Les samedi 19 et dimanche 20 septembre 2026, Dijon participera à la 43ᵉ édition des Journées européennes du patrimoine. Pendant deux jours, plus de 70 lieux seront accessibles au public, des monuments les plus emblématiques de la cité des ducs à des bâtiments beaucoup plus secrets, parfois ouverts uniquement à cette occasion. Visites guidées, expositions, spectacles, ateliers, concerts, rencontres, patrimoine religieux, industriel, administratif ou contemporain : la Ville annonce un programme particulièrement dense, placé cette année sous le signe du patrimoine de la photographie et du patrimoine en péril.
À quelques jours du rendez-vous, le programme des Journées européennes du patrimoine 2026 à Dijon donne la mesure de l’événement. Les 19 et 20 septembre, habitants, familles, visiteurs de passage et amateurs d’histoire pourront pousser les portes de bâtiments familiers ou, au contraire, habituellement inaccessibles. Le principe reste celui qui fait le succès de la manifestation depuis des années : permettre au plus grand nombre de découvrir autrement des lieux qui racontent l’histoire de la ville, ses transformations, ses savoir-faire et ceux qui les font vivre.
La brochure officielle dijonnaise annonce une entrée gratuite, sauf mention contraire, et organise le programme autour de plusieurs grands ensembles : la découverte de la ville, le palais des ducs et des États de Bourgogne, les institutions culturelles, les hôtels particuliers, le patrimoine religieux et d’autres patrimoines remarquables.
« Raviver, résister, réimaginer » : le patrimoine comme matière vivante
Cette édition 2026 ne se limite pas à une succession de visites de monuments. Elle veut aussi interroger la manière dont une ville conserve, transforme et transmet son patrimoine. Deux thématiques sont mises en avant : « Patrimoine en péril : raviver, résister, réimaginer » et « Patrimoine de la photographie ». Dans son éditorial publié dans la brochure officielle, Nathalie Koenders, maire de Dijon et première vice-présidente de Dijon Métropole, souligne le lien entre ces deux sujets : les photographies ne sont pas seulement des souvenirs ou des œuvres, elles constituent aussi des documents capables de raconter l’évolution d’un édifice, d’un quartier ou d’un paysage et peuvent servir directement à la connaissance et à la restauration du patrimoine.
La photographie occupe une place particulière en 2026. La programmation dijonnaise rappelle que cette invention fête ses 200 ans et met en avant l’héritage de l’ingénieur bourguignon Nicéphore Niépce. Archives, bibliothèques, musées, collections privées et désormais appareils numériques constituent autant de réservoirs de mémoire individuelle et collective. Le patrimoine n’est ainsi plus seulement constitué de pierres, de sculptures ou de tableaux : il est aussi fait d’images qui permettent de comprendre ce que la ville était et la manière dont elle a changé.
Cette réflexion rejoint directement le second axe de l’édition. « Raviver, résister, réimaginer » pose la question du devenir des bâtiments anciens. Que faire d’une caserne militaire devenue inutile ? D’un ancien hôpital ? D’une usine désaffectée ? D’un site religieux transformé ? Comment restaurer sans figer ? Comment créer de nouveaux usages tout en conservant une histoire ? Le programme dijonnais multiplie précisément les exemples de lieux qui ont changé de fonction tout en conservant une part de leur identité.
Avec plus de 70 lieux ouverts et de nombreuses animations, la Ville entend ainsi faire de ce week-end un temps de découverte mais également de compréhension et de transmission.
Le Palais des ducs au cœur du week-end
Impossible d’évoquer le patrimoine dijonnais sans commencer par le Palais des ducs et des États de Bourgogne, véritable cœur monumental de la ville. Construit et transformé au fil des siècles à partir d’un site occupé dès l’Antiquité, le palais mêle notamment héritage ducal médiéval et architecture classique. Sa physionomie actuelle doit beaucoup aux grands projets conduits aux XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles. La brochure rappelle qu’il concentre plusieurs ensembles prestigieux témoignant des différentes phases de construction du bâtiment.
Le samedi et le dimanche, de 10 heures à 18 heures, le public pourra notamment découvrir les salons du palais et plusieurs espaces de réception et de travail. L’escalier Gabriel conduira les visiteurs vers la salle des États, les salons Hercule, de la Toison d’Or et de la Renommée, l’ancienne salle du conseil municipal ou encore le salon bleu.
