Près de 120 salarié·es de Tetra Pak ont saisi le conseil de prud’hommes de Dijon afin de contester les conditions de leur licenciement. L’Union départementale CGT de Côte-d’Or dénonce, dans un communiqué publié le 1er juin 2026, une fermeture dictée non par le coût du travail, mais par une logique financière visant à préserver les profits et les dividendes des actionnaires.
L’affaire Tetra Pak continue de faire réagir en Côte-d’Or. Après plusieurs semaines de mobilisation devant le site de Longvic, les salarié·es licencié·es entendent désormais porter leur combat sur le terrain judiciaire. Selon la CGT, près de 120 d’entre eux ont engagé une procédure devant le conseil de prud’hommes de Dijon pour dénoncer les conditions dans lesquelles les licenciements ont été décidés et mis en œuvre.
Au cœur de la contestation figure la question des responsabilités réelles dans la fermeture du site. Le syndicat évoque notamment le « montage d’entreprise du groupe Tetra » et souhaite mettre en lumière ce qu’il présente comme les véritables donneurs d’ordre. Pour la CGT, il ne s’agit pas seulement d’un conflit social local, mais d’un dossier emblématique des stratégies industrielles et financières qui fragilisent l’emploi dans les territoires.
La fermeture de l’entreprise a suscité une importante solidarité autour des salarié·es. Pendant de longues semaines, le maintien des emplois a été défendu devant l’usine de Longvic, où les rassemblements ont permis de rendre visible la situation des travailleurs et travailleuses concerné·es. Cette mobilisation, portée par les salarié·es, les organisations syndicales et leurs soutiens, s’inscrit désormais dans une nouvelle étape : celle de la bataille juridique.
L’Union départementale CGT de Côte-d’Or appelle ainsi à un rassemblement le jeudi 4 juin à 8h30, à l’occasion d’une conférence de presse organisée devant le tribunal de Dijon, boulevard Clémenceau. Ce rendez-vous doit permettre de rappeler les revendications des salarié·es, de dénoncer les conditions de licenciement et de replacer l’affaire Tetra Pak dans un contexte plus large de fermetures industrielles.
Pour la CGT, la fermeture du site ne peut être expliquée par le coût du travail, argument régulièrement avancé pour justifier les restructurations. Le syndicat estime au contraire que c’est « le coût du capital » qui pèse sur l’avenir industriel. Selon l’organisation, la volonté de générer toujours davantage de dividendes pour les actionnaires aurait pris le pas sur la préservation de l’emploi, des savoir-faire et de l’activité productive locale.
Cette analyse s’inscrit dans une critique plus globale du modèle économique actuel. La CGT souligne que les profits versés aux actionnaires atteignent des niveaux records, tandis que de nombreuses entreprises ferment ou restructurent, entraînant leur lot de licenciements. Le syndicat dénonce un « ruissellement » qui, selon lui, continue de fonctionner dans le même sens : vers le capital, au détriment des salarié·es.
À travers le dossier Tetra Pak, l’Union départementale CGT entend donc alerter sur les conséquences sociales des choix industriels opérés par les grands groupes. Derrière les chiffres et les procédures, ce sont des emplois, des familles et un bassin de vie qui se retrouvent directement touchés. La fermeture d’un site industriel ne représente pas seulement la disparition d’une activité économique ; elle marque aussi l’affaiblissement d’un territoire et la perte de compétences construites sur plusieurs années.
Le recours aux prud’hommes apparaît ainsi comme une étape essentielle pour les salarié·es concernés. Ils souhaitent faire reconnaître leurs droits, interroger les responsabilités du groupe et contester les justifications avancées autour des licenciements. Pour la CGT, cette procédure doit permettre de faire toute la lumière sur les décisions ayant conduit à la fermeture, mais aussi de rappeler que les salarié·es ne doivent pas être les variables d’ajustement de stratégies financières.
Le rassemblement prévu le 4 juin devant le tribunal de Dijon devrait donc constituer un nouveau moment fort de la mobilisation. La CGT espère y rassembler largement autour des salarié·es de Tetra Pak et faire de cette affaire un symbole de la lutte contre la désindustrialisation. À travers ce mot d’ordre — « Stop à la casse industrielle » — le syndicat entend rappeler que la défense de l’emploi reste, selon lui, indissociable de la défense de l’intérêt général et de l’avenir économique des territoires.
