À Dijon, la tension grimpe entre les représentants étudiants et le CROUS. Dans un communiqué publié le 20 avril 2026, le syndicat Solidaires étudiant-e-s dénonce une nouvelle augmentation des loyers dans les résidences universitaires, accusant l ‘administration de mépris et d’inaction face à la précarité étudiante. Selon les chiffres avancés, les loyers connaîtront une augmentation moyenne de 52,09 euros par an, soit un peu plus de 4 euros mensuels. Certaines résidences sont particulièrement touchées : à Antipodes, les logements de type T3 enregistreraient une hausse allant jusqu’à 82,80 euros annuels.
Pour l’administration, cette revalorisation serait « modérée ». Une lecture que contestent vivement les représentants étudiants, qui y voient au contraire une pression supplémentaire sur les budgets déjà fragiles. Cette hausse intervient dans un contexte économique difficile pour les étudiants. Les bourses stagnent tandis que le coût de la vie continue d’augmenter. Une situation qui, selon le communiqué, impose des choix « impossibles » entre se loger et se nourrir correctement.
Les organisations étudiantes pointent également une incohérence structurelle : les aides financières sont versées sur dix mois, alors que les loyers sont dus toute l’année. Au-delà de cette augmentation, les syndicats dénoncent une dynamique plus large. Après un gel des loyers entre 2020 et 2024, les tarifs ont déjà progressé de 3,5 % en 2024 puis de 3,26 % en 2025, soit près de 7 % en deux ans.
Pour les étudiants mobilisés, cette évolution s’accompagne d’un manque d’investissement dans les infrastructures. Certains logements resteraient insalubres ou nécessiteraient des rénovations urgentes, sans amélioration notable. Le communiqué insiste également sur la situation des étudiants internationaux, confrontés à des frais d’inscription plus élevés et à la suppression annoncée des aides personnalisées au logement (APL) à partir de juillet 2026. Une combinaison de mesures qui, selon les organisations étudiantes, risque de rendre l’accès aux études supérieures en France plus difficile et plus inégalitaire.
Face à cette situation, Solidaires étudiant-e-s appelle à une mobilisation le 24 avril devant les locaux du CROUS à Dijon (6b Rue Recteur Marcel Bouchard). L’objectif : faire entendre une contestation qui, selon eux, n’a pas été prise en compte au sein des instances décisionnelles. Cette nouvelle hausse des loyers pourrait ainsi devenir un point de cristallisation plus large des tensions autour des conditions de vie étudiante, à l’heure où la précarité demeure un enjeu majeur de l’enseignement supérieur.