Le week-end donnera également l’occasion de voir les derniers jours de l’exposition « Dijon vu par… Aurore-Caroline Marty », tandis que la Tour Philippe le Bon fait partie des grands classiques proposés sur réservation. Haute de 46 mètres et accessible après l’ascension de 316 marches, elle offre au sommet un panorama privilégié sur le centre historique.
À proximité, la Chapelle des élus, rue des Forges, constitue un autre témoignage remarquable de l’histoire institutionnelle bourguignonne. Construite en 1739, elle est notamment connue pour son décor rocaille. Les Journées du patrimoine permettront également d’entrer dans les anciennes salles ducales devenues salles d’attente et de célébration des mariages.
La photographie comme fil rouge de toute la ville
Le thème photographique ne restera pas cantonné aux musées. Il doit accompagner les visiteurs dans les rues de Dijon. Un rallye photo proposera par exemple de parcourir la ville avec un smartphone ou un appareil photographique. Plusieurs thèmes seront suggérés, autour notamment de la ville géométrique, de la couleur ou des reflets. L’objectif est autant de regarder les monuments que d’apprendre à observer des détails devant lesquels les Dijonnais passent parfois quotidiennement sans vraiment les remarquer. Certaines des photographies réalisées pourront ensuite être sélectionnées pour être exposées au 1204 – Centre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine, à l’automne.
Plusieurs établissements déclineront eux aussi ce thème. À Interface, rue Chancelier-de-l’Hospital, une visite consacrée au patrimoine de la photographie proposera notamment un focus sur des œuvres de Natacha Lesueur, Katinka Bock et Man Ray.
Dans les musées, la photographie servira aussi à confronter présent et passé. Des clichés de fouilles archéologiques des sources de la Seine, réalisés des années 1930 jusqu’en 2026, permettront ainsi d’observer l’évolution du site et de mesurer l’intérêt documentaire de ces images. D’autres rendez-vous aborderont le bicentenaire de la photographie et les défis très concrets de conservation des collections anciennes, certaines techniques photographiques utilisant des matériaux devenant particulièrement fragiles avec le temps. La photographie devient ainsi à la fois œuvre, archive, témoignage historique et outil de conservation.
Des portes que l’on ne pousse pas tous les jours
C’est l’un des grands attraits des Journées européennes du patrimoine : accéder à des endroits que le public voit parfois de l’extérieur toute l’année sans jamais pouvoir en découvrir les coulisses. La Ville met notamment en avant les ouvertures du FRAC Bourgogne, de Voisines, de l’église Saint-Bernard, de l’École nationale des greffes, du Grand Hôtel La Cloche, d’Ici Bourgogne ou encore de l’Hôtel métropolitain.
Le Grand Hôtel La Cloche, place Darcy, fait partie de ces lieux très connus visuellement mais dont une partie des espaces intérieurs reste généralement réservée à la clientèle. L’établissement trouve son origine dans l’aménagement de la place Darcy à la fin du XIXᵉ siècle. Sa construction est confiée à l’architecte dijonnais Louis Belin et le bâtiment présente une architecture caractéristique avec façades de pierre de taille, ferronneries et toiture d’ardoise. Sa façade est inscrite au titre des monuments historiques. Le samedi, un parcours doit permettre de traverser plusieurs de ses espaces de réception.
Autre univers, autre ambiance avec Ici Bourgogne, avenue de la Découverte. Le bâtiment qui accueille la télévision régionale depuis la fin des années 1980 proposera le samedi des visites guidées permettant d’entrer dans l’univers de celles et ceux qui fabriquent quotidiennement l’information et les programmes de proximité. La réservation y est obligatoire.
À l’École nationale des greffes, découvrir aussi les coulisses de la justice
Les Journées du patrimoine permettent également d’explorer des bâtiments qui ne correspondent pas spontanément à l’image classique d’un monument historique. L’École nationale des greffes, boulevard de la Marne, en est un exemple. Créée en 1974, elle est installée sur l’ancien site de la caserne Krief. Ses bâtiments combinent verre, brique, béton brut, pierre de Bourgogne et bois.
Le samedi, le public pourra non seulement visiter les espaces pédagogiques et administratifs et les hébergements, mais également profiter d’une exposition destinée à expliquer aux plus jeunes le fonctionnement de la justice. Des simulations d’audience, une présentation des costumes judiciaires et des documentaires complètent la programmation.
Cette ouverture illustre bien l’esprit du rendez-vous : le patrimoine ne se limite pas aux édifices anciens. Il englobe également les lieux de travail, de formation et de vie collective.
