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Suppression des préfabriqués, rénovations énergétiques, végétalisation des cours, sécurisation des bâtiments ou adaptation aux fortes chaleurs : depuis 2022, les travaux se sont multipliés dans les écoles dijonnaises. Doté de 75 millions d’euros sur dix ans, le plan « Ambition éducative 2030 » est désormais bien engagé. À la rentrée 2026, plusieurs opérations sont achevées, tandis que d’importants chantiers restent à conduire à Joséphine-Baker, Colombière, Jean-Baptiste-Lallemand, Larrey, Voltaire ou encore Eiffel.

À Dijon, les écoles constituent depuis plusieurs années l’un des principaux postes d’investissement de la Ville. Le programme « Ambition éducative 2030 », adopté par le conseil municipal le 13 décembre 2021, prévoit 75 millions d’euros TTC sur dix ans afin de rénover et moderniser le patrimoine scolaire municipal. L’objectif initial porte sur les 76 écoles dijonnaises et environ 200 000 mètres carrés de bâtiments.

Le programme ne concerne pas seulement la rénovation intérieure des classes. Dans sa programmation actualisée, il repose sur quatre grands axes : 36,7 millions d’euros pour supprimer les bâtiments préfabriqués, 30 millions pour la rénovation et la modernisation des écoles, 4,3 millions pour les cours et les abords des établissements et 4 millions pour l’innovation et le numérique. Derrière ces enveloppes se trouvent aussi des enjeux devenus plus pressants au fil des années : réduire les consommations énergétiques, mieux supporter les épisodes de fortes chaleurs, sécuriser les établissements et rendre les cours moins minérales.

À la rentrée 2026, le dernier état des lieux publié par la Ville dans Dijon Mag donne la mesure du chemin parcouru. La carte municipale recense une quarantaine d’écoles et de groupes scolaires ayant bénéficié d’interventions depuis 2022 ou concernés par des opérations à venir. Des chantiers parfois très importants côtoient des travaux plus modestes de toiture, de sanitaires, de menuiseries, de sécurisation ou de confort d’été. Le numéro de septembre 2026 de Dijon Mag a été publié le 31 août.

Des rénovations déjà achevées dans de nombreuses écoles

Parmi les transformations les plus importantes figure le groupe scolaire Buffon, où une rénovation énergétique et intérieure complète, chiffrée à environ 3,5 millions d’euros, a été menée en 2023. À Colette, la rénovation énergétique puis intérieure représente près de 2,8 millions d’euros, auxquels se sont ajoutés des travaux de sécurisation et une intervention sur les escaliers extérieurs de l’élémentaire.

Le groupe scolaire Victor-Hugo a lui aussi profondément évolué. La cour de l’école élémentaire a été renaturée, tandis que la fusion avec l’école Marmuzots s’est accompagnée d’une rénovation complète de la maternelle et de la réhabilitation du bâtiment accueillant notamment des activités périscolaires et extrascolaires. L’opération représente plusieurs millions d’euros.

À Champollion, la Ville a dû engager d’importants travaux après l’incendie ayant touché l’établissement. Plus de 800 000 euros ont été consacrés à la remise en état, auxquels se sont ajoutés des travaux de sécurisation, l’installation de volets roulants motorisés et des aménagements liés à la biodiversité.

D’autres interventions ont été conduites à Mansart, avec des travaux d’isolation thermique et la pose de volets roulants, à Maladière, où la cour a été désimperméabilisée et des brasseurs d’air installés, ou encore à Beaumarchais, avec la rénovation des sanitaires et des travaux de sécurisation. Les établissements Alsace, Champs-Perdrix, Valendons, Flammarion, Montchapet, York, Anjou, Trémouille, Coteaux-du-Suzon, Paulette-Lévy, Montmuzard, Château-de-Pouilly, Monts-de-Vignes ou Clemenceau ont également bénéficié, à des degrés divers, d’investissements depuis 2022.

Cette accumulation de petits et grands chantiers correspond à la logique retenue par la Ville : ne pas concentrer les 75 millions d’euros sur quelques établissements seulement mais intervenir progressivement dans l’ensemble du patrimoine scolaire. En 2025, les travaux ont notamment concerné les façades et l’isolation à Alsace et Champs-Perdrix, la restauration scolaire aux Valendons, les sanitaires à Beaumarchais ou Dampierre, l’isolation à Mansart et les aménagements de sécurité à Flammarion.

Des cours d’école moins minérales

Une autre évolution est désormais visible dans plusieurs établissements : la transformation des cours. Après des décennies dominées par l’enrobé, la Ville développe des opérations de désimperméabilisation et de végétalisation, destinées à faciliter l’infiltration des eaux de pluie, créer davantage d’ombre et limiter l’effet d’îlot de chaleur.

Des opérations ont déjà été réalisées notamment à Victor-Hugo, Nord, Maladière, Flammarion, Château-de-Pouilly ou Anjou. Cette politique doit désormais se poursuivre ailleurs. La Ville rappelle également que les abords de ses écoles ont progressivement été placés en zone 30 et que des dispositifs de sécurisation ont été déployés autour de nombreux établissements.

