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Le fabricant dijonnais de vélos Cycles Lapierre a déposé, mercredi 5 août, une demande d’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire auprès du tribunal de commerce de Dijon. L’entreprise, qui emploie 106 salariés, assure vouloir poursuivre son activité, finaliser son plan de redressement et trouver un investisseur capable de financer durablement son développement.

Une nouvelle étape délicate s’ouvre pour Cycles Lapierre. Après avoir informé et consulté son Comité social et économique, l’entreprise a saisi le tribunal de commerce de Dijon afin de demander son placement en redressement judiciaire.

L’audience doit se tenir le 25 août 2026. Le tribunal devra alors décider s’il ouvre ou non la procédure sollicitée par la direction.

Cycles Lapierre insiste sur un point : cette démarche ne constitue pas une demande de liquidation judiciaire. En cas d’accord du tribunal, une période d’observation permettrait à l’entreprise de poursuivre son activité tout en travaillant à une solution de continuation.

Cette période doit notamment servir à consolider le plan de redressement déjà engagé et à faire entrer un investisseur industriel ou financier.

« Nous nous donnons les moyens de nous battre »

Dans un communiqué, le directeur général de Cycles Lapierre, William Perrier, présente la demande de redressement judiciaire comme un moyen de protéger l’entreprise plutôt que comme un renoncement.

« Nous ne déposons pas cette demande pour renoncer. Nous la déposons pour nous donner les moyens de nous battre. »

La direction affirme vouloir préserver l’identité de Lapierre, ses équipes et son implantation historique à Dijon. Elle espère également que la procédure permettra à la marque de retrouver davantage d’indépendance.

« Une page de notre histoire s’est tournée ; l’avenir de Lapierre doit maintenant s’écrire pour Lapierre, avec son identité, ses équipes et son ancrage à Dijon », déclare William Perrier.

Le dirigeant indique que l’objectif prioritaire reste la préservation du plus grand nombre possible d’emplois.

Une entreprise fondée à Dijon en 1946

Créée à Dijon en 1946, Cycles Lapierre célèbre cette année ses 80 ans d’existence. L’entreprise emploie actuellement 106 collaborateurs et s’appuie sur un réseau de plus de 800 revendeurs.

En 2025, elle a réalisé un chiffre d’affaires de 99,1 millions d’euros, selon les données communiquées par la direction.

La marque dijonnaise s’est construite autour de la conception et de la commercialisation de vélos de route, de VTT et de vélos à assistance électrique. Elle constitue l’un des noms historiques de l’industrie du cycle en Bourgogne.

Son avenir est aujourd’hui fragilisé par les difficultés qui touchent l’ensemble du marché du vélo depuis la fin de la période de forte croissance liée à la crise sanitaire.

Le contrecoup des années Covid

Pendant les confinements et les années qui ont suivi, la pratique du vélo avait connu un essor important. La demande avait fortement augmenté, entraînant une hausse des commandes et des volumes produits dans tout le secteur.

Mais le marché s’est ensuite retourné. La baisse de la demande a laissé de nombreux fabricants et distributeurs avec des stocks trop importants.

Cycles Lapierre évoque une diminution des volumes de vente, une multiplication des promotions et une forte pression sur les marges. Ces remises, utilisées pour écouler les stocks, ont réduit la rentabilité des entreprises du secteur.

À ces difficultés commerciales s’ajoute la disparition du soutien financier du groupe Accell, auquel Lapierre était rattaché. L’entreprise dijonnaise doit désormais construire seule son avenir et trouver de nouvelles sources de financement.

Des stocks fortement réduits

La direction affirme avoir déjà engagé plusieurs mesures pour améliorer la situation.

Cycles Lapierre a réduit ses coûts, adapté son organisation et procédé à un important assainissement de ses stocks. Entre la fin de l’année 2023 et la fin de 2024, les stocks de produits finis auraient diminué de près de 47 %.

L’entreprise indique également que sa perte d’exploitation a été réduite de 41 % entre 2024 et 2025.

Les premiers mois de 2026 auraient montré de nouveaux signes d’amélioration, notamment au niveau des marges. Ces progrès ne suffisent toutefois pas encore à restaurer la trésorerie nécessaire au fonctionnement durable de l’entreprise.

Pour la direction, ils démontrent néanmoins que le redressement opérationnel a commencé.

La recherche d’un investisseur est engagée

Cycles Lapierre travaille désormais à l’entrée d’un investisseur industriel ou financier. Celui-ci devra apporter les moyens nécessaires à la poursuite de l’activité et au retour à l’autonomie.

L’entreprise souhaite construire un plan de continuation lui permettant de retrouver sa pleine autonomie commerciale, opérationnelle et financière.

Le redressement judiciaire pourrait lui offrir un cadre temporaire pour poursuivre les discussions, protéger son activité et finaliser ce projet.

La recherche d’un investisseur sera donc au centre des prochaines semaines. L’identité d’un éventuel candidat, le montant des financements nécessaires et les conditions d’une reprise ou d’une prise de participation ne sont pas encore précisés.

Les collectivités et les partenaires sollicités

La direction indique avoir mobilisé plusieurs acteurs publics et économiques autour de la situation de l’entreprise.

La préfecture, les services de l’État, la Région Bourgogne-Franche-Comté, Dijon Métropole et la Ville de Dijon sont notamment concernés. Les banques, les principaux clients, les distributeurs, les fournisseurs et les partenaires logistiques sont également associés aux échanges.

Cette mobilisation territoriale n’a pas vocation, selon Lapierre, à remplacer l’investissement privé. Elle doit permettre de créer les conditions favorables à une solution durable, notamment pour les emplois et le maintien du savoir-faire à Dijon.

L’enjeu dépasse en effet la seule situation financière de l’entreprise. Cycles Lapierre représente une marque historique, un réseau de sous-traitants et de partenaires, ainsi qu’une activité industrielle et commerciale implantée localement depuis huit décennies.

L’activité se poursuit

Malgré la demande de redressement judiciaire, Cycles Lapierre assure que son activité continue.

Les équipes restent mobilisées pour traiter les commandes, les livraisons, les garanties, les pièces de rechange et le service après-vente. L’entreprise affirme que les clients, revendeurs et partenaires directement concernés par une éventuelle évolution seront contactés individuellement.

La direction remercie par ailleurs les utilisateurs, les distributeurs et les partenaires de la marque pour leur fidélité.

Elle reconnaît toutefois que l’annonce constitue une épreuve importante pour les salariés et leurs familles. Les collaborateurs doivent être informés régulièrement des évolutions de la procédure et des avancées dans la recherche d’un investisseur.

Une décision attendue le 25 août

La prochaine échéance importante sera donc l’audience prévue devant le tribunal de commerce de Dijon, le 25 août.

En cas d’ouverture du redressement judiciaire, Cycles Lapierre entrerait dans une période d’observation. Celle-ci permettrait d’examiner précisément sa situation économique et financière, tout en laissant à l’entreprise le temps de présenter une solution de continuation.

La réussite de cette démarche dépendra notamment de la capacité de la direction à sécuriser des financements, à convaincre un investisseur et à confirmer l’amélioration de ses résultats opérationnels.

Cycles Lapierre prévoit de communiquer de nouveau après la décision du tribunal, puis à chaque étape importante de la procédure et de la recherche d’un partenaire financier.

Pour l’entreprise dijonnaise, les prochaines semaines seront déterminantes. Après 80 ans d’histoire, son objectif est désormais de préserver son activité, ses emplois et son ancrage local tout en ouvrant un nouveau chapitre industriel.

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