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Les obsèques de François Patriat ont été célébrées ce mardi 25 août au matin à la collégiale Notre-Dame de Semur-en-Auxois. Autour de sa famille et de ses proches, plus d’un millier de personnes ont rendu un dernier hommage à l’ancien ministre et sénateur de la Côte-d’Or. Emmanuel Macron avait fait le déplacement en Bourgogne, tout comme de nombreuses personnalités politiques, parmi lesquelles François Rebsamen et Nathalie Koenders.

Semur-en-Auxois a fait ses adieux, ce mardi matin, à l’une des grandes figures de la vie politique bourguignonne. Les obsèques de François Patriat, décédé le 19 août à l’âge de 83 ans, ont été célébrées à partir de 10 heures en la collégiale Notre-Dame, dans sa ville natale. L’ancien président de la Région Bourgogne et sénateur de la Côte-d’Or était décédé à Dijon après les conséquences d’un grave accident de vélo survenu le 17 juillet à Pouilly-en-Auxois.

L’émotion dépassait largement les frontières de l’Auxois. Alors que les premières estimations évoquaient la présence de 1 000 à 1 500 personnes, plus de 1 000 participants ont finalement fait le déplacement. Habitants, anciens collaborateurs, militants, élus locaux et responsables politiques avaient convergé vers Semur-en-Auxois pour entourer la famille de François Patriat et rendre un dernier hommage à celui que beaucoup appelaient simplement « Fanfan ».

Emmanuel Macron présent pour rendre hommage à un fidèle

Parmi les personnalités présentes figurait le président de la République Emmanuel Macron. François Patriat avait été l’un de ses soutiens les plus précoces lors de la création d’En Marche en 2016, avant de devenir le président du groupe macroniste au Sénat. Leur relation politique s’était progressivement doublée d’une relation personnelle forte.

À la tribune, le chef de l’État a livré un hommage particulièrement personnel. Revenant sur le tempérament de François Patriat et sur la place qu’il occupait auprès de ceux qui l’avaient côtoyé, Emmanuel Macron a déclaré : « Longtemps, nous avons cru qu’il était invincible. […] Il était la vie. » Une formule qui a donné le ton d’un discours consacré autant au responsable politique qu’à l’homme.

Le président de la République a aussi insisté sur l’enracinement bourguignon de l’ancien sénateur : « Il était la Bourgogne aussi », a-t-il souligné devant l’assistance. Un attachement à sa terre natale qui aura traversé toute la carrière de François Patriat, de ses débuts de vétérinaire dans les campagnes de Côte-d’Or jusqu’à ses responsabilités nationales.

Emmanuel Macron a rappelé cet homme capable de mener plusieurs vies de front : vétérinaire de terrain, élu local, député, président de Région, ministre puis sénateur. Il a évoqué celui qui parcourait autrefois les exploitations agricoles avant de rejoindre marchés et réunions politiques, et dont la connaissance du monde rural était devenue l’une des marques de son engagement public.

« À chaque fois que je me suis retourné, François était là »

Dans son hommage, Emmanuel Macron est longuement revenu sur la fidélité de François Patriat. Fidélité à la Bourgogne, à ses convictions, mais également aux hommes qu’il avait choisi d’accompagner au cours de sa vie politique.

Le chef de l’État a notamment rappelé le soutien que François Patriat lui avait apporté dès les premiers pas d’En Marche, alors qu’une partie importante de sa famille politique d’origine observait avec méfiance l’aventure présidentielle qui débutait.

Le président a résumé cette relation par une phrase particulièrement intime : « À chaque fois que je me suis retourné, François était là. » Emmanuel Macron a évoqué un homme qui soutenait, encourageait et, parfois, savait également « corriger », sans jamais renoncer à son franc-parler.

Il a aussi insisté sur la capacité de François Patriat à rester fidèle tout en demeurant libre, y compris lorsqu’il s’agissait d’assumer des choix politiques à contre-courant. Une personnalité faite, selon le président, de détermination, de bienveillance et d’un goût permanent du combat.

