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Dijon Métropole envisage d’acquérir le Grand Hall de la Cité internationale de la gastronomie et du vin afin d’en faire une véritable porte d’entrée touristique du territoire. Alors que l’opposition dijonnaise attend de disposer du dossier complet avant d’arrêter sa position, un éventuel rejet du projet pourrait la placer face aux maires des 23 communes de la Métropole, toutes sensibilités politiques confondues.

Le projet de rachat du Grand Hall de la Cité internationale de la gastronomie et du vin pourrait rapidement devenir l’un des principaux sujets politiques de la rentrée dans la métropole dijonnaise.

La collectivité souhaite acquérir cet espace aujourd’hui détenu par un opérateur privé, afin d’y renforcer l’accueil touristique et de mieux valoriser l’ensemble des communes de l’agglomération. Le Grand Hall pourrait ainsi devenir la porte d’entrée touristique des 23 communes de Dijon Métropole, en mettant en avant leur patrimoine, leurs paysages, leur gastronomie, leurs producteurs et leurs événements.

Le bâtiment pourrait notamment être utilisé par Dijon Bourgogne Tourisme & Congrès. L’objectif affiché est également de sécuriser l’accès aux différents espaces culturels et touristiques de la Cité de la gastronomie, dans un contexte marqué par les difficultés rencontrées par plusieurs activités commerciales privées du site.

L’opposition attend le dossier complet

Du côté de l’opposition municipale dijonnaise et métropolitaine, l’heure n’est pas encore à une prise de position définitive. Ses représentants souhaitent disposer de l’intégralité du dossier avant de se prononcer, notamment sur le prix de l’acquisition, les éventuels travaux à prévoir, le modèle économique du futur équipement et son coût de fonctionnement pour la collectivité.

Cette prudence apparaît légitime au regard des sommes publiques susceptibles d’être engagées. L’évaluation du bâtiment évoquée publiquement est d’environ 1,3 million d’euros, mais ce montant ne comprendrait pas nécessairement les futurs aménagements et les dépenses liées à son exploitation.

L’opposition devra donc étudier précisément les conditions de l’opération avant de décider de l’approuver, de s’abstenir ou de voter contre.

Un vote contre politiquement délicat

En cas d’opposition au projet, les élus dijonnais pourraient toutefois se retrouver dans une situation politiquement inconfortable. Le principe de l’acquisition bénéficie en effet du soutien annoncé des maires des 23 communes de Dijon Métropole. Ce soutien dépasse les traditionnels clivages entre majorité et opposition, puisqu’il rassemble des élus issus de sensibilités politiques différentes.

Parmi eux figure notamment Guillaume Ruet, maire de Chevigny-Saint-Sauveur, identifié à droite et membre des Républicains. D’autres maires de communes métropolitaines, qui ne sont pas issus de la majorité municipale dijonnaise, soutiennent également le principe d’un équipement destiné à promouvoir l’ensemble du territoire.

Une opposition frontale au rachat ne reviendrait donc pas seulement à contester un projet porté par François Rebsamen ou par la majorité dijonnaise. Elle pourrait être interprétée comme un désaccord avec les maires de l’ensemble de la Métropole, y compris avec certains élus appartenant à la droite et au centre.

Cette situation pourrait compliquer le positionnement des groupes d’opposition. Ils devront déterminer s’ils considèrent ce rachat comme un nouvel engagement financier risqué autour de la Cité de la gastronomie, ou comme un investissement stratégique au bénéfice de l’ensemble des communes.

Une question qui dépasse les frontières de Dijon

La stratégie de Dijon Métropole consiste précisément à présenter le Grand Hall comme un équipement métropolitain, et non comme un projet uniquement dijonnais.

En faisant de cet espace une vitrine des 23 communes, la collectivité entend mieux répartir les retombées touristiques. Les visiteurs arrivant à la Cité pourraient être orientés vers les différents sites du territoire, les itinéraires cyclables, les producteurs locaux, le vignoble et les communes situées autour de Dijon.

Cet argument pourrait peser lourd dans les débats. Les maires des communes périphériques pourraient difficilement accepter que la Cité de la gastronomie reste uniquement centrée sur Dijon alors qu’elle peut constituer un outil de promotion pour toute la Métropole.

Des interrogations financières toujours présentes

Le soutien politique au principe du projet ne doit cependant pas faire disparaître les questions de fond. Les élus devront notamment connaître le prix définitif du bien, l’état exact du bâtiment, le coût des travaux, les modalités de gestion du hall ainsi que les recettes susceptibles d’être générées. Ils devront également déterminer si l’office de tourisme dispose des moyens humains et financiers suffisants pour exploiter ce nouvel espace.

La collectivité devra aussi expliquer comment cette acquisition s’intègre dans l’organisation générale de la Cité internationale de la gastronomie et du vin, où cohabitent des espaces publics, culturels, commerciaux et privés.

Ces éléments seront essentiels pour permettre un débat transparent et éviter que le vote ne se résume à une opposition politique entre la majorité et ses adversaires.

Un dossier à suivre de très près

Le prochain débat métropolitain sera donc particulièrement attendu. L’opposition affirme vouloir juger le projet sur pièces, tandis que l’exécutif métropolitain pourra s’appuyer sur le soutien des 23 maires pour défendre l’intérêt territorial de l’acquisition.

Le dossier devra être suivi de près, car il posera plusieurs questions importantes : la place de la puissance publique dans la Cité de la gastronomie, le coût réel de l’opération, l’avenir de la partie commerciale du site et la stratégie touristique de Dijon Métropole.

Une chose paraît désormais certaine : François Rebsamen, président de Dijon Métropole, signe une nouvelle fois un joli coup politique. En portant le rachat du Grand Hall, il s’apprête, disons-le clairement, à sauver une nouvelle partie de la Cité internationale de la gastronomie et du vin, avec le soutien des maires des 23 communes de la Métropole. Un véritable coup de maître, qui devrait franchir sans difficulté l’étape du conseil métropolitain.

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Commentaires 3

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Guenebaud J C
La solution socialiste habituelle !...C'est Nicolas qui paie !...L'art de redistribuer l'argent qu'on n'a pas !...Non seulement c'est un fiasco, mais il veut en remettre une couche aux dijonnais !...
Jmg
Le gouffre financier n’est pas encore assez important qu’il faut encore y jeter de nouveaux millions ?
Mazereau Jmg
Les bénéfices pour le Privé Les Pertes pour la collectivité. La recette du Ruissellement.