Voisines, un ancien site postal devenu lieu de création
Le thème « raviver, résister, réimaginer » prend tout son sens avec Voisines, au 3 rue Joliet. Les Ateliers Vortex et Ici l’onde, centre national de création musicale, investissent une annexe de l’ancien site postal pour y développer un nouveau lieu consacré à l’art contemporain et aux musiques de création. Le site est pensé à la fois comme lieu de production d’œuvres et comme espace de médiation et d’action culturelle.
Une exposition y sera accessible pendant le week-end, accompagnée notamment d’un concert de Terrine le samedi. Le secteur sera également au cœur d’une visite consacrée au faubourg Raines, ancien quartier populaire fortement transformé au XXᵉ siècle.
Voilà précisément ce que les Journées du patrimoine cherchent à montrer : le patrimoine urbain ne raconte pas uniquement ce qui a été conservé à l’identique, mais également ce qui a été réutilisé, transformé et réinvesti.
Les hôtels particuliers dévoilent leurs décors
Dijon doit une partie de son identité architecturale à ses nombreux hôtels particuliers, héritages des grandes familles parlementaires et aristocratiques qui ont marqué son histoire. Parmi eux, l’Hôtel de Vogüé, rue de la Chouette, constitue l’un des joyaux du centre-ville. Construit au début du XVIIᵉ siècle pour Étienne Bouhier, conseiller au parlement de Bourgogne, il associe architecture classique et influences décoratives de la Renaissance italienne. Ses toitures vernissées, sa salle dite des Gardes, son plafond peint et sa cheminée monumentale en font l’un des hôtels parlementaires les plus précieux de Dijon.
À l’occasion du week-end, les salons seront ouverts en visite libre et des visites guidées permettront d’aller plus loin, notamment dans des cuisines, appartements et espaces aujourd’hui occupés par les services de la direction des musées, exceptionnellement accessibles pour l’occasion. Certaines visites nécessitent une inscription préalable.
Non loin de là, l’Hôtel Despringles, rue Monge, proposera une expérience plus théâtrale. Construit vers 1670 pour Guillaume Despringles, greffier des États de Bourgogne, l’édifice abrite notamment un salon d’apparat présenté comme exceptionnel par son volume et son décor. Durant les deux jours, de courtes visites flash en costume, d’environ vingt minutes, seront proposées plusieurs fois dans la journée et sans réservation.
L’ancien hôtel Bouchu, au 1 rue Monge, désormais siège de l’Organisation internationale de la vigne et du vin, sera lui aussi accessible le samedi. Construit entre 1641 et 1643 pour Jean Bouchu, premier président du Parlement de Bourgogne, l’hôtel a connu une nouvelle étape de son histoire en 2024 avec l’installation de l’organisation internationale.
Musées, archives et bibliothèques changent de visage
Les grandes institutions culturelles dijonnaises seront elles aussi fortement mobilisées. Les musées de Dijon proposeront visites, ateliers, activités familiales et rencontres avec des professionnels de la restauration des œuvres. Au musée de la Vie bourguignonne, un studio photographique ambulant avec Enzo Lucia figure notamment au programme.
Les Archives municipales proposeront une déambulation entre la salle de lecture et le magasin de conservation. Des professionnels seront présents pour expliquer leurs métiers et montrer des documents retraçant l’histoire de Dijon depuis le XIIᵉ siècle. La visite permettra notamment d’accéder au magasin de conservation aménagé au XVIIIᵉ siècle, avec ses rayonnages et le trésor des chartes. Une exposition-dossier sera par ailleurs consacrée aux Fêtes de la Vigne à l’occasion de leur 80ᵉ anniversaire.
Rue de Colmar, les archives feront également résonner l’histoire à travers des lectures théâtralisées consacrées aux petits et grands combats des Dijonnaises et Dijonnais.
Du côté de la Bibliothèque patrimoniale et d’étude, installée dans l’ancien collège des Jésuites et ouverte au public dès 1708, le « Grand tour patrimoine » conduira les visiteurs à travers plusieurs salles des XVIIᵉ, XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles, jusqu’à la salle des Devises et son plafond peint, sans oublier le globe Legrand.