François Rebsamen et Nathalie Koenders présents

De très nombreux responsables politiques nationaux et bourguignons avaient également rejoint Semur-en-Auxois. François Rebsamen, président de Dijon Métropole et ami de longue date de François Patriat, était présent, tout comme Nathalie Koenders, maire de Dijon.

La présence de François Rebsamen avait une résonance particulière. Les deux hommes avaient partagé plusieurs décennies de vie politique, depuis leurs années au Parti socialiste jusqu’aux responsabilités exercées en Bourgogne et au niveau national. À l’annonce du décès, François Rebsamen avait expliqué perdre « un ami », évoquant plus de quarante années de combats, de responsabilités, de victoires mais aussi de désaccords, sans que « le respect, la confiance et l’affection » ne disparaissent.

Nathalie Koenders avait elle aussi rendu hommage, après l’annonce de la disparition, à une personnalité ayant accompagné de nombreux grands projets dijonnais. Elle avait notamment cité le tramway, l’université, la recherche, la culture, le musée des Beaux-Arts, la santé ou encore le développement économique, estimant que la disparition de François Patriat constituait « une grande perte pour Dijon, pour la Côte-d’Or et pour la Bourgogne ».

La cérémonie devait également réunir de nombreuses figures de la vie institutionnelle et politique française. Avant les obsèques, la venue notamment de responsables gouvernementaux, de représentants du Parlement et de nombreux élus de Bourgogne-Franche-Comté avait été annoncée.

Plus d’un demi-siècle de vie politique

La cérémonie a aussi été celle d’un retour sur une carrière politique exceptionnellement longue. François Patriat avait adhéré au Parti socialiste dans les années 1970 avant d’être élu conseiller général de la Côte-d’Or en 1976. Il avait ensuite exercé de nombreux mandats locaux et nationaux.

Député pendant plusieurs législatures, maire de Chailly-sur-Armançon, président du Conseil régional de Bourgogne de 2004 à 2015, il avait également occupé des fonctions gouvernementales sous Lionel Jospin, comme secrétaire d’État aux PME, au Commerce et à l’Artisanat puis comme ministre de l’Agriculture et de la Pêche.

Élu sénateur de la Côte-d’Or en 2008, François Patriat avait ensuite joué un rôle central dans la constitution du groupe soutenant Emmanuel Macron au Sénat. En juin dernier, quelques semaines seulement avant son accident, il avait annoncé qu’il ne solliciterait pas de nouveau mandat lors des élections sénatoriales de septembre 2026.

Dans son discours, Emmanuel Macron a résumé ce parcours non comme une accumulation de fonctions mais comme une vie passée au contact des habitants et des territoires. Il a particulièrement insisté sur son engagement en faveur du monde rural, de l’agriculture et d’une Bourgogne dont François Patriat revendiquait constamment l’identité.

« Il était la vie »

Devant son épouse Élisabeth, ses enfants, ses petits-enfants, ses frères et sœurs et ses proches, Emmanuel Macron a finalement ramené son hommage à une idée simple : celle d’un homme animé jusqu’au bout par une énergie et un goût presque insatiable pour les autres.

Le chef de l’État a évoqué son regard, ses sorties à vélo, la chasse, le golf, les grands crus, ses conversations politiques et cette manière de ne jamais véritablement vouloir terminer une discussion ou une rencontre.

Quelques jours après sa disparition, la présence de centaines d’anonymes aux côtés des élus et responsables nationaux a donné une dimension particulière à ces adieux. Dans cette collégiale Notre-Dame de Semur-en-Auxois, en plein cœur de la Bourgogne qu’il avait représentée pendant plus d’un demi-siècle, l’hommage rendu à François Patriat s’est ainsi achevé autour des mots choisis par Emmanuel Macron pour le définir : « Il était la vie. »

François Patriat était né en 1943 à Semur-en-Auxois. Il est décédé le 19 août 2026 à Dijon, à l’âge de 83 ans. La cérémonie religieuse de ce mardi devait être suivie de la crémation.

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