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Le Golden Coast fait de nouveau parler de lui au-delà de ses scènes. Comme l’an dernier, la question des nuisances sonores revient dans le débat. Un sujet qui ne peut pas être ignoré. Mais en trois éditions seulement, le festival s’est aussi imposé comme l’un des événements culturels les plus visibles de Dijon, attirant plusieurs dizaines de milliers de personnes venues de toute la France et de l’étranger.

Le débat est désormais bien installé autour du Golden Coast. D’un côté, un festival qui grandit à grande vitesse, rassemble plusieurs dizaines de milliers de personnes et donne à Dijon une visibilité considérable dans l’univers du rap. De l’autre, des riverains qui dénoncent les nuisances sonores provoquées par les concerts.

Les deux réalités existent. Et elles doivent être regardées ensemble.

Oui, le Golden Coast fait du bruit. Lors de l’édition 2025, les nuisances sonores avaient déjà suscité de nombreuses réactions. Nathalie Koenders avait alors indiqué que 200 plaintes ou signalements avaient été recensés par les forces de l’ordre. Une étude d’impact sonore avait ensuite été annoncée afin de mieux comprendre la propagation du son et d’adapter le dispositif.

Cette année encore, la question revient dans les discussions. Elle devra forcément être traitée avec sérieux si le festival veut s’inscrire durablement dans le paysage dijonnais.

Le bruit ne peut pas être ignoré

Un événement de cette ampleur ne peut pas se contenter de sa réussite populaire pour écarter les critiques. Quand des habitants expliquent être gênés pendant plusieurs heures par les basses ou les vibrations, leur parole doit être entendue. La question de l’orientation des enceintes, de la répartition de la puissance sonore ou encore des horaires devra continuer à être travaillée.

D’autant plus que Golden Coast n’est plus un petit festival en phase d’expérimentation. En seulement trois éditions, il a pris une dimension considérable. La réussite impose donc aussi davantage de responsabilités.

Mais cette question du bruit ne doit pas devenir l’unique prisme à travers lequel regarder l’événement.

En trois ans, un pari devenu un grand rendez-vous

Lorsque Golden Coast a été lancé, le pari était ambitieux : créer à Dijon un grand festival entièrement consacré au rap et aux cultures urbaines. Trois éditions plus tard, le pari est largement en train d’être gagné.

Le festival accueille aujourd’hui plusieurs dizaines de milliers de personnes sur le parc de la Combe à la Serpent et rassemble des artistes majeurs de la scène française et internationale.

Lors de la conférence de presse organisée ce samedi, la maire de Dijon, Nathalie Koenders, a estimé que Golden Coast était désormais « bien ancré dans le paysage culturel dijonnais ».

Elle a également rappelé que le public était particulièrement jeune, avec une moyenne d’âge annoncée autour de 23 ans. Pour elle, le festival représente aussi un espace de respiration pour cette génération.

« Dans une société anxiogène, avec une jeunesse qui parfois souffre, c’est important aussi de leur apporter cette bulle d’air », a-t-elle déclaré. Sur ce sujet, personne ne peut, nous semble-t-il, réellement la contredire.

Des festivaliers venus de loin

Golden Coast ne rassemble plus seulement un public local. Lors de la conférence de presse, les organisateurs ont expliqué que les festivaliers venaient désormais de nombreuses régions françaises.

Lyon et plus largement Auvergne-Rhône-Alpes représentent un bassin en progression, tandis que Paris, Marseille ou Bordeaux restent également représentés.

Des festivaliers viennent aussi de Suisse et de Belgique.

Nathalie Koenders racontait elle-même avoir rencontré samedi matin, sur le marché de Dijon, des jeunes venus de l’extérieur et profitant de leur présence au festival pour découvrir la ville.

C’est aussi cela, l’effet Golden Coast.

Pendant plusieurs jours, des milliers de visiteurs circulent dans Dijon, utilisent les transports, fréquentent les restaurants, les commerces, les hôtels et découvrent le centre-ville. Le festival devient ainsi bien plus qu’une succession de concerts.

Une vitrine pour Dijon

Pour une ville comme Dijon, accueillir un événement de cette dimension constitue aussi un outil d’image. Golden Coast permet de faire circuler le nom de la ville auprès d’un public particulièrement jeune et connecté.

