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Le conseil municipal de Dijon a approuvé, lundi 21 septembre, le partenariat avec la Région Bourgogne-Franche-Comté destiné à mettre en place une complémentaire santé à tarif négocié. Favorable au principe du dispositif, Henri-Bénigne de Vrégille, conseiller municipal du groupe Agir pour Dijon, droite, centre et indépendants, a toutefois alerté sur plusieurs conséquences du choix d’un portage régional. La maire de Dijon, Nathalie Koenders, lui a répondu directement, défendant le partenariat avec la Région et la capacité de celui-ci à faire baisser les tarifs.

La création d’une mutuelle municipale à Dijon franchit une étape décisive. Réuni lundi 21 septembre, le conseil municipal a autorisé la maire de Dijon à signer avec la Région Bourgogne-Franche-Comté le protocole de partenariat préalable à la mise en œuvre du dispositif. Cette mesure constitue l’engagement n°2 du programme de mandat 2026-2032 de la majorité municipale.

L’objectif affiché est double : améliorer l’accès aux soins et alléger le poids de la complémentaire santé dans le budget des ménages. Ouverte à l’ensemble des habitants qui souhaiteront y souscrire, la future offre doit permettre d’obtenir des tarifs plus avantageux grâce au nombre d’adhérents potentiels, tout en maintenant un niveau de couverture de qualité.

Les seniors, les familles monoparentales, les travailleurs indépendants et les jeunes figurent notamment parmi les publics susceptibles d’être particulièrement intéressés. Mais la municipalité insiste sur le caractère universel du dispositif, qui sera accessible à l’ensemble des Dijonnaises et des Dijonnais.

La Ville ne deviendra toutefois pas elle-même assureur. Elle agira comme facilitateur et promoteur du dispositif, sans être partie au contrat qui liera individuellement chaque souscripteur à l’opérateur retenu. Des permanences doivent être organisées dans plusieurs quartiers afin de présenter les différentes offres et de permettre aux habitants de disposer des informations nécessaires avant de s’engager.

Initialement présentée comme une mutuelle à l’échelle dijonnaise, l’initiative s’inscrit désormais dans un projet plus large porté avec la Région Bourgogne-Franche-Comté. Dijon doit jouer un rôle préfigurateur dans ce dispositif régional. La Ville sera associée au choix de l’opérateur, dont la désignation est attendue au cours du mois de novembre. La mise en œuvre est annoncée pour la fin de l’année 2026.

Henri-Bénigne de Vrégille : « Sur le fond, nous partageons cet objectif »

Dans l’opposition, Henri-Bénigne de Vrégille n’a pas contesté le principe de cette complémentaire santé. Le conseiller municipal a rappelé que son groupe avait lui aussi défendu pendant la campagne une proposition équivalente de mutuelle municipale.

Pour l’élu, un tel dispositif présente un intérêt particulier pour les personnes qui ne bénéficient pas d’une complémentaire santé par l’intermédiaire de leur activité professionnelle, à l’image des étudiants, des travailleurs indépendants, des personnes sans emploi ou encore des retraités.

La logique d’achat collectif et le nombre potentiel d’adhérents peuvent également, selon lui, constituer un levier pour négocier des tarifs plus avantageux et ainsi favoriser l’accès aux soins des publics disposant des budgets les plus contraints.

Henri-Bénigne DE VREGILLE

« Sur le fond, nous partageons cet objectif et c’est la raison pour laquelle nous voterons ce rapport », a déclaré Henri-Bénigne de Vrégille devant le conseil municipal.

Ce soutien s’accompagne néanmoins de plusieurs réserves. L’élu estime que le passage d’un projet municipal à un dispositif porté avec la Région Bourgogne-Franche-Comté n’est « pas neutre ».

Selon lui, Dijon risque notamment de perdre une partie de son autonomie dans le pilotage du dispositif puisque, même associée à sa gouvernance et à sa communication, la Ville ne sera pas le donneur d’ordre du ou des prestataires retenus.

Des interrogations sur les conséquences de la régionalisation

Henri-Bénigne de Vrégille s’interroge également sur les conséquences économiques de la massification recherchée. Si l’augmentation du nombre de contrats peut permettre, dans un premier temps, de négocier des tarifs plus intéressants, il estime qu’elle pourrait aussi entraîner certains effets indésirables.

Il évoque notamment un possible phénomène de « déséconomie d’échelle », avec des coûts de gestion susceptibles d’augmenter au-delà d’un certain nombre d’adhérents. Il soulève également la question de la répartition du risque entre les différents territoires de Bourgogne-Franche-Comté.

