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La colère monte au sein des services d’incendie et de secours. Après une mobilisation nationale le 29 septembre, les organisations syndicales des sapeurs-pompiers professionnels et des personnels administratifs, techniques et spécialisés dénoncent un manque chronique d’effectifs, des conditions de travail dégradées et l’absence de réponses concrètes des pouvoirs publics. Une nouvelle journée de grève et de manifestations est prévue ce jeudi 5 novembre 2026. À Dijon, le cortège partira à 14 heures de la place de la Libération. Une autre mobilisation, spécifiquement consacrée aux services d’incendie et de secours, est déjà annoncée pour le 4 décembre.

« Nous allons devoir parler plus fort ! »

Le ton se durcit entre les organisations syndicales des services d’incendie et de secours (SIS) et les pouvoirs publics. Dans un communiqué commun publié le 23 octobre 2026, huit organisations syndicales, dont la Fédération autonome des sapeurs-pompiers professionnels et des personnels administratifs, techniques et spécialisés (FA SPP-PATS), la CGT, SUD, FO, l’UNSA, la CFTC et la CFDT, dénoncent une situation qu’elles jugent de plus en plus préoccupante.

À l’origine de cette nouvelle prise de position, une réunion organisée le 23 octobre à la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC), consacrée au projet de loi de modernisation de la sécurité civile.

Pour les représentants du personnel, cette rencontre a une nouvelle fois mis en évidence un décalage important entre les discours officiels et les réalités vécues quotidiennement sur le terrain.

Alors que le ministère présente le modèle français de sécurité civile comme solide et résilient, les syndicats dressent un constat bien différent.

Difficultés opérationnelles, manque d’effectifs, dégradation des conditions de travail et risques pour la santé et la sécurité des agents figurent parmi leurs principales préoccupations.

21 000 sapeurs-pompiers professionnels supplémentaires réclamés

L’une des principales revendications concerne le recrutement de nouveaux personnels. L’intersyndicale demande la création de 21 000 postes supplémentaires de sapeurs-pompiers professionnels à l’échelle nationale, accompagnée d’un financement à la hauteur des besoins opérationnels.

Les organisations syndicales estiment que les effectifs actuels ne permettent pas toujours de répondre convenablement à l’ensemble des missions confiées aux services d’incendie et de secours.

Elles réclament également de véritables garanties concernant la santé et la sécurité des agents.

Autre point de désaccord : le projet de loi de modernisation de la sécurité civile.

Selon les syndicats, ce document de 37 pages ne répond pas aux principales préoccupations des sapeurs-pompiers professionnels. Ils regrettent notamment que les personnels administratifs, techniques et spécialisés (PATS), pourtant indispensables au fonctionnement des services, n’y soient pas mentionnés.

Le recours au volontariat également dénoncé

Le communiqué intersyndical aborde également une question particulièrement sensible : le recours au volontariat pour compenser le manque d’effectifs professionnels.

Les syndicats dénoncent le fait que certains sapeurs-pompiers professionnels exercent parallèlement des activités sous statut de sapeur-pompier volontaire, une situation qui, selon eux, permet de pallier insuffisamment et artificiellement les besoins en personnels permanents.

Face à cette situation, l’intersyndicale appelle les sapeurs-pompiers professionnels concernés à cesser leur activité exercée sous statut de volontaire.

L’objectif affiché est d’obtenir des emplois professionnels supplémentaires et pérennes pour répondre aux besoins opérationnels permanents.

Les représentants syndicaux rappellent par ailleurs l’importance des sapeurs-pompiers volontaires, qui constituent notamment un vivier de recrutement pour les futurs professionnels.

Une première mobilisation jugée insuffisante

Le mouvement de contestation ne date pas d’aujourd’hui. Le 29 septembre dernier, près de 10 000 sapeurs-pompiers et agents se sont mobilisés en France, selon les chiffres avancés par l’intersyndicale.

Cette première journée d’action avait pour objectif d’alerter les pouvoirs publics sur les conditions de travail, les effectifs, la santé et la sécurité des personnels, ainsi que sur l’avenir du service public de secours.

Mais pour les organisations syndicales, les réponses attendues ne sont toujours pas au rendez-vous.

Elles considèrent désormais qu’une nouvelle étape doit être franchie pour obtenir des engagements concrets, notamment en matière de recrutement, de financement et de reconnaissance professionnelle.

Jeudi 5 novembre : une manifestation à Dijon dès 14 heures

C’est dans ce climat de tensions sociales que s’inscrit la journée de mobilisation du jeudi 5 novembre 2026. La FA SPP-PATS a diffusé un appel à la grève et à la manifestation aux côtés des autres fonctionnaires et salariés mobilisés.

Quatre revendications sont particulièrement mises en avant : des effectifs à la hauteur des missions, une meilleure reconnaissance des métiers, un véritable pouvoir d’achat et des carrières attractives et sécurisées.

À Dijon, cette journée s’inscrit dans un mouvement interprofessionnel plus large, avec des revendications portant notamment sur les salaires, l’emploi, les services publics et les conditions de travail.

Le départ de la manifestation est prévu à 14 heures, place de la Libération, au cœur du centre-ville de Dijon. Les sapeurs-pompiers professionnels et les personnels des services d’incendie et de secours sont ainsi appelés à faire entendre leurs revendications aux côtés des autres professions mobilisées.

Le 4 décembre, une dépose symbolique des casques devant les préfectures

Mais la mobilisation ne devrait pas s’arrêter au 5 novembre. L’intersyndicale des services d’incendie et de secours appelle également à une nouvelle journée d’action nationale le vendredi 4 décembre 2026.

Cette fois, une opération symbolique est annoncée : les sapeurs-pompiers professionnels sont invités à déposer leurs casques devant les préfectures de chaque département.

Par cette action, les organisations syndicales veulent interpeller directement les représentants de l’État sur les moyens alloués à la sécurité civile et sur les conditions d’exercice de leurs missions.

Un préavis de grève intersyndical couvre par ailleurs la période du 21 octobre au 4 décembre inclus, permettant aux personnels concernés de participer aux différentes actions du mouvement.

Une inquiétude pour l’avenir du service public de secours

Au-delà des revendications salariales et statutaires, les représentants syndicaux souhaitent attirer l’attention sur l’avenir du modèle français de sécurité civile.

Ils estiment que le fonctionnement des services d’incendie et de secours ne peut durablement reposer sur l’engagement des personnels sans moyens supplémentaires adaptés.

Leurs demandes concernent aussi bien les sapeurs-pompiers professionnels que les agents administratifs, techniques et spécialisés qui participent quotidiennement au fonctionnement des services.

Pour l’intersyndicale, le message adressé au gouvernement est désormais sans ambiguïté : après les alertes, les propositions et les premières mobilisations, les personnels attendent des résultats concrets.

À Dijon, la prochaine étape de cette mobilisation aura lieu jeudi 5 novembre, avec un départ du cortège à 14 heures, place de la Libération. Le rendez-vous national du 4 décembre constituera ensuite un nouveau temps fort de la contestation dans les services d’incendie et de secours.

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