Après la mobilisation du 5 novembre, les organisations syndicales de l’Éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, aux côtés des organisations étudiantes et lycéennes, appellent à une nouvelle journée de grève et de manifestations le mardi 10 novembre 2026. Salaires, créations de postes, moyens pour les établissements, accès aux études et défense du service public figurent au cœur des revendications. Les organisations entendent maintenir la pression sur le gouvernement, dont elles jugent les premières annonces largement insuffisantes.
La mobilisation se poursuit dans l’Éducation nationale, les universités et les organismes de recherche. Dans un communiqué commun publié vendredi 6 novembre, quinze organisations syndicales et de jeunesse annoncent une nouvelle journée nationale d’action pour le mardi 10 novembre 2026. Grèves, manifestations et rassemblements sont prévus afin d’obtenir des avancées sur les rémunérations, les effectifs et les moyens consacrés à l’enseignement et à la recherche. Cet appel intervient au lendemain de la journée du 5 novembre, présentée par l’intersyndicale comme une réussite, après cinq semaines de mobilisation des personnels et de la jeunesse.
Pour les organisations signataires, le mouvement social a déjà contraint le gouvernement à apporter de premières réponses sur les postes, les moyens, l’état des bâtiments scolaires et l’accès à l’enseignement supérieur. Mais ces annonces restent, selon elles, très éloignées des attentes exprimées dans les établissements. Elles regrettent notamment l’absence de mesures concrètes en faveur des universités, alors que les besoins en personnels et en financements demeurent importants. Les syndicats estiment néanmoins que la mobilisation a permis de faire évoluer la position de l’exécutif et considèrent qu’une amplification du mouvement pourrait permettre d’obtenir de nouvelles concessions.
Les salaires et le pouvoir d’achat au cœur des revendications
La question des rémunérations constitue l’un des principaux motifs de mécontentement. Les organisations réclament le dégel du point d’indice des fonctionnaires ainsi que des mesures catégorielles sans contreparties, afin de répondre à la perte de pouvoir d’achat des agents publics. Elles dénoncent plusieurs années de déclassement salarial et social et demandent également des perspectives d’évolution de carrière pour les personnels de l’Éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche.
La conférence sociale sur les salaires annoncée par le Premier ministre pour le lundi 9 novembre suscite déjà de fortes inquiétudes. Selon le communiqué, la Fonction publique pourrait être exclue de ces discussions. Une perspective jugée inacceptable par les syndicats, qui y voient, si elle se confirme, une nouvelle marque de mépris envers les agents publics. Pour l’intersyndicale, les personnels de l’enseignement et de la recherche doivent pleinement participer aux discussions nationales sur les salaires et le pouvoir d’achat.
Des milliers de postes et davantage de moyens pour l’enseignement
Au-delà des rémunérations, les organisations mettent en avant la nécessité d’investir massivement dans le service public d’éducation. Elles réclament la création des emplois nécessaires dans les établissements scolaires, notamment des postes d’enseignants, de conseillers principaux d’éducation (CPE), de psychologues de l’Éducation nationale (PsyEN), d’assistants d’éducation (AED), d’accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH), mais aussi d’assistants de service social et de personnels infirmiers.
La situation des personnels précaires occupe également une place importante dans leurs revendications. L’intersyndicale demande la création d’un corps de fonctionnaires de catégorie B pour les AESH, l’instauration d’une grille nationale de rémunération pour les AED et la mise en œuvre d’un plan de titularisation des personnels non titulaires. Elle réclame par ailleurs un plan d’investissement permettant de répondre à l’urgence de la rénovation et de l’adaptation des bâtiments scolaires et universitaires.
Dans l’enseignement supérieur, les syndicats et organisations étudiantes demandent un budget permettant de financer les 150 000 places qu’ils estiment manquantes pour accueillir les bacheliers dans la filière de leur choix. Ils exigent également la suppression des obstacles à l’accès aux études qu’ils attribuent aux dispositifs Parcoursup et Mon Master, ainsi que la création de 15 000 postes de titulaires afin d’améliorer les conditions d’enseignement et de recherche.
