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Le Conseil départemental de la Côte-d’Or se réunit en session extraordinaire ce lundi 21 septembre 2026 à Dijon. Après un été marqué par la sécheresse et plusieurs incendies majeurs, les élus doivent examiner une série de mesures destinées à renforcer les moyens du SDIS 21 : détection des feux par intelligence artificielle, réflexion autour d’un hélicoptère bombardier d’eau mutualisé, engagement des jeunes dans la sécurité civile ou encore nouvelles mesures en faveur des agriculteurs. Dijon Actualités vous propose de suivre cette séance en direct.

Ce lundi 21 septembre, les regards sont tournés vers l’Hôtel du Département, à Dijon. À partir de 9 heures, les conseillers départementaux de la Côte-d’Or sont convoqués pour une session extraordinaire largement consacrée aux conséquences des incendies et de la sécheresse qui ont marqué l’année 2026, mais surtout aux moyens à mettre en place pour anticiper les prochaines saisons à risque.

La séance doit débuter par l’appel nominal des conseillers départementaux, avant une allocution du président du Conseil départemental, François Sauvadet. Le président et le directeur départemental du Service départemental d’incendie et de secours de la Côte-d’Or doivent ensuite présenter le bilan de la saison des feux de forêt 2026. Une discussion générale est également prévue avant l’examen des différents rapports soumis à l’Assemblée départementale.

Cette session intervient quelques semaines après un été particulièrement éprouvant pour les sapeurs-pompiers côte-d’oriens. L’incendie de Couchey, déclaré le 29 juillet dans la combe Vaulon, reste l’un des épisodes les plus marquants. Le feu avait parcouru environ 150 hectares, dont plus de 90 hectares avaient été brûlés. Plus de 150 sapeurs-pompiers avaient été engagés au plus fort de l’intervention, avec l’appui de renforts venus de plusieurs départements et d’hélicoptères bombardiers d’eau. Deux appareils avaient notamment effectué 50 largages lors de la première journée de lutte.

Des moyens importants déjà consacrés au SDIS 21

Le premier dossier présenté aux élus doit dresser l’état des moyens actuellement mis à disposition du SDIS 21 par le Département. La contribution départementale atteint environ 23 millions d’euros, tandis que le budget primitif 2026 du service d’incendie et de secours s’élève à près de 67,7 millions d’euros, dont 22,8 millions consacrés à l’investissement.

Après les incendies et épisodes caniculaires de 2022, le Département avait déjà versé un fonds de concours de 5 millions d’euros pour renforcer et renouveler le matériel spécialisé. Cette enveloppe avait notamment permis de financer huit camions spécialisés dans les feux de forêt, quatre camions-citernes ainsi que différents véhicules de reconnaissance et de commandement.

Le Département met également certains de ses agents à disposition du SDIS lorsqu’ils sont eux-mêmes sapeurs-pompiers volontaires. Ils sont 46 en 2026, dont 23 spécialisés dans la lutte contre les feux de forêt durant la période estivale. Une citerne de 35 000 litres et un porte-char peuvent également être mobilisés pour les opérations.

Cette première présentation doit permettre d’ouvrir un débat plus large sur l’évolution des moyens nécessaires face à un risque incendie qui n’est désormais plus réservé aux seuls départements traditionnellement concernés du sud de la France.

L’intelligence artificielle pour détecter un feu en quelques minutes

Autre dossier particulièrement attendu : l’extension du système de détection précoce des incendies utilisant l’intelligence artificielle. Une expérimentation a été conduite au Mont Afrique, dont la position permet de surveiller une partie importante des massifs situés au sud et à l’ouest de l’agglomération dijonnaise.

Deux caméras à large champ de vision y ont été installées afin d’assurer une surveillance à 360 degrés. Les images sont analysées en permanence par des algorithmes capables de rechercher les signes caractéristiques d’un départ de feu. Lorsqu’une fumée suspecte est détectée, une alerte peut être transmise au SDIS afin que les opérateurs procèdent immédiatement à une vérification.

Selon le rapport présenté aux conseillers départementaux, l’objectif est de pouvoir détecter automatiquement un panache de fumée moins de trois minutes après qu’il devient visible. Le cahier des charges envisagé pour la généralisation du dispositif prévoit une détection de jour dans un délai maximal de trois minutes et de nuit dans un délai maximal de cinq minutes, avant la transmission rapide de l’alerte au CTA-CODIS.

Le vote proposé aux élus doit permettre d’approuver le principe d’une extension du dispositif à l’ensemble de la Côte-d’Or. Le Département souhaite parallèlement conserver la maîtrise des données et des infrastructures informatiques utilisées par le système.

Vers un hélicoptère bombardier d’eau partagé avec plusieurs départements ?

L’un des dossiers majeurs de cette session concerne la création d’une capacité aérienne interdépartementale. L’expérience de Couchey a démontré l’importance que peuvent prendre les moyens aériens lorsque les flammes progressent rapidement.

