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Le Village gastronomique, situé au sein de la Cité internationale de la gastronomie et du vin de Dijon, n’a décidément pas fini de faire couler de l’encre. Et pour cause : un nouvel article de nos confrères du Bien public, intitulé « Cité de la gastronomie : une association et un ancien salarié dénoncent des impayés au Village », révèle que certaines dettes n’auraient toujours pas été réglées.

Ces accusations viennent assombrir encore davantage l’horizon d’un établissement dont les difficultés économiques ne semblent désormais plus pouvoir être dissimulées.

Pierre Guez, appelé à la rescousse pour redresser la barre, voit aujourd’hui le navire dangereusement se rapprocher des récifs. Lui qui ambitionnait de réancrer la Cité de la gastronomie dans le quotidien des Dijonnais et de rendre le lieu plus populaire n’a, pour le moment, pas réussi à inverser durablement la tendance. Lors de son arrivée, il reconnaissait déjà que le modèle initial, jugé trop élitiste, n’avait pas trouvé son public et qu’il fallait transformer le Village en véritable lieu de vie.

Il faut dire que, pour empêcher un tel bateau de sombrer, quelques ajustements de communication et plusieurs nouvelles animations ne suffisent probablement plus. Le Village gastronomique a connu quatre responsables en quatre ans, plusieurs boutiques ont fermé ou changé d’activité et son modèle économique reste encore à consolider.

La preuve en est : selon les propos rapportés par Le Bien public, Pierre Guez reconnaît lui-même que l’entreprise se trouve dans une difficulté « notoire ». Le mot est fort. Il confirme que la situation ne relève plus d’une simple mauvaise passe ou d’un problème passager de fréquentation.

Désormais, Pierre Guez et le groupe parisien K-REI, présidé par William Krief, semblent attendre beaucoup du projet de rachat du Grand Hall par Dijon Métropole. Cette acquisition permettrait notamment de dégager des ressources et de donner un peu d’air à l’exploitation du Village.

« Cela nous permettra de régler les retards qu’on a vis-à-vis de certains fournisseurs et de consolider la fin de l’année », précise Pierre Guez dans les colonnes du Bien public.

Cette déclaration est particulièrement éclairante. Elle établit un lien direct entre la vente envisagée du Grand Hall et le règlement de retards accumulés auprès de certains fournisseurs. Autrement dit, sans cette opération immobilière impliquant la collectivité, la situation financière pourrait devenir encore plus délicate.

Depuis plusieurs mois, les signes de fragilité sont pourtant visibles. Fermetures, changements successifs de direction, difficultés à fidéliser le public local, offre commerciale régulièrement remaniée : le Village gastronomique cherche encore son cap, plus de quatre ans après son ouverture.

Une question politique mérite alors d’être posée : pourquoi ces difficultés et ces impayés présumés ne sont-ils révélés publiquement que maintenant, après les élections municipales ? Simple coïncidence de calendrier ou situation connue depuis plus longtemps ? En l’absence d’éléments précis, il serait hasardeux de l’affirmer, mais les Dijonnais sont légitimement en droit de s’interroger.

Une chose apparaît en revanche plus clairement : le rachat du Grand Hall pourrait constituer une véritable bouée de sauvetage. Dijon Métropole envisage d’acquérir cet espace, aujourd’hui détenu par un opérateur privé, pour environ 1,3 million d’euros et d’en faire une porte d’entrée touristique destinée à promouvoir les 23 communes de la métropole. Ce montant ne comprendrait toutefois pas nécessairement les futurs travaux d’aménagement ni les coûts d’exploitation du bâtiment.

On comprend donc mieux, à la lumière des déclarations de Pierre Guez, l’intérêt du groupe privé pour cette opération.

Disons les choses avec franchise : une fois de plus, les contribuables pourraient être appelés à mettre la main à la poche autour de la Cité internationale de la gastronomie et du vin. La puissance publique s’apprête à engager près de 1,3 million d’euros dans l’acquisition d’un espace privé, alors même que le Village gastronomique reconnaît avoir besoin de cette vente pour régler certains retards auprès de ses fournisseurs.

François Rebsamen assure pourtant que l’objectif de l’opération n’est pas de « sauver la Cité de la gastronomie », mais de créer un nouvel outil touristique métropolitain. Cet argument devra être étudié sérieusement. Le projet peut effectivement présenter un intérêt pour l’ensemble du territoire, notamment s’il permet de mettre en valeur les producteurs, le patrimoine et les événements des 23 communes de Dijon Métropole.

Mais au regard des propos de Pierre Guez, le doute est permis.

La question n’est donc pas seulement de savoir si le Grand Hall peut devenir une vitrine touristique utile. Il faut également déterminer si son rachat constitue, directement ou indirectement, une aide financière apportée à un opérateur privé en difficulté.

Avant tout vote, les élus devront obtenir des réponses précises : quel est l’état exact du bâtiment ? Pourquoi le propriétaire souhaite-t-il le vendre ? Quels seront les coûts supplémentaires d’aménagement et de fonctionnement ? Quelles recettes la Métropole peut-elle raisonnablement espérer ? Et surtout, quelle part du produit de la vente servira à régler les dettes du Village gastronomique ?

La transparence doit être totale. Il serait difficilement acceptable que la collectivité rachète un bâtiment sans connaître précisément la situation financière de son vendeur et les conséquences réelles de l’opération.

Une chose paraît aujourd’hui certaine : les avertissements formulés depuis plusieurs années par certains membres de l’opposition, parmi lesquels Emmanuel Bichot, trouvent dans la situation actuelle une résonance particulière. Dès 2022, celui-ci qualifiait déjà la Cité de « gouffre financier pour la collectivité » et critiquait les résultats économiques du projet.

Cela ne signifie pas que toutes les accusations portées par l’opposition sont automatiquement démontrées. Mais il n’est désormais plus possible de balayer ses interrogations d’un revers de main.

Le Village gastronomique voulait devenir une locomotive touristique et économique. Il donne aujourd’hui l’impression d’un navire qui cherche désespérément un port d’attache. Et si la Métropole décide de lui lancer une bouée de 1,3 million d’euros, elle devra expliquer clairement aux contribuables s’il s’agit d’un investissement touristique stratégique ou d’une opération destinée, au moins en partie, à éviter le naufrage d’une activité privée.

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Commentaires 1

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Katia
La cité coule...Pour moi, Le rachat du hall est uniquement une façon de masquer les différents naufrages !