30 chercheurs membres de l’IUF. Un chiffre qui témoigne de la place occupée par l’établissement dans le paysage national de la recherche, mais aussi de la diversité des disciplines représentées au sein de ses laboratoires. Droit constitutionnel, photonique, mathématiques, physique théorique, droit pénal des affaires ou encore droit du numérique : les quatre lauréats incarnent chacun, dans leur domaine, une recherche à la fois fondamentale, innovante et ouverte sur les grands enjeux contemporains.
Oscar Ferreira, maître de conférences au laboratoire CREDESPO, est nommé membre senior de l’IUF au titre d’une chaire fondamentale. Spécialiste de droit constitutionnel, d’histoire des idées constitutionnelles, d’État de droit et de théorie du pouvoir, il consacrera ses recherches au projet CONSTELAR, pour Constitutional Evolution, Legacy and Resonance. Ce programme s’intéresse aux valeurs constitutionnelles occidentales et à leurs usages historiques, parfois contradictoires.
Ses travaux partent d’un constat : les notions de dignité humaine, de liberté, de démocratie, d’égalité ou d’État de droit sont aujourd’hui considérées comme les fondements des démocraties européennes. Pourtant, au fil de l’histoire, ces mêmes concepts ont pu être mobilisés par des courants autoritaires, qui leur ont donné d’autres significations. En explorant ces interprétations concurrentes apparues depuis le XVIIIe siècle, Oscar Ferreira entend mieux comprendre les racines intellectuelles et juridiques des mouvements contemporains qui contestent les principes démocratiques.
Cette nomination représente pour lui une étape importante dans un parcours de recherche engagé depuis deux décennies. « Je me considère comme un “jeune senior”. Cette nomination représente à la fois une promesse d’avenir, qui me permettra de poursuivre dans des conditions optimales le travail engagé depuis ma thèse, et une reconnaissance des efforts constants menés depuis vingt ans », souligne-t-il.
Autre lauréat senior, Philippe Grelu, professeur des universités au laboratoire ICB, est distingué pour ses recherches en photonique ultrarapide, dynamique non linéaire et lasers à fibre optique. Physicien spécialiste des systèmes optiques complexes, il travaille sur les phénomènes d’auto-organisation de la lumière et sur le développement de nouveaux oscillateurs laser.
Son projet vise à concevoir une génération d’oscillateurs capables de produire des impulsions lumineuses plus flexibles et plus performantes que celles issues des technologies actuelles. Pour y parvenir, Philippe Grelu s’appuie sur l’étude de la complexité spatio-temporelle de la lumière dans les cavités laser. Les architectures photoniques multimodales qu’il développe pourraient être optimisées grâce à des approches d’intelligence artificielle. À terme, ces travaux pourraient trouver des applications dans des domaines variés, de la spectroscopie à l’ingénierie des matériaux, en passant par le biomédical.
Pour le chercheur, cette chaire IUF constitue une reconnaissance du travail mené depuis plus de dix ans avec son équipe au sein du département Photonique du laboratoire ICB. Elle lui permettra notamment de dégager du temps pour conduire ses projets, accompagner les doctorants, développer de nouvelles collaborations et répondre plus efficacement aux appels à projets scientifiques.
Taro Kimura, maître de conférences à l’Institut de Mathématiques de Bourgogne, est pour sa part nommé membre junior de l’IUF au titre d’une chaire fondamentale. Ses recherches se situent à la frontière des mathématiques et de la physique théorique, en particulier dans les domaines de la physique mathématique, de la théorie quantique des champs, de la théorie des cordes, de la géométrie énumérative et de la théorie géométrique des représentations.
Ses travaux explorent la manière dont certaines théories issues de la physique quantique peuvent révéler de nouvelles structures mathématiques. Il s’intéresse notamment aux invariants énumératifs associés aux variétés de Calabi-Yau. À partir de méthodes inspirées de la théorie des cordes, il a récemment mis en évidence un phénomène de « wall-crossing », reliant différentes familles d’invariants géométriques. Son projet à l’IUF doit lui permettre d’approfondir ces résultats et de les inscrire dans le cadre plus large de la correspondance géométrique de Langlands, l’un des grands programmes actuels de la recherche mathématique.
Taro Kimura voit dans cette nomination le fruit d’un travail collectif. Il insiste sur le rôle de ses collaborateurs, directeurs, collègues et proches dans son parcours scientifique. L’IUF lui offrira, selon lui, l’occasion d’élargir son réseau de recherche vers de nouveaux domaines et de développer une approche scientifique sur laquelle il réfléchit depuis plusieurs années.
Enfin, Maxime Lassalle-Han, maître de conférences au Centre de recherche sur le droit des marchés et des investissements internationaux, le CREDIMI, est nommé membre junior de l’IUF au titre d’une chaire innovation. Ses recherches portent sur le droit pénal des affaires, le droit du numérique et de la protection des données, le droit bancaire, le droit pénal européen et le droit comparé.
Ses travaux interrogent la place croissante des acteurs privés dans la mise en œuvre des politiques publiques de sécurité, de surveillance et de lutte contre la criminalité économique. Ils portent notamment sur la circulation transnationale des données, l’accès aux informations financières dans le cadre des enquêtes pénales et les mécanismes de coopération entre autorités publiques et acteurs privés.
Le projet qu’il développera à l’IUF vise à évaluer les politiques de lutte contre la criminalité à travers le prisme de l’autonomie accordée aux acteurs privés. L’enjeu est d’analyser les conditions, les limites et les conséquences de leur implication dans la détection, la prévention et la répression des comportements illicites. Le chercheur entend aussi formuler des propositions sur le rôle qui pourrait être attendu des différents acteurs privés, financiers comme non financiers, dans un État de droit.
« Je suis très heureux de rejoindre l’IUF, où sont passées plusieurs personnalités dont les travaux ont profondément nourri ma réflexion, notamment en matière de méthode. La Chaire Innovation me permettra d’approfondir une démarche de recherche partenariale associant acteurs publics, acteurs privés et société civile », explique Maxime Lassalle-Han.
Créé pour favoriser la recherche universitaire de haut niveau, l’Institut Universitaire de France distingue des enseignants-chercheurs dont les travaux présentent une qualité exceptionnelle. Ses membres sont nommés pour cinq ans. Les membres juniors, non renouvelables, sont généralement de jeunes enseignants-chercheurs en phase de création scientifique, tandis que les membres seniors peuvent voir leur mandat renouvelé une fois.
L’IUF offre à ses lauréats un cadre privilégié pour développer leurs recherches. Les membres demeurent rattachés à leur université, mais bénéficient d’un allégement important de leur service d’enseignement, ainsi que de crédits de recherche spécifiques versés à leur équipe ou à leur laboratoire. Cette organisation vise à leur donner davantage de temps pour mener des projets ambitieux, renforcer les collaborations et contribuer au rayonnement scientifique de leur établissement.
Pour l’Université Bourgogne Europe, ces quatre nominations viennent consacrer la vitalité de laboratoires engagés dans des recherches de haut niveau, à la fois disciplinaires et interdisciplinaires. Elles illustrent également la capacité de l’établissement à faire émerger des projets scientifiques ancrés dans les grands débats de notre temps, qu’il s’agisse de la défense de l’État de droit, des technologies photoniques, des fondements mathématiques de la physique contemporaine ou encore de la régulation juridique des sociétés numériques.