À la Cité de la gastronomie, le patrimoine passe aussi par l’assiette
Le patrimoine dijonnais ne peut évidemment pas être dissocié de la gastronomie et du vin. La Cité internationale de la gastronomie et du vin, installée sur l’ancien site de l’hôpital général, constitue elle-même une illustration du thème de cette édition : un vaste ensemble historique a été réhabilité pour accueillir un nouvel équipement culturel et touristique.
Les samedi et dimanche, la Cité proposera notamment la découverte de l’exposition temporaire « (R)évolutions dans l’assiette », consacrée aux innovations ayant traversé l’histoire de l’alimentation, du Paléolithique jusqu’au repas dans l’espace. L’entrée de cette exposition sera exceptionnellement gratuite pendant le week-end.
Les visiteurs pourront également parcourir les espaces consacrés au repas gastronomique des Français, à la pratique culinaire, aux sensations de dégustation et aux Climats et terroirs de Bourgogne. Des visites guidées et même des séances de yoga sont annoncées dans les expositions, certaines destinées aux enfants et d’autres aux adultes.
Le site de l’ancien hôpital général peut par ailleurs être découvert sous l’angle architectural avec la visite « Aux petits soins pour le patrimoine : de l’hôpital à la Cité », qui raconte la métamorphose de ce site de 6,5 hectares.
Halle 38, FRAC et Consortium : le patrimoine dialogue avec la création contemporaine
Le programme fait également une large place à l’art contemporain. À la Halle 38, installée dans une ancienne halle militaire de la caserne Heudelet, près d’une vingtaine d’artistes plasticiens ouvriront leurs ateliers au public. Ce sera l’occasion de découvrir non seulement un ancien bâtiment militaire reconverti, mais également celles et ceux qui travaillent aujourd’hui à l’intérieur.
Le FRAC Bourgogne, en cours d’installation dans l’ancien ensemble postal de l’îlot Joliet, proposera notamment une visite exceptionnelle de ses réserves le samedi matin. En soirée, des œuvres vidéo de la collection seront projetées et présentées par un médiateur.
Au Consortium Museum, installé dans l’ancienne usine de crème de cassis L’Héritier-Guyot, la reconversion industrielle est elle aussi au cœur du lieu. Le bâtiment a été réhabilité et agrandi en 2011 par l’architecte japonais Shigeru Ban. Des visites commentées reviendront notamment sur le passage de l’usine au centre d’art.
Un patrimoine religieux allant du Moyen Âge au XXᵉ siècle
Églises, chapelles, anciens couvents et sites monastiques participeront eux aussi au week-end. À la Chartreuse de Champmol, fondée en 1385 par Philippe le Hardi, le public pourra parcourir le parc et découvrir le Puits de Moïse, la chapelle et son portail. Un atelier « Colorie ton patrimoine » est notamment prévu pour les enfants.
L’église Saint-Bernard, construite en 1958-1959 par l’architecte Alix Sorrin, offrira un tout autre regard sur l’architecture religieuse. L’utilisation du béton et des tuiles mécaniques témoigne de l’évolution des formes au XXᵉ siècle. Sur le même site se trouve aussi une ancienne poudrière de 1885 transformée en chapelle en 1932. Des visites guidées sont proposées le samedi.
Au couvent des Cordeliers, fondé au XIIIᵉ siècle et désormais reconverti en appart’hôtel, subsistent notamment une ancienne sacristie, une salle capitulaire, une chapelle et un cloître du XVIIIᵉ siècle. Le week-end sera ponctué de courts concerts de musique de chambre proposés dans la chapelle autour d’œuvres de grands maîtres du XVIIIᵉ siècle.
Quant à l’église Notre-Dame, monument incontournable du Dijon médiéval, elle rappellera à elle seule plusieurs siècles d’histoire, avec sa façade célèbre, ses fausses gargouilles et le Jacquemart rapporté de Courtrai en 1382.
Au lycée Carnot, plusieurs centaines d’instruments scientifiques
L’un des intérêts du programme est aussi de révéler des collections méconnues. Le lycée Carnot, boulevard Thiers, ouvre ainsi les portes d’un établissement inauguré en 1893. Le bâtiment, dessiné par l’architecte Arthur Chaudouet, conserve surtout une collection de plusieurs centaines d’instruments scientifiques, dont les plus anciens sont protégés au titre des monuments historiques.
Le samedi après-midi, des démonstrations permettront de voir certains de ces objets en fonctionnement ou d’en comprendre l’utilisation, tandis que deux visites commentées reviendront sur l’histoire du lycée. L’accès annoncé dans la brochure se fait sans inscription.