Pendant trois jours, Dijon se retrouve associée à de grands artistes, à des scènes très visibles sur les réseaux sociaux et à une culture qui occupe aujourd’hui une place majeure dans l’industrie musicale.

Nathalie Koenders l’assume désormais clairement. « Je suis fière que la ville et la métropole soient la capitale du rap », a-t-elle déclaré samedi.

La formule peut faire sourire ou faire débat. Mais elle traduit une ambition réelle : inscrire Dijon sur la carte des grandes villes capables d’accueillir un événement musical de cette ampleur.

« Chaque année, on construit une ville éphémère »

Derrière cette vitrine, l’organisation est gigantesque. Stéphane Wehrlé, directeur de Live Affair et co-associé de Golden Coast, a rappelé samedi que le festival nécessitait quatre semaines de montage.

Plus de 1 350 salariés et prestataires sont mobilisés, tandis que plus de 2 700 personnes sont accréditées pour intervenir directement ou indirectement sur l’événement.

« Chaque année, on construit une ville éphémère », a-t-il résumé.

Scènes, sécurité, restauration, transports, réseaux techniques, circulation du public : le festival fonctionne pendant quelques jours comme une véritable petite ville.

Mais Stéphane Wehrlé a également insisté sur la fragilité économique du modèle. Selon lui, le point d’équilibre moyen d’un festival se situe autour de 90 % de remplissage, tandis que les coûts de production ont fortement augmenté ces dernières années. À cela s’ajoutent les aléas climatiques et les contraintes liées au parc de la Combe à la Serpent.

Un site magnifique, mais complexe

Le lieu fait aussi partie de l’identité du Golden Coast. Le contraste entre le rap, culture profondément urbaine, et le cadre naturel de la Combe à la Serpent donne au festival une atmosphère particulière.

Mais cet environnement est aussi fragile et difficile à exploiter. Stéphane Wehrlé estime que Golden Coast arrive désormais au terme d’un premier cycle : celui de la création et de l’installation.

La question est maintenant de savoir comment inscrire le festival dans la durée. « La volonté est là, les compétences sont là, maintenant il faut vraiment l’écrire ensemble si on veut perdurer », a-t-il expliqué.

Christian Allex veut déjà écrire la suite

Pour Christian Allex, cofondateur de Golden Coast, la troisième édition marque également une étape. Après trois ans, les équipes commencent à mieux maîtriser le site, les circulations et les usages du public.

Mais il estime lui aussi que le festival doit désormais entrer dans une nouvelle phase. « Le deuxième chapitre maintenant, il va falloir qu’on l’écrive », a-t-il déclaré. Cette nouvelle étape devra selon lui être construite avec la Ville, la Métropole, la Région, les services de l’État et les partenaires économiques.

Christian Allex a également indiqué que des représentants des Ardentes et du Hellfest étaient venus découvrir Golden Coast. Un signe que le festival commence à être regardé au-delà de Dijon.

Le défi : grandir sans opposer

C’est probablement là que se situe le véritable enjeu. Golden Coast a réussi quelque chose de rare : en seulement trois éditions, il est passé du statut de pari à celui de grand rendez-vous.

Il attire des dizaines de milliers de festivaliers, mobilise des milliers de professionnels et donne à Dijon une visibilité qui dépasse largement les frontières régionales.

Mais cette réussite ne doit pas conduire à minimiser les nuisances. Le bruit doit être traité. Les solutions techniques doivent être améliorées. Les habitants doivent être entendus.

Et dans le même temps, il faut aussi mesurer ce que représente un événement capable de faire venir à Dijon des jeunes de Lyon, Paris, Marseille, Bordeaux, de Suisse ou de Belgique.

Le débat ne devrait donc pas être : faut-il choisir entre le festival et les riverains ?

La vraie question est plutôt : comment permettre à Golden Coast de continuer à grandir tout en réduisant au maximum son impact sur ceux qui vivent autour ? C’est sans doute là que se jouera l’avenir du festival.

En trois éditions, Golden Coast a déjà réussi l’impossible : devenir un grand rendez-vous. Il lui reste maintenant à réussir ce qui est souvent encore plus difficile : durer.

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