Selon le conseiller municipal, un public plus âgé ou davantage éloigné des lieux de soins pourrait coûter plus cher à assurer. Il craint ainsi que les Dijonnais puissent être amenés à assumer une partie de la solidarité régionale, ce qui, selon son analyse, n’aurait pas été le cas dans le cadre d’une mutuelle strictement municipale.

L’élu appelle par ailleurs à la prudence face au manque de recul sur les mutuelles territoriales. Dans son intervention, il souligne le caractère récent de ces dispositifs et estime qu’un contrôle attentif de la qualité des prestations et de l’effectivité des remboursements devra accompagner leur développement.

Quatre garanties réclamées par l’opposition

Pour accompagner son vote favorable, Henri-Bénigne de Vrégille a formulé quatre propositions. Il demande d’abord l’instauration d’une clause de rendez-vous permettant, après une première période de fonctionnement, de réexaminer l’opportunité de maintenir la dimension régionale de la mutuelle.

Il souhaite également que des représentants des adhérents puissent participer aux instances de pilotage, notamment afin de garantir davantage de transparence sur l’utilisation et la valorisation des données personnelles et de contrôler l’effectivité des prises en charge par la complémentaire.

Le conseiller municipal propose également la création d’un tarif particulier pour les étudiants, estimant qu’ils devraient être particulièrement nombreux à pouvoir bénéficier du dispositif dans une ville universitaire comme Dijon.

Enfin, Henri-Bénigne de Vrégille souhaite que la communication municipale autour de la mutuelle comporte une dimension plus large de santé publique, en intégrant notamment certaines problématiques urbaines comme la lutte contre la consommation de stupéfiants ou contre l’isolement.

Nathalie Koenders réplique : « Vous êtes incroyable »

Les remarques du conseiller municipal ont suscité une réponse directe de Nathalie Koenders. La maire de Dijon a notamment pointé ce qu’elle considère comme une contradiction dans l’argumentation de l’élu d’opposition : contester le partenariat régional tout en prenant comme référence un dispositif mis en place par une autre Région.

« Vous êtes incroyable, en fait. Dans la même intervention, vous me dites qu’il ne faut pas contractualiser avec la Région parce que ça ne serait pas bien pour les Dijonnais. Et en même temps, vous prenez l’exemple d’une mutuelle faite par une Région pour dire qu’il faut faire comme ça ! », lui a répondu Nathalie Koenders.

La maire de Dijon a également tenu à répondre aux inquiétudes concernant le rôle laissé à la Ville dans la gouvernance du futur dispositif : « Alors, déjà, je vais vous rassurer : on est dans le comité de pilotage ! Et nous allons, aux côtés de la Région, choisir le prestataire ! »

Pour Nathalie Koenders, l’élargissement du dispositif à l’échelle régionale constitue justement l’un des principaux leviers permettant d’espérer une diminution du coût de la complémentaire santé : « Et en même temps, être avec la Région, ça permet de, comment dire, d’agrandir le nombre de la population concernée. Donc ça va, de fait, faire baisser les prix ! »

La maire a également indiqué que d’autres communes disposant déjà d’une première expérience en matière de mutuelle municipale pourraient rejoindre cette organisation régionale : « Et je peux vous dire qu’il y a des communes qui ont déjà fait… Je crois que c’est la ville de Chenôve, ou il y avait d’autres villes qui avaient déjà un début de mutuelle municipale, qui vont justement venir dans ce système. »

« Que vous votiez ou que vous ne votiez pas, moi, j’avance ! »

L’échange a finalement pris une tonalité plus politique lorsque Nathalie Koenders a directement répondu aux critiques exprimées depuis les bancs de l’opposition.

« Donc voilà. Après, je sais que vous êtes dans l’opposition, vous cherchez à critiquer. Peut-être que vous aidez des fois sur les choses, mais que vous votiez ou que vous ne votiez pas, moi, j’avance ! », a conclu la maire de Dijon.

Avec l’adoption du protocole de partenariat, le dossier entre désormais dans sa phase opérationnelle. La Ville doit être associée au choix du prestataire, attendu au mois de novembre, avant une mise en œuvre annoncée dès la fin de l’année 2026.

La future mutuelle constituera ainsi l’une des mesures phares du nouveau mandat municipal. Pour Nathalie Koenders et sa majorité, elle doit répondre simultanément à deux préoccupations directement liées au quotidien des Dijonnais : le pouvoir d’achat et l’accès aux soins.

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