La recherche publique fait elle aussi l’objet de revendications spécifiques. Les organisations réclament des financements pérennes, adaptés aux besoins des établissements et des laboratoires, ainsi que le maintien des établissements publics à caractère scientifique et technologique (EPST) dans l’ensemble de leurs prérogatives. Elles demandent notamment l’abandon du démantèlement de l’Institut de recherche pour le développement (IRD). Elles exigent également l’annulation des suppressions d’emplois prévues dans le budget 2027 et des moyens supplémentaires pour recruter durablement des personnels titulaires dans l’enseignement supérieur et la recherche.
Les syndicats dénoncent une répression des mobilisations
Le communiqué revient également sur les conditions dans lesquelles se déroulent les mobilisations lycéennes et étudiantes. Les organisations dénoncent des interventions policières visant des lycéens et, dans certains cas, des personnels d’établissements. Elles mettent aussi en cause ce qu’elles qualifient d’atteintes aux franchises universitaires et de fermetures administratives abusives de campus.
Selon les signataires, certaines décisions de fermeture auraient été prises sans cadre réglementaire clair, empêchant la tenue de rassemblements et d’assemblées générales. Elles considèrent que ces mesures entravent l’exercice du droit de mobilisation et pénalisent aussi bien les étudiants que les personnels. L’intersyndicale demande ainsi que les libertés syndicales et les possibilités de réunion dans les établissements soient respectées.
Quinze organisations syndicales, étudiantes et lycéennes mobilisées
L’appel du 10 novembre rassemble un large éventail d’organisations de l’enseignement et de la recherche. Parmi les signataires figurent la Fédération de l’éducation, de la recherche et de la culture CGT (FERC-CGT), le Syndicat national des travailleurs de la recherche scientifique CGT (SNTRS-CGT), la CGT-INRAE, la Fédération syndicale unitaire (FSU), la FNEC FP-FO ESR, la FNEC FP-FO, SUD Recherche Solidaires, SUD éducation Solidaires et Sup’Recherche-UNSA.
Les organisations de jeunesse sont également représentées avec l’Union syndicale lycéenne (USL), l’Union étudiante, l’Union nationale des étudiants de France (UNEF), la Fédération des associations générales étudiantes (FAGE), la Fédération syndicale étudiante (FSE) et Solidaires étudiant-e-s.
Cette mobilisation commune traduit la volonté des différentes organisations de faire converger les revendications des personnels, des étudiants et des lycéens. Dans leur communiqué, les signataires estiment que l’Éducation nationale, l’enseignement supérieur et la recherche occupent une place centrale dans le mouvement social actuel. Ils mettent en cause les politiques menées au cours des dix dernières années, qu’ils accusent d’avoir fragilisé les services publics et dégradé les conditions d’études et de travail.
Une nouvelle étape avant de décider des suites du mouvement
Avec cette journée du mardi 10 novembre, l’intersyndicale entend franchir une nouvelle étape dans le rapport de force engagé avec le gouvernement. Les organisations appellent les personnels et la jeunesse à participer massivement aux grèves, manifestations et rassemblements, en lien avec la mobilisation interprofessionnelle.
L’appel pourrait également s’inscrire dans la durée. Les organisations indiquent avoir déjà déposé des préavis de grève couvrant les prochaines semaines. Une réunion est prévue le 10 novembre au soir pour dresser le bilan de cette nouvelle journée et discuter, dans le cadre interprofessionnel, des suites à donner au mouvement.
Pour les signataires, les prochaines journées seront déterminantes afin de transformer la mobilisation en avancées concrètes sur les salaires, les emplois, les conditions d’études et le financement des services publics. À quatre jours de cette nouvelle échéance, l’intersyndicale affiche sa détermination à poursuivre le mouvement tant que ses principales revendications n’auront pas obtenu de réponses jugées satisfaisantes.
Commentaires 0
Connectez-vous pour pouvoir insérer des images dans vos commentaires.
Soyez le premier à commenter cet article.