Le Département souhaite ainsi ouvrir une réflexion avec la Saône-et-Loire et le Jura, ainsi qu’avec les SDIS concernés, sur la location saisonnière d’un hélicoptère bombardier d’eau. Le principe serait de disposer d’un appareil mutualisé, susceptible d’être rapidement engagé dans le département où le danger ou l’incendie l’exige.

Parmi les hypothèses étudiées figure un stationnement à l’aéroport de Dole, présenté dans le rapport comme un emplacement pertinent en raison de sa situation géographique et de ses installations, notamment la présence d’un pélicandrome et d’une réserve de produit retardant. Les conditions opérationnelles et la répartition du financement entre les différents partenaires doivent encore être étudiées.

À ce stade, il ne s’agit donc pas pour le Département d’acheter immédiatement un hélicoptère. Les élus doivent se prononcer sur le lancement des travaux de préfiguration permettant d’étudier la location d’un hélicoptère bombardier d’eau à l’échelle interdépartementale.

« Génération Sécurité civile » : sensibiliser les collégiens et susciter des vocations

La prévention passera également par la jeunesse. Le Conseil départemental doit examiner la création du programme « Génération Sécurité civile – Côte-d’Or », développé avec le SDIS 21 et différents partenaires de l’Éducation nationale.

Le projet doit commencer dès l’année scolaire 2026-2027 dans quatre collèges. Les élèves pourront être sensibilisés aux risques, à l’organisation des secours, aux comportements à adopter en situation d’urgence et aux différentes possibilités d’engagement dans la sécurité civile. Un dispositif de « Cadets de la sécurité civile » doit également être développé.

Le Département entend également renforcer le lien avec les Jeunes Sapeurs-Pompiers. En 2025, la Côte-d’Or comptait 23 sections regroupant 304 jeunes. Cette même année, 55 jeunes avaient obtenu leur brevet national de jeune sapeur-pompier et 45 anciens JSP avaient rejoint les rangs des sapeurs-pompiers volontaires.

L’objectif affiché est donc double : développer une culture du risque chez les jeunes Côte-d’Oriens tout en renforçant, à plus long terme, le vivier du volontariat sur lequel repose une grande partie du modèle de sécurité civile.

Sécheresse : de nouvelles mesures également envisagées pour les agriculteurs

L’agriculture constitue le dernier grand volet de cette session extraordinaire. Le printemps et l’été 2026 ont été particulièrement secs en Côte-d’Or. Selon les données présentées dans le rapport départemental, la station de Perrigny n’avait enregistré que 95 millimètres de pluie entre le 1er avril et le 18 août, avec plusieurs longues périodes presque dépourvues de précipitations et quatre vagues de chaleur.

La raréfaction de l’eau a directement affecté les exploitations agricoles mais également les moyens disponibles pour faire face aux incendies. Au 17 août, 11 des 14 sous-bassins versants du département étaient placés en situation de crise et les trois autres en alerte renforcée.

Le rôle joué par les agriculteurs lors de l’incendie de Couchey est également mis en avant. Plusieurs d’entre eux s’étaient spontanément rendus sur place avec des citernes afin d’aider les secours. Le Département souhaite désormais travailler à une organisation plus structurée de cette participation, en lien avec la Chambre d’agriculture, le SDIS 21 et la préfecture.

Une expérimentation doit par ailleurs être engagée avec le Syndicat des Eaux et de Services Auxois-Morvan (SESAM) afin d’identifier des points d’eau aujourd’hui inutilisés pour l’alimentation en eau potable, comme certains étangs ou certaines mares, et d’étudier les zones susceptibles de recueillir des eaux de ruissellement. Le Département souhaite également élargir son dispositif d’aide aux agriculteurs pour faciliter le stockage et la récupération de différentes ressources en eau.

Une session entièrement tournée vers l’après-été 2026

Au-delà du bilan de la saison écoulée, cette réunion extraordinaire doit donc surtout préparer les prochaines années. Détection automatique des fumées, intervention aérienne plus rapide, renouvellement du matériel, mobilisation des agriculteurs, gestion de la ressource en eau et sensibilisation des jeunes : le Conseil départemental veut aujourd’hui construire une réponse plus globale face au risque incendie.

La séance permettra également aux différents groupes politiques de débattre des choix proposés, de leur financement et de leur mise en œuvre. Les décisions prises ce lundi seront particulièrement observées après un été durant lequel plusieurs communes de la Côte-d’Or, et notamment celles de l’agglomération dijonnaise, ont été directement confrontées à la menace des flammes.

Dijon Actualités vous propose de suivre ci-dessous, en direct, la session extraordinaire du Conseil départemental de la Côte-d’Or.

Les séances sont ouvertes au public

Pour accéder à la salle des Séances, veuillez passer par les Jardins du Département au 53 bis rue de la Préfecture (entrée Conseil Départemental) ou par le 17 boulevard de la Trémouille (entrée Conseil Régional) de 9h à 16h30.

La salle des Séances est accessible aux personnes à mobilité réduite (rampes d’accès, ouverture automatique des portes, ascenseur pour accéder à l’espace réservé au public).

Renseignements au 03 80 63 68 31

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