Le palais de justice raconte plusieurs siècles de justice
Autre ouverture marquante : le Palais de justice et la Cour d’appel de Dijon, place du Palais – Robert Badinter. Ancien parlement de Bourgogne, le bâtiment s’est constitué par transformations successives. Il abrite plusieurs espaces majeurs, parmi lesquels la chambre dorée, ornée de 35 caissons dorés, la salle des assises et la salle Saint-Louis, dite salle des pas perdus, partiellement réalisée au XVIᵉ siècle par l’artiste bourguignon Hugues Sambin.
Une conférence sera notamment consacrée à l’histoire de la peine de mort en France jusqu’à son abolition, tandis que des visites commentées nécessitent une inscription préalable.
Du pain d’épices au patrimoine industriel
Les Journées du patrimoine dijonnaises montrent enfin que l’identité locale est aussi faite d’entreprises, de techniques et de savoir-faire. À la fabrique Mulot & Petitjean, boulevard de l’Ouest, les visiteurs pourront entrer dans l’histoire d’une maison qui fabrique du pain d’épices depuis 1796 et qui bénéficie du label « Entreprise du patrimoine vivant ». Des visites guidées permettront de découvrir l’histoire de l’entreprise, les secrets de fabrication de cette spécialité dijonnaise et se termineront par une dégustation. Cette visite fait partie des propositions pour lesquelles une tarification spécifique est prévue.
Le patrimoine technique sera également présent à la chaufferie biomasse des Valendons. Mise en service en 2015, elle consomme quelque 30 000 tonnes de biomasse par an. Le réseau de chaleur associé s’étend sur 33 kilomètres et permet, selon les données publiées dans la brochure, d’éviter chaque année l’émission de 16 500 tonnes de CO₂. Des visites guidées permettront d’en comprendre le fonctionnement.
Ici, le patrimoine prend une dimension très contemporaine : il ne s’agit plus seulement de préserver des bâtiments anciens, mais aussi de comprendre les infrastructures qui façonnent la ville actuelle.
Au CREPS, patrimoine sportif et jeu d’enquête
Le CREPS Bourgogne-Franche-Comté, rue Pierre-de-Coubertin, proposera lui aussi une approche originale. Installé sur un domaine d’environ 23 hectares comprenant notamment l’ancienne propriété Lichey et le château Gateau, le centre accueillera une exposition de photographies et d’affiches intitulée « Mémoire d’un lieu, esprit des Jeux », ainsi qu’un jeu d’enquête, « Les archives disparues du CREPS », destiné aux adultes. Une visite familiale avec livret-jeu permettra également de partir à la rencontre de grands sportifs liés au site.
Le fort de la Motte-Giron, dix hectares sous et au-dessus de terre
Parmi les ouvertures les plus spectaculaires figure le fort de la Motte-Giron, accessible exceptionnellement le dimanche de 10 heures à 18 heures. Construit dans le contexte de la mise en défense de Dijon après 1873, il appartient à la ceinture de huit forts aménagée autour de la ville. Semi-enterré, il s’étend sur près de 10 hectares et descend par endroits jusqu’à une dizaine de mètres sous terre. Propriété de la Ville de Dijon depuis 2002 et inscrit au titre des monuments historiques depuis 2006, le site fait progressivement l’objet de restaurations.
Le dimanche, il sera possible de le parcourir librement et de découvrir des expositions de maquettes. Un spectacle théâtral consacré à la Première Guerre mondiale est également prévu à 11 heures et 15 heures, sur inscription.
Dijon Métropole fête aussi cinquante ans d’histoire intercommunale
Le patrimoine institutionnel aura également sa place à l’ancienne caserne Heudelet, devenue siège de Dijon Métropole. Occupée par l’armée de 1879 à 1996, la caserne a été réhabilitée avant d’accueillir les services métropolitains à partir de 2005. Le samedi matin, une exposition intitulée « 50 ans d’histoire commune, du District d’hier à la Métropole d’aujourd’hui » reviendra sur un demi-siècle de coopération intercommunale. Un espace de jeux sera prévu pour les enfants et des visites de l’ancienne caserne seront organisées régulièrement.
La brochure rappelle que l’intercommunalité dijonnaise a commencé autour de cinq communes avant de devenir communauté d’agglomération, communauté urbaine puis métropole en 2017, rassemblant aujourd’hui 23 communes.