Mais à mesure que les premières rénovations s’achèvent, ce sont surtout les opérations des années 2026 à 2029 qui vont donner une nouvelle ampleur au programme.

Joséphine-Baker : le chantier dépasse désormais 16 millions d’euros

Le groupe scolaire Joséphine-Baker constitue aujourd’hui le chantier emblématique d’« Ambition éducative 2030 ». Les premiers travaux ont été engagés dès l’été 2023 avec le désamiantage et la disparition d’une partie des préfabriqués. Le projet prévoit la reconstruction de nouveaux locaux, la rénovation des bâtiments historiques, la transformation du restaurant scolaire et du périscolaire ainsi que la végétalisation et la désimperméabilisation des cours.

Sur ce dossier, les chiffres ont évolué et il convient désormais de ne plus retenir uniquement les 14 millions d’euros encore mentionnés dans certains documents municipaux. Les dernières données communiquées à l’été 2026 portent à 15,8 millions d’euros TTC les travaux prévus entre 2025 et 2027. En intégrant les interventions réalisées auparavant, l’investissement cumulé dépasse 16,2 millions d’euros.

La maternelle et le restaurant scolaire doivent être livrés selon le calendrier communiqué à l’été 2026, avant la poursuite de la rénovation de l’élémentaire. Le programme comprend aussi des protections solaires extérieures, des brasseurs d’air, une ventilation nocturne et une amélioration de l’isolation. La question du confort pendant les canicules est donc devenue un élément à part entière du chantier.

Colombière : disparition des préfabriqués et nouveau bâtiment central

Au groupe scolaire Colombière, l’objectif est également de tourner définitivement la page des bâtiments préfabriqués. L’opération est évaluée à 3,6 millions d’euros et doit s’échelonner sur deux années.

Le programme prévoit notamment la création d’un nouveau bâtiment central d’environ 525 mètres carrés, destiné à accueillir le périscolaire et l’extrascolaire, une cuisine pédagogique, une salle d’activités ainsi que des espaces administratifs et techniques. Un parvis commun doit également réorganiser l’accès aux différents bâtiments. Les écoles maternelle et élémentaire doivent bénéficier parallèlement d’améliorations énergétiques.

La démolition du premier préfabriqué avait déjà commencé en 2025 et la construction du nouveau bâtiment devait suivre en 2026. Le projet figure toujours parmi les opérations financées par la Ville en 2026, signe que le chantier est désormais entré dans sa phase opérationnelle.

Jean-Baptiste-Lallemand : 6,2 millions d’euros pour réduire de 60 % les consommations

Autre chantier majeur, le groupe scolaire Jean-Baptiste-Lallemand doit faire l’objet d’une rénovation énergétique et d’une restructuration intérieure représentant 6,2 millions d’euros entre 2026 et 2027.

Le programme porte sur l’isolation thermique des bâtiments, notamment avec de la laine de bois, l’isolation des toitures, le traitement de l’air à double flux et des dispositifs de ventilation nocturne. L’objectif affiché par la Ville est particulièrement ambitieux : réduire d’environ 60 % les consommations énergétiques du groupe scolaire.

Les espaces intérieurs doivent également être réorganisés pour mieux accueillir les différentes activités, notamment l’école de musique associative et l’accueil de loisirs. La programmation initiale prévoit une intervention d’abord sur le bâtiment élémentaire, puis sur la maternelle, avec une poursuite du chantier jusqu’en 2027.

Larrey : une rénovation « du sol au plafond »

Au groupe scolaire Larrey, l’investissement annoncé atteint 6,1 millions d’euros. Le chantier doit permettre de supprimer trois bâtiments préfabriqués et de réorganiser entièrement le site.

À terme, maternelle et élémentaire disposeront chacune de leur propre cour, tandis qu’un restaurant scolaire commun doit être aménagé et qu’un nouvel accueil périscolaire doit être créé. Les bâtiments feront parallèlement l’objet d’un important traitement thermique : isolation extérieure, isolation des combles et des planchers et remplacement des menuiseries. Là encore, la Ville vise une baisse d’environ 60 % de la consommation énergétique.

Le projet reste plus en amont que Joséphine-Baker ou Colombière. Les études préparatoires ont été engagées et doivent précéder le chantier proprement dit. La programmation municipale annonce une opération allant vers 2027, avec la disparition des préfabriqués en fin de chantier.

Voltaire : un projet de 12 millions d’euros à l’horizon 2029

L’un des prochains très gros dossiers concerne le groupe scolaire Voltaire. Après une rénovation des sanitaires réalisée en plusieurs phases, la Ville a lancé les études pour une restructuration beaucoup plus vaste.

Le programme, évalué à 12 millions d’euros, prévoit de supprimer les préfabriqués, d’engager une rénovation énergétique et de revoir l’organisation et l’esthétique de certains espaces. Une phase de concertation avec les élèves, enseignants et personnels avait également été annoncée. Selon la programmation présentée par la Ville, le chantier devrait être achevé en 2029.

