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Deux ans après la fermeture de Géant Casino aux Portes du Sud, l’immense cellule commerciale de Chenôve va retrouver de l’activité. Flash by Marché aux Affaires doit s’installer dans les quelque 10 000 m² de l’ancien hypermarché. Un concept basé sur le déstockage et les arrivages à petits prix, mais dont l’installation est temporaire. Le projet a par ailleurs suscité une bataille devant la justice administrative.

Après près de deux ans de vacance, les portes de l’ancien Géant Casino de Chenôve vont de nouveau s’ouvrir aux clients. Le vaste hypermarché du centre commercial Les Portes du Sud, fermé en septembre 2024, doit accueillir Flash by Marché aux Affaires, le nouveau concept développé par l’enseigne bourguignonne de bazar discount.

Une arrivée particulièrement visible puisqu’il est question d’occuper une surface avoisinant les 10 000 m². Mais il ne s’agit pas pour autant d’un remplacement définitif de Géant Casino par une nouvelle grande enseigne. La particularité de Flash est justement son caractère éphémère et temporaire.

Un concept éphémère basé sur le déstockage

Avec Flash, Marché aux Affaires décline son activité traditionnelle sur des surfaces beaucoup plus importantes que celles de ses magasins habituels. Le principe : investir temporairement de grandes cellules commerciales vacantes en limitant les aménagements et en misant avant tout sur le déstockage, les arrivages fréquents et les prix bas.

L’enseigne décrit elle-même Flash comme un concept de magasins simples et épurés, proposant des arrivages réguliers et des opérations de déstockage.

Les clients peuvent ainsi s’attendre à retrouver de nombreux produits non alimentaires : décoration, équipement de la maison, bricolage, articles saisonniers ou encore différentes marchandises issues d’opportunités de déstockage.

L’offre est susceptible d’évoluer rapidement en fonction des stocks et des arrivages disponibles. Le spécialiste de la grande distribution Olivier Dauvers décrivait dès le mois de mai le projet de Chenôve comme une occupation « tactique » et temporaire de l’ancien Géant Casino.

Près de 10 000 m² à remplir

Le changement d’échelle est considérable. Marché aux Affaires exploite habituellement des magasins beaucoup plus petits. Avec son format Flash, l’enseigne peut en revanche investir d’anciennes grandes surfaces laissées vacantes par d’autres distributeurs.

Ce type de stratégie a notamment déjà été utilisé au Pontet, près d’Avignon, où Marché aux Affaires a investi un ancien magasin Alinéa de 10 000 m². L’aménagement y est volontairement minimaliste : palettes, bacs de produits et prix très visibles remplacent les installations plus coûteuses d’un magasin traditionnel.

Pour Chenôve, le choix apparaît particulièrement adapté : depuis la disparition de Géant Casino, une immense surface restait disponible au cœur d’une zone commerciale très fréquentée du sud de la métropole dijonnaise.

Deux ans après la fermeture de Géant Casino

L’ancien hypermarché avait définitivement fermé ses portes à la fin du mois de septembre 2024. La fermeture était intervenue dans le contexte du démantèlement d’une grande partie du parc français de Casino. Si de nombreux magasins avaient trouvé des repreneurs, notamment auprès d’Intermarché et d’Auchan, le site de Chenôve faisait partie des hypermarchés restés sans solution immédiate.

Depuis, la cellule principale était vacante.

Pour les commerçants toujours présents dans la galerie, la disparition de l’hypermarché représentait également la perte d’une importante locomotive commerciale capable de générer quotidiennement des flux de clients. L’arrivée de Flash pourrait donc permettre de redonner provisoirement de l’activité à cette partie du centre commercial.

Un projet qui a suscité une bataille juridique

L’installation de Marché aux Affaires n’a cependant pas été accueillie sans opposition. La SARL SAP MLC, société exploitant un magasin Centrakor dans la zone commerciale des Portes du Sud, a saisi la justice administrative au sujet du projet.

Au cœur du dossier : les règles relatives à l’aménagement commercial et la question de l’autorisation d’exploitation commerciale pour l’installation d’une activité essentiellement non alimentaire dans l’ancienne cellule de l’hypermarché.