Un week-end également pensé pour les familles
Si le patrimoine peut parfois donner l’image d’un domaine réservé aux spécialistes, la programmation 2026 cherche clairement à attirer les familles et le jeune public. Des livrets-jeux, des visites adaptées, des ateliers créatifs, des parcours libres et des animations seront proposés dans différents sites. Les jeunes visiteurs pourront aussi découvrir Dijon grâce aux brochures de la collection « Explorateurs », dont l’une propose une découverte autonome du centre-ville et de ses monuments, tandis qu’une autre part sur les traces du passé viticole de la ville.
À la Cité de la gastronomie, à la Chartreuse, au CREPS, dans les musées ou encore au sein des institutions, le patrimoine sera ainsi abordé par le jeu, l’observation, la photographie ou l’expérimentation.
Réservations : mieux vaut préparer son parcours
Avec plus de 70 sites concernés, il sera évidemment impossible de tout découvrir en un seul week-end. La meilleure stratégie consiste donc à préparer son parcours à l’avance.
De nombreux lieux restent accessibles librement, mais certaines visites nécessitent impérativement une réservation. C’est notamment le cas de la Tour Philippe-le-Bon, de certaines visites de l’Hôtel de Vogüé, de la chaufferie biomasse, du CREPS, d’Ici Bourgogne ou de plusieurs parcours guidés. Les capacités peuvent parfois être très limitées.
La Ville précise également que le programme est susceptible d’être modifié. La brochure officielle invite donc les visiteurs à consulter les informations actualisées et les conditions d’accès avant de se déplacer.
Pendant les deux journées, un stand Dijon, Ville d’art et d’histoire sera installé dans la cour d’honneur du Palais des ducs et des États de Bourgogne. Il permettra d’obtenir des conseils, des plans et des renseignements sur les visites. La brochure imprimée peut par ailleurs être retirée à l’Office de tourisme, au bureau d’accueil du Passage du Logis du Roy et au 1204.
Un Pass Mobigo à 6 euros pour rejoindre Dijon
Pour les visiteurs venant de l’extérieur de l’agglomération, la Ville met également en avant le Pass Mobigo à 6 euros. Celui-ci permet, pendant une journée, de circuler de façon illimitée sur les TER Mobigo hors TGV et Île-de-France, les cars régionaux ainsi que les bus et tramways Divia des réseaux partenaires. Les enfants de moins de 12 ans accompagnant un adulte détenteur du pass peuvent voyager gratuitement.
Deux jours pour redécouvrir une ville que l’on croit connaître
C’est finalement tout l’intérêt des Journées européennes du patrimoine : donner l’occasion de regarder autrement des bâtiments parfois aperçus chaque jour. À Dijon, le week-end des 19 et 20 septembre 2026 permettra de passer en quelques heures d’un palais ducal à une ancienne caserne, d’un hôtel particulier à un studio de télévision, d’une bibliothèque du XVIIIᵉ siècle à un centre d’art contemporain, d’une chaufferie biomasse aux profondeurs d’un fort militaire, d’une fabrique de pain d’épices à un tribunal ou encore d’une chapelle médiévale à une église du XXᵉ siècle.
Cette diversité illustre une conception très large du patrimoine. Celui-ci n’est pas seulement monumental. Il peut être architectural, religieux, industriel, scientifique, gastronomique, militaire, judiciaire, artistique, photographique ou immatériel. Surtout, il continue d’évoluer : certains lieux sont restaurés, d’autres changent d’usage, d’autres encore sont réinvestis par des artistes, des institutions ou de nouveaux services publics.
C’est précisément le sens du thème choisi pour 2026 : « Raviver, résister, réimaginer ». Préserver le patrimoine ne signifie pas transformer la ville en musée à ciel ouvert. Il s’agit aussi de conserver la mémoire des lieux tout en leur donnant la possibilité de vivre, de servir et d’accueillir de nouveaux usages.
Pendant deux jours, Dijon fera donc de ses monuments, de ses institutions et de ses lieux plus secrets un vaste terrain de découverte. Un week-end pour entrer là où les portes restent habituellement fermées, lever les yeux sur des décors que l’on ne remarque plus, écouter les histoires derrière les façades et, appareil photo à la main ou simplement par curiosité, redécouvrir la cité des ducs sous un nouveau regard.
Le programme officiel, actualisé par la Ville de Dijon le 14 septembre 2026, ainsi que les modalités de réservation et les horaires de chaque site, sont à retrouver sur la page consacrée aux Journées européennes du patrimoine.
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