En 2026, le travail porte encore sur la programmation : après le diagnostic, la Ville doit retenir un scénario de rénovation et fixer précisément l’enveloppe financière avant de sélectionner la maîtrise d’œuvre. Il s’agit donc d’un chantier majeur encore en préparation.

Devosge : une rénovation à 2,8 millions encore à l’étude

À l’école maternelle Devosge, le dossier est moins avancé. Le document de rentrée fait état d’un projet de rénovation à l’étude, pour un montant prévisionnel de 2,8 millions d’euros.

Le budget 2026 confirme le lancement d’études et de diagnostics afin de préciser les besoins de l’établissement avec les équipes pédagogiques. À ce stade, il serait donc prématuré d’annoncer un calendrier de travaux définitif : le projet doit encore franchir les différentes phases d’étude avant d’entrer en chantier.

Eiffel : 3,4 millions d’euros programmés pour 2029

Le groupe scolaire Eiffel apparaît plus loin dans le calendrier. La Ville prévoit à ce stade une opération de 3,4 millions d’euros en 2029 portant sur la déconstruction des bâtiments préfabriqués et la rénovation du groupe scolaire.

Avec Voltaire, Eiffel fait partie des établissements qui montrent que le programme « Ambition éducative 2030 » ne s’arrête pas aux chantiers actuellement visibles. Une partie des investissements les plus lourds reste programmée pour la fin de la décennie.

Petites-Roches et Petit-Bernard : priorité à la végétalisation

À l’école élémentaire Petites-Roches, une renaturation de la cour représentant environ 100 000 euros est inscrite pour 2026. La Ville prévoit une opération comparable à Petit-Bernard, également estimée à 100 000 euros pour la cour élémentaire.

Ces deux projets sont bien identifiés dans la programmation financière 2026 de la Ville. Ils doivent permettre d’introduire davantage de végétation et d’espaces naturels et de réduire la part des surfaces imperméables.

Dampierre, Chevreul, Darcy, Drapeau et Flammarion : des opérations plus ciblées

À côté des grands chantiers à plusieurs millions d’euros, plusieurs interventions plus ponctuelles sont inscrites en 2026. À Dampierre, la rénovation de la toiture de l’école maternelle représente environ 85 000 euros. À Chevreul, la rénovation des sanitaires de l’école élémentaire est évaluée à 100 000 euros.

À Darcy, une nouvelle intervention doit porter sur la toiture de l’école élémentaire, pour environ 400 000 euros selon l’état des lieux présenté à la rentrée. Flammarion doit encore bénéficier de travaux de sécurisation, notamment sur les clôtures et le portail de l’élémentaire.

Au groupe scolaire Drapeau, la Ville poursuit en parallèle son programme de confort d’été. Après différents travaux de sécurisation et de sanitaires, le programme mentionne l’installation de brasseurs d’air dans l’élémentaire et de brise-soleil orientables en maternelle, pour un investissement cumulé de l’ordre de 135 000 euros.

Ces opérations correspondent à la priorité retenue dans le budget 2026 : outre les très grands projets, la Ville prévoit des crédits pour les sanitaires, les toitures, l’amélioration du confort d’été et la modernisation d’établissements comme Chevreul, Drapeau, Darcy, Dampierre ou Devosge.

Un programme encore loin d’être terminé

Cinq ans après son lancement, « Ambition éducative 2030 » est donc entré dans une phase charnière. Une première vague a permis de rénover des établissements comme Buffon, Colette ou Victor-Hugo et de multiplier, dans des dizaines d’autres écoles, les interventions sur les sanitaires, les toitures, les menuiseries, la sécurité, la végétalisation ou le confort thermique.

Mais les années qui arrivent concentrent plusieurs des opérations les plus coûteuses. Joséphine-Baker dépasse désormais 16 millions d’euros d’investissements cumulés ; Voltaire est évalué à 12 millions ; Jean-Baptiste-Lallemand à 6,2 millions ; Larrey à 6,1 millions ; Colombière à 3,6 millions et Eiffel à 3,4 millions. Rien que ces six dossiers donnent une idée de l’effort financier qui reste à conduire.

Pour 2026, la Ville a prévu environ 8,4 millions d’euros d’investissements dans le cadre de la modernisation de ses écoles. Au-delà du montant, la stratégie évolue : il ne s’agit plus seulement d’entretenir des bâtiments vieillissants, mais de préparer les écoles dijonnaises aux prochaines décennies, avec des consommations énergétiques plus faibles, des cours plus végétales et des bâtiments capables de mieux résister aux épisodes de chaleur.

À la rentrée 2026, la transformation est donc loin d’être achevée. Après les premiers résultats visibles depuis 2022, la prochaine étape se jouera surtout à Joséphine-Baker, Colombière et Jean-Baptiste-Lallemand, avant Larrey, Voltaire et Eiffel. Le plan de 75 millions d’euros entre ainsi dans sa partie la plus lourde : celle où les rénovations ponctuelles laissent progressivement place à la restructuration complète de plusieurs groupes scolaires.

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