La série d’agressions homophobes qui frappe Dijon depuis plusieurs semaines suscite une vive inquiétude. Dans un communiqué publié après plusieurs faits récents, la députée de Côte-d’Or Catherine Hervieu appelle à une réaction publique « urgente » face à des violences qu’elle juge révélatrices d’un problème national plus profond.
En moins de trois semaines, cinq agressions homophobes ont été recensées dans l’agglomération dijonnaise. Ces faits viennent s’ajouter à une quinzaine d’autres agressions signalées depuis 2020 dans le secteur du lac Kir, devenu au fil des années un lieu régulièrement cité dans des affaires de violences ciblant des personnes homosexuelles. Pour la parlementaire écologiste, ces actes ne peuvent plus être considérés comme des faits divers isolés.
« Je condamne avec la plus grande fermeté les violences homophobes qui visent des personnes en raison de leur orientation sexuelle », affirme la députée dans son communiqué, en adressant également son soutien aux victimes.
Selon les éléments évoqués, les agressions suivent un mode opératoire désormais bien identifié. Les victimes sont approchées via des applications de rencontre, avant qu’un rendez-vous ne soit fixé dans un lieu isolé. Une fois sur place, elles tombent dans un guet-apens organisé par une ou plusieurs personnes. Pour Catherine Hervieu, ces violences ont un objectif clair : « instaurer un climat de peur, d’insécurité et intimider des personnes homosexuelles ».
Au-delà des faits récents, l’élue pointe un manque structurel de moyens consacrés à la lutte contre les discriminations anti-LGBTQIA+. Elle estime que l’accompagnement des victimes repose encore trop souvent sur le travail des associations et des militants bénévoles, avec un soutien insuffisant de l’État et des collectivités publiques.
« Ces associations assurent pourtant des missions essentielles », rappelle-t-elle, évoquant aussi bien l’écoute des victimes que l’accompagnement psychologique, juridique ou social. Une charge devenue de plus en plus lourde dans un contexte de recrudescence des actes haineux.
La députée relie également la situation dijonnaise à une critique plus large de la politique nationale menée contre les discriminations anti-LGBT+. Elle s’appuie notamment sur le récent rapport publié en mars 2026 par la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), chargée d’évaluer le Plan national pour l’égalité des droits et la lutte contre la haine anti-LGBT+ pour la période 2023-2026.
Dans ce rapport, la CNCDH dresse un constat sévère : seules 21 % des mesures prévues par le plan gouvernemental auraient été pleinement réalisées. Selon l’instance, près des deux tiers des engagements n’ont pas été appliqués ou l’ont été de manière partielle. Certaines mesures sont même jugées trop vagues ou essentiellement symboliques, sans outils concrets permettant d’en mesurer les effets réels. La commission critique également l’absence de budget dédié, considérée comme un frein majeur à l’efficacité du dispositif.
Pour Catherine Hervieu, les violences observées à Dijon illustrent directement les conséquences de ces insuffisances. « Ce que nous vivons à Dijon n’est pas un accident local : c’est le révélateur d’un échec systémique de la politique nationale », estime-t-elle.
Face à cette situation, la députée appelle à une mobilisation des pouvoirs publics afin de renforcer la protection des victimes, améliorer la prévention et donner davantage de moyens aux structures d’accompagnement. Elle réclame notamment une réponse politique et judiciaire plus ferme contre les violences motivées par l’orientation sexuelle.
« Il est urgent de dénoncer les attaques et les discriminations envers des personnes en raison de leur orientation sexuelle », conclut-elle, plaidant pour que les associations et les professionnels de terrain disposent enfin des moyens nécessaires pour accompagner les personnes victimes de violences homophobes.
Communiqué de presse du 12 mai 2026 :
Agressions homophobes : l’urgence d’une réponse publique
En moins de trois semaines, cinq agressions homophobes ont été perpétrées à Dijon. Elles s’ajoutent aux agressions – au moins quinze – qui ont été recensées au lac Kir depuis 2020. Je condamne avec la plus grande fermeté les violences homophobes qui visent des personnes en raison de leur orientation sexuelle. Je leur apporte tout mon soutien.
Les victimes sont piégées via des applications de rencontre : une personne prend contact, fixe un rendez-vous, puis la personne est agressée sur le lieu convenu par une ou plusieurs personnes. Ces guets-apens visent à instaurer un climat de peur, d’insécurité et d’intimider des personnes homosexuelles.
Plus largement, l’accueil et l’accompagnement des personnes LGBTQIA+ en France reposent encore trop souvent exclusivement sur le bénévolat ou des initiatives militantes, avec un soutien public insuffisant. Ces associations assurent pourtant des missions essentielles. Cette situation doit évoluer au plus vite.
Ce que nous vivons à Dijon n’est pas un accident local : c’est le révélateur d’un échec systémique de la politique nationale. Dans son rôle de rapporteur national indépendant, la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) vient de rendre, en mars 2026, une évaluation sévère du Plan national pour l’égalité des droits, contre la haine et les discriminations anti-LGBT+ 2023-2026. Le constat est accablant : seules 21 % des mesures prévues par le Plan ont été pleinement réalisées. Les deux tiers des mesures n’ont en réalité pas été réalisées, ou ne l’ont été que de façon insuffisante, tandis que plusieurs relèvent de formules davantage incantatoires qu’opérationnelles, sans indicateurs permettant d’en mesurer l’impact réel. Et tout cela, sans budget.
Il est urgent de dénoncer les attaques et les discriminations envers des personnes en raison de leur orientation sexuelle. Protégeons les victimes et donnons aux associations et aux professionnels les moyens d’accompagner celles et ceux qui subissent ces violences.