Selon l’ordonnance rendue par le tribunal administratif de Dijon, Centrakor estimait notamment que le projet Marché aux Affaires, présenté comme éphémère ou temporaire et portant sur près de 10 000 m² de surface de vente, risquait d’avoir un impact économique très important sur son activité.

La société faisait état d’une forte tension concurrentielle dans la zone des Portes du Sud. Elle considérait également que Marché aux Affaires relevait du secteur du commerce non alimentaire et soutenait qu’une nouvelle autorisation de la commission départementale d’aménagement commercial pouvait être nécessaire.

Centrakor avait saisi la préfecture

Avant de saisir le tribunal, la société exploitant Centrakor avait adressé, le 21 avril 2026, une demande à la préfète de la Côte-d’Or. Elle souhaitait que l’État utilise les pouvoirs prévus par le Code de commerce afin de prévenir l’ouverture du magasin Marché aux Affaires.

Cette demande a été rejetée par la préfecture le 2 juin 2026.

Centrakor a alors saisi le tribunal administratif de Dijon et demandé au juge des référés de suspendre cette décision. Elle sollicitait notamment que l’ouverture soit reportée jusqu’à l’obtention d’une éventuelle autorisation commerciale ou que la préfecture réexamine la conformité du projet.

Le tribunal administratif rejette la demande

Le 8 juillet 2026, le tribunal administratif de Dijon a rejeté la requête en référé de la société exploitant Centrakor. Le raisonnement du tribunal est important. Le juge a considéré que les pouvoirs de police prévus par l’article L. 752-23 du Code de commerce et invoqués dans cette procédure supposent que l’exploitation commerciale ait effectivement commencé.

Or, au moment où l’affaire était examinée, le futur magasin Marché aux Affaires n’était pas encore ouvert.

Selon le tribunal, il était donc matériellement et juridiquement impossible pour la préfète d’utiliser, à ce stade, ces pouvoirs afin de faire constater une éventuelle exploitation irrégulière.

Le juge des référés a ainsi estimé qu’aucun des arguments avancés n’était, dans le cadre de cette procédure, de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision de la préfecture. La demande de suspension a donc été rejetée.

Une décision qui ne tranche pas nécessairement tout le dossier

Cette ordonnance mérite néanmoins d’être interprétée avec précision. Elle ne signifie pas que la justice a donné une validation générale et définitive à l’ensemble du projet Marché aux Affaires.

Le tribunal administratif examinait une procédure de référé portant sur le refus de la préfète d’intervenir avant l’ouverture du commerce. Le juge a essentiellement considéré que le mécanisme juridique invoqué ne pouvait être utilisé avant le commencement effectif de l’exploitation commerciale.

Il serait donc excessif d’affirmer simplement que « Centrakor a perdu son procès contre Marché aux Affaires » ou que la justice a définitivement validé l’ensemble du projet. Cette bataille judiciaire témoigne toutefois des enjeux économiques liés à l’arrivée d’une surface de déstockage de près de 10 000 m² dans la zone commerciale des Portes du Sud.

Une nouvelle vie… mais provisoire

Pour Chenôve, le retour d’une activité dans l’ancien Géant Casino constitue malgré tout un changement important. Flash devrait proposer un magasin radicalement différent de l’ancien hypermarché alimentaire : peu d’aménagements, des volumes importants de marchandises, des arrivages fréquents et une forte mise en avant des prix.

Marché aux Affaires a d’ailleurs indiqué début septembre que plusieurs nouveaux magasins Flash devaient ouvrir leurs portes au cours du mois.

À Chenôve, l’arrivée du concept est désormais annoncée, mais la durée exacte de son occupation et la date précise d’ouverture au public restent des éléments à surveiller.

Car Flash apporte surtout une réponse temporaire à une question qui demeure entière : quel sera, à plus long terme, l’avenir des quelque 10 000 m² laissés vacants par Géant Casino ? En attendant une solution définitive, l’ancien hypermarché des Portes du Sud s’apprête au moins à retrouver des marchandises, des salariés et surtout des clients.

Crédit photo : Flash By MAA